TF anti sexiste pour enfants! de Marilableu, TOULOUSE

« Et si on rejouait l’histoire ? » pièce jouée par marilableu avisdepas.sage@gmail.com

OUF ! Ce samedi 7 décembre 2019, me voilà enfin place Reynerie à Toulouse !

J’ai quitté Lille avant la grève donc… mercredi 4 déc, car je voulais absolument y être. J’arrive avec deux des enfants du couple qui m’héberge à Toulouse, et nous sommes accueillis dès la sortie du métro par une femme qui me présente « la nuit des contes », pendant qu’une batucada joue sur la place de ce quartier populaire avant d’emmener les passants vers les spectacles. Nous voilà devant la porte (encore fermée) du lieu qui va accueillir le premier conte de la soirée : le spectacle de Marie Ramel, dite Marilableu, de la Compagnie La Passagère. Elle était venue se présenter lors de la dernière rencontre du réseau TO. Elle nous avait parlé de son « spectacle en solo » inspiré de la technique du théâtre forum… c’était bien intrigant ! D’où ma présence. Le format du spectacle est particulier ce soir : espace scénique réduit, jauge réduite (il y aura 25 adultes et 12 enfants assis devant) et… durée réduite ! (contrainte horaire car des spectacles suivront celui-ci).
Tout de suite, Marie, qui vient de surgir seule son castelet, occupe l’espace. Elle est habillée en orange, son personnage se prénomme Violette et elle enquête (loupe en accessoire) : « c’est quoi un garçon ? C’est quoi une fille » ? La salle répond, et elle dessine au sol, au fur et à mesure des réponses, un cercle où on voit « G », « F », « les deux », et « ni l’un ni l’autre » ! Un enfant propose même « transexuel » (ce qui mérite une flèche entre F ou G et G ou F ). Violette essaie de placer ses pieds (se contorsionne) dans les zones G, F… en fonction des goûts, habitudes que la salle propose.
Elle nous raconte ensuite qu’à la bibli elle a trouvé des livres roses « où les filles sont des princesses à longs cheveux blonds, yeux bleus, qui attendent… leur prince» et des livres bleus où les garçons sont des chevaliers, qui n’ont jamais peur, ne pleurent jamais quand ils souffrent, et vont aller délivrer les princesses !
La salle, questionnée, est bien d’accord que c’est pas toujours (et même pas souvent!) comme ça ! Violette demande s’il y a des livres « pas pourris » dans cette bibli ? Justement en voilà un, un livre « Rose bonbonne » qui raconte la vie des éléphantes : elles doivent avoir la peau lisse, et être roses, et pour cela elles sont enfermées dans un enclos où ne poussent que des pivoines (affreuses au goût) mais qui donnent ce rose et ce lisse.. Les garcons éléphants, eux, ont toute la savane pour jouer : rivière, forêt et boue pour se rouler dedans !Mais chez les filles, Pâquerette, malgré les indigestions de pivoines (beurk) ne devient pas rose..

STOP ! « va-t-on laisser Pâquerette dans cette situation, demande Violette ? NON ! Bien sûr, répond la salle. « Comment l’aider ? » les idées fusent depuis la salle, et Marie organise la distribution : qui va jouer un éléphant, cousin, frère… qui va jouer Pâquerette (tout fier, je vois que c’est la fille des amis qui me logent qui s’y colle) qui jiouera les autres éléphantes. Ensuite tout le monde se déguise grâce au contenu de la malle que Violette ouvre. Musique…
Impro : Marie donne quelques consignes efficaces pour que, certes, on s’agite, mais on entendent quand même et qu’on voit aussi ce que font les autres. Elle même joue l’éléphant patriarche, l’oppresseur principal ! La connivence avec les garçons, qu’elle propose dasn l’impro, semble tenter un moment même les garçons les plus défenseurs de Pâquerette ! Note : Marie jongle entre « je suis le patriarche quand j’ai les grandes oreilles » et je suis Violette (la jokère, donc) quand je les enlève. Et puis, question : les filles vont-elles réussir seules à ouvrir leur enclos ? Où… faut-il les « aider » ? Enfin, alors que Marie va proposer d’arrêter, le garçon le plus âgé propose de « faire subir au patriarche ce qu’il a fait subir à toutes » OK ! Tout le monde lui saute dessus pour l’enfermer dans l’enclos et le nourrir unqiuement d’horribles pivoines ! « comme ça, il verra ce qu’il a fait subir aux filles » !Applaudissements. Marie lit la fin du livre où, en effet, Pâquerette obtient des résultats.
Les deux enfants que j’ai amenés (10 et 12 ans) ont trouvé ça « trop super ! »
J’en discute dimanche fin de matinée avec Marilableu, dans un bistrot du marché de St Aubin.
– Mon interrogation : hier soir était-ce vraiment un théâtre forum ? Alors que la solution avait été très « magique » : TOUS les improvisateurs étaient OK pour défendre Pâquerette ! Les volontés et les peurs des personnages n’étaient donc pas respectés, (sauf pour le personnage que jouait Marie : l’éléphant patriarche) alors forcément, « ça avait marché » !

Certes, me dit, Marie, d’une part, c’est « inspiré du TF » et d’autre part « c’est exceptionnel, dû aux contraintes d’hier soi ». Souvent, elle prend les propositions de la salle une après l’autre, elle prend le temps de les faire improviser, une à la fois, mais avec leurs antagonistes ! Et surtout : le lendemain, après cette séance, Marie propose un atelier « classique » où les enfants racontent et mettent en scène leurs histoires vécues de relations « difficiles » entre garçons et filles.n Pour moi, ce spectacle, réjouissant, vif, dynamique, sert donc de prologue à une implication, et à des récits de vie qui débouchent sur des impros et des forums.
Super ! Suis ravi d’être venu (de si loin!)
Notes de JF jf.martel@orange.fr 06 85 54 99 68 relues par Marilableu bien sûr !

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