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rencontre N° 20 sept 2025

Rencontre du réseau du Théâtre de l’opprimé

A Paris- 13ème arrondissement- Centre social

Sommaire :

A- Les groupes et personnes présentes

B- Présentation du mémoire d’Armelle : l’instrumentalisation en théâtre forum

C- Thématique du week-end : Les commandes tordues !

D- Assemblée générale

E- Travail sur le fonctionnement du réseau, les cotisations et les statuts

F- Les prochaines rencontres

G- Échange sur des thématiques qui nous préoccupent

H- Bilan

I- Répertoires des Jeux expérimentés tout au long du week-end

A- Les groupes et personnes présentes

A l’Affut (Paris): Nour, Yoya, Théo

Quand les sardines auront des ailes (Bretagne) : Delphine

Pois Chiche (Orléans) : Frank

Naje (Paris) : Fabienne, Fatima

Et TOC ! (Plateau de Millevaches) : Léa, Jean-François, Darline

TOP (Lille) : Marion, Armelle

TOT (Toulouse): Cathy et Agnès

Missgriff (Montreuil) : Nicole

Compagnie La Mue  (Tours): Florence

Les Trois Casquettes (Tours) : Elise

Les Abimaes ( Lot) : Chaos, Mésange, Félix

Compagnie L’Attelage  (Lorient) : Frédérique et Cyprien

Sandrine, professeure à l’université

Trois groupes viennent pour la première fois aux rencontres : Compagnie La Mue  (Tours), Les Trois Casquettes (Tours), Les Abimaes ( Lot).

Chaque groupe se présente : qui êtes vous ? Que faites vous ? Quelles ont vos envies et vos difficultés ? 

Présentation avec des contraintes proposées par Nicole :

B- Armelle et son mémoire : l’instrumentalisation en théâtre forum

Pour plus d’infos, n’hésitez pas à contacter le réseau !

C- Les commandes tordues

Constitution 3 groupes de travail puis restitution en plénière :

Pourquoi une Cie a refusé une commande ?  Trucs et astuces pour faire évoluer la commande
Se sentir loin de la problématique, hors-sol / trop près de la problématique   Truc tout faitMépris de notre travail, « animateurs », « faux » T-FInsenséDonner suite et faire relai si une autre compagnie connaît la problématique, et/ou des personnes concernées
Manque de temps prépa et dérouléTemps pour contre-proposition / trouver des ressources
Manque budgetCo-construction
Utilisation / parodie démocratiePas de promesse de résultat
Avoir des solutions, un messageImposer une proposition concrèteAider à « cracher la valda », questionner la commande
Conflit commande avec les valeurs de la CieOutil T.O non adaptéRappel du cadreDissimuler nos intentions pour « faire à sa sauce » (« cheval de Troie »)Prendre le temps de rencontrer le commanditaire en présenceDonner des exemples de réalisation, inviter à des spectacles (montrer le travail de la Cie)Parler de sa conviction en sincérité et insister sur l’intention  

En groupe : Commande acceptée « quand-même »

Partage d’expérience et choix d’une situation / groupe montage des 3 scènes / forum avec 2 scènes.

Scène 1 : « Madame Bon plan » (médiation sur les médias en asso de quartier pour les ados)

Scène 2 : Atelier intergénérationnel sur l’agisme public : enfants/ados et des séniors

Scène 3 : Atelier TF pour les jeunes à la MFR : la libre adhésion

En plénière : FORUM

Scène 1 : Mme Bon Plan

Intervention insistante de l’animateur ‘mis en relation par Mme Bonplan avec la jokeuse qui vient interférer dans l’expression des jeunes (sur les médias et réseaux sociaux).

Remplacements

  • Ramener du cadre : non-jugement et priorité expression des jeunes

(« Zut, j’ai oublié de poser le cadre, le voici : » …)

  • Rdv en amont 
  • Prépa entre jokeuse et animateur avec proposition qu’il prenne des notes (plutôt que d’intervenir)
  • Prévenir tentation jugement des jeunes
  • Expliciter influence de l’animateur sur les jeunes qui peut bloquer l’expression des jeunes, propose qu’il ne soit pas là
  • Après la séance : inviter à laisser s’exprimer les jeunes et faire confiance dans leurs ressources
  • Aller dans le sens de l’oppresseur sur certains points pour contre-proposer ensuite. S’appuyer sur le lien « tu peux me faire confiance »
  • Occuper l’espace sonore (ne pas laisser l’oppresseur pour dérouler son intention sans être coupé)
  • Exprimer ses émotions, parler de soi, de ses enfants
  • Poser des questions, aux jeunes comme au commanditaire et valoriser la parole de chacune « C’est intéressant… », « Ça ouvre la discussion… »
  • Technique du Safe Word : se mettre d’accord avec les jeunes sur un mot s’ils se sentent mal dans l’échange et/ou avec le commanditaire si son comportement n’est pas adapté.

Scène 3 : A la MFR

Cas d’un atelier obligatoire > démobilisation des participant.es.

Interventions :

  • En amont avec commanditaire :
  • Poser les conditions : quelle salle / mode recrutement du groupe / proposition séance d’essai / pose cadre : participation sur la base du volontariat
  • Chercher à connaître motivations commanditaire (exprimées et non-exprimées quels enjeux)
  • Pendant l’atelier :
  • Poser des questions aux participant.es (faire remonter la parole, les besoins, les non-dits…) et les remettre en position de choisir et de décider (vous pouvez refuser l’ac tivité et faire autre chose…)
  • Proposer aux participant.es de parler de ce qu’iels veulent

BILAN en plénière assis.es en cercle

Prise de parole individuel.les pêle-mêle sur le sujet commandes « foireuses » de l’après-midi :

  • Vigilance à ne pas instrumentaliser les participant.es
  • Nécessité de prendre le temps
  • Expliciter la demande
  • Revenir vers gens pour qui on travaille « pour de vrai » (pas ceux qui nous paye)
  • Ne pas lâcher l’affaire, mener le débat
  • Important d’écouter ce qu’on ressent (indicateurs)
  • Ne pas s’isoler, importance du collectif pour remettre en question
  • Arriver à faire le pas de côté // à l’urgence du commanditaire
  • Intérêt analyse pratiques entre praticiens et entraînement
  • Clarifier lien entre commanditaires et personnes concerné.es
  • Le commanditaire est un intermédiaire. Quand cette personne n’est plus un intermédiaire ?
  • Assumer et préciser pour qui on travaille et pour permettre quoi.

CLOTURE DE LA JOURNEE

Apéro avec hommage à Jacqueline et Jean-François.

DIMANCHE

D- Assemblée générale

Situation actuelle : Noémie, présidente, arrête. Delphine, trésorière arrête. Jean François est décédé

Objectif de cette AG :  avoir une continuité administrative, fonctionner pendant un an. D’ici un an on organisera une assemblée générale pour élire un nouveau CA, un nouveau bureau

Problème : les comptes sont bloqués depuis un an pour des raisons administratives

Proposition de nouveau bureau

Trésorier : Jean-François, Fatima

Secrétariat : Fabienne,  Cyprien

Président : Nour

Objectif : que le réseau fonctionne de manière dynamique, que l’on aie envie de se retrouver, partager des pratiques, et éviter que les choses administratives ne prennent trop de temps

Les personnes votent :

Pour : 18

Contre : 0

E – Travail sur le fonctionnement du réseau, les cotisations et les statuts

Fatima présente de le contexte : manque de dynamique, de joie de se rencontrer. A Toulouse, uniquement 3 groupes présents. En mars à Paris, on a listé des thèmes à travailler.

Frank présente les thématiques de travail qui seront chacune sur une table

Proposition d’utiliser l’outil : le gros débat : 10 min « c’est quoi le problème », 10 min « dans l’idéal », 20 minutes « nos propositions »

Si on veut on peut changer de table entre chaque étape, c’est possible !

Thématiques : les cotisations, fonctionnement du réseau, statuts, autres propositions.

Synthèse des groupes

Groupe fonctionnement du réseau : Nour, Florence, Cendrine, Cathy, Elise, Jean-François, Armelle, Darline

Thèmes abordés : les rencontres, l’accueil, la communication, la coopération, les labos, l’ouverture, le développement, le partage des ressources,

Idées-thématiques :

  • rencontres du réseau sur la transmission (= l’histoire du réseau )
  • faire un conte ou spectacle sur l’histoire du réseau: Fred
  • temps d’accueil individuel : avec un référent et une visio avec les nouvelles personnes avant la rencontre pour expliquer le fonctionnement, mettre en place un système de parrainage-mentorat
  • labo et collaborations : s’inviter sur des projets entre compagnie, se former les uns chez les autres
  • fonctionnement par commission

            > Commission communication (site internet) : Armelle, Cyprien, Fabienne, Nour

            > Commission accueil et développement (accueil, etc.)  : Florence (parrain/référent : Fatima, Léa, Jean-François)

            > Commission montée en compétences du réseau : Nour, Cendrine

            > Commission actualités et ressources (qui fait quoi?, temps d’actu lors des rencontres) : Elise et Cathy

            > Commission internationale (participer à des rencontres internationales, rencontrer les autres  : Cendrine, Cathy, Cyprien ?

Outil pour faire des visio mensuelle :  Jitsi

Groupe statut : Mésange, Fatima, Chaos

1° Qui est membre ? on garde l’idée de cooptation mais simplification du processus d’adhésion.

2 catégories de membres :  Les fondateurs et les autres membres

Pour devenir membre : être coopté par un des membres, être à jour de ses cotisations, adhérer aux valeurs

2° La collégialité

Les avantages : Possibilité d’intégrer plus de personnes, Responsabilité légale solidaire

Peuvent être membres du collège l’ensemble des personnes motivées pour s’organiser dans le réseau TO : personnes physiques (et pas compagnies), minimum 3 personnes, pas de maximum, maxi 3 personnes d’une même orga, au minimum 3 organisations différentes, un groupe = une voix, recherche de consensus et vote si pas d’accord (majorité)

Mandat à définir au sein de la collégiale : exemple les mails, la banque, etc.

Adresse du siège social : cela peut être une ville, Paris par exemple.

Proposition de modifications à la première AG, donc il reste une année pour réfléchir ensemble

Groupe cotisations-adhésion : Nicole, Léa, Félix

Cotisations : avant c’était prix libre conscient (en proportion de son chiffre d’affaire, de 50 à 750 euros) et c’est compliqué, cela prend beaucoup de temps humain et de charge mentale.

Budget annuel : environ 800 euros en 2024

Comment simplifier, alléger tout en garantissant le principe de solidarité ?

Certains viennent au nom de leur compagnie (donc cela pourrait être payé par la compagnie), Certains viennent en leur nom (voir d’une compagnie qui ne soutient pas le réseau).

Différencier  budget de fonctionnement de l’association et budget pour chaque rencontre ?

Proposition d’une caisse commune par rencontre pour les défraiements pour les rencontres afin de mutualiser les ressources

Proposition groupe de travail sur ce sujet : Fatima, Jean-François, Mésange, Frank, Delphine

F- Les prochaines rencontres

Ont été évoqués

Lieu : Paris ou Bretagne

Organisation logistique : Les Sardines ou compagnie Paris

Organisation du contenu : Sandrine et Nour

Dates : 21-22 mars  ou 25-26 avril

G- Echanges sur des thématiques

Groupe 1 : Quelle esthétique au service de la mobilisation des participants ?

Échange sur les esthétiques qui favorisent la participation.

Proposition d’expérimentation : construire un théâtre forum avec différents esthétiques (exemple : être beaucoup dans le corps, avec des amateurs, etc.) et voir ensuite ce que cela change dans la mobilisation. Proposition de filmer.

Enjeu : défendre une esthétique théâtrale propre au théâtre de l’opprimé.

Groupe 2 : le théâtre forum avec les adultes? Que faire de notre domination en tant qu’adulte ?

Échanges de pratique dans le groupe

Piste évoquée : former les enfants au jokage

Groupe 3 : Comment travailler avec les oppresseurs (hommes violents notamment) ? Quelles pratiques, quels outils ?

– Les Abimaes travaillent avec des médecins et travailleurs sociaux (oppresseurs) sur la question de l’accueil des personnes minorisées et donc réfléchissent à cette question

– Les Trois Casquettes ont eu une commande pour travailler avec des hommes condamnés pour violences conjugales (SPIP de Creuse)

Pistes et réflexions évoquées

– travailler sur leur propres oppressions

– le rôle de témoin, d’alliés, et de « désolidarisation »

– éviter la non mixité avec des groupes uniquement d’hommes « notion de cercle d’hommes cis médiés »

– adaptation de la technique de l’image écran

–  jeu de rôle entre médecins (où chacun poursuit son objectif)

– adaptation de l’outil « flic dans la tête » (jouer les flics qui t’obligent à faire cela)

– expérimentation de la compagnie NAJE : le parent violent vient prendre la place de l’enfant violenté

– importance du travail sur l’empathie, sur les émotions, travail sur la prise de conscience

– attention à l’enjeu du volontariat dans les prisons/les SPIP (quel intérêt les gens ont à participer?).

– l’objectif est différent que pour le TO, il s’agit de la « prise de conscience des conséquences de l’impact de ses actes et de son comportement sur les autres »

Expériences dans le réseau  évoquées

– compagnie Arlette Moreau à Poitiers

– expérimentation en octobre par la compagnie Coté Act

– expérimentation par NAJE

Envie d’aller plus loin sur ce sujet et pourquoi pas créer un labo

H – Bilan

Nous avons composé ensemble une image de notre week-end.

Globalement : Très belle ambiance, beaucoup de plaisir et de joie de se retrouver et de se rencontrer !

I – Jeux expérimentés tout au long du week-end

Chamboule tout prénom : proposé par Frédérique

On marche dans l’espace. A chaque fois qu’on croise une personne, on échange nos prénoms. Puis on continue ce principe avec le dernier prénom échangé.

Le but du jeu étant de retrouver son prénom à la fin.

Cela ne fonctionne pas toujours !!!

La protection : proposé par Cyprien

Par groupe de 4. Une personne est le « chat ». Les trois autres personnes se donnent la main. Une personne du groupe de 3 est la souris.
Le chat annonce laquelle des 3 souris il veut toucher. L’objectif, pour le groupe de 3, c’est que la souris ne se fasse pas toucher par le chat. Les souris n’ont pas le droit de se lâcher les mains durant tout le jeu. Il s’agit de protéger, avec son corps, ses déplacements, la souris.

Alibaba-le canon de gestes : proposé par Léa

Tout le monde chante ensemble sur le même rythme « Alibaba et les 40 voleurs . Un meneur propose une courte chorégraphie simple et répétitive sur ce refrain et change de mouvements à chaque nouveau refrain.

Le groupe l’imite avec un temps de décalage.

Puis on coupe le groupe en 2, groupe 1 imite meneur (avec un temps de décalage), groupe 2 imite groupe 1 (avec un temps de décalage). Et on ne s’arrête pas.

Clap : jeu proposé par Léa

En cercle : son+geste de son choix que l’on lance à son partenaire de droite. Celui ci change à chaque fois.

Ensuite, ce son et ce geste peut traverser le groupe.

« Chouba » : jeu proposé par Mésange 

En cercle, on lance l’énergie : son =« chouba » et geste comme si on lançait une grosse boule de feu

« Contre » : la boule repart dans l’autre sens

« je lançe » : l’autre dis « je donne » et relance « je prends »

« wiz avec les mains autour des yeux » : cela saute une personne

« main levé comme une antenne  avec tidiptidip » : ça saute deux personnes et l’autre reçoit en levant la main « tidiptidip », puis relance le chouba

On dit le début d’une phrase : exemple « quand les poules » : et une autre personne peut dire « auront des dents »

Avis de tempête : jeu proposé par Frank

En cercle, une personne va au milieu et dit « celles et ceux qui comme moi… », celles et ceux concernées par le sujet doivent changer de place. Le dernier ayant rejoint sa place pose une autre question au groupe

L’évanouissement : jeu proposé par Delphine

Chacun.e se voit attribuée un chiffre, lorsque notre chiffre est appelé par l’animateur du jeu, on s’effondre ( de manière théâtrale c’est à dire lentement) et les autres viennent nous rattraper.

Variante : l’animateur appelle plusieurs chiffres en mêmes temps

Variante : on se déplace avec des démarches (tragédie, disco, etc.)

Variante : les participant.e.s n‘ont pas de chiffres mais s’annonce avant de s’effondrer « je vais m’effondrer »

Rencontre N°20 TOULOUSE

Rencontre Nationale du Réseau TO N°20. 9 et 10 nov 24, Verfeil, organisée par TOT
THEME PRINCIPAL : LA VIOLENCE. Ci-dessous UN EXTRAIT : 5 pages

Extrait réalisé par JF. jf.martel@orange.fr. Le compte-rendu intégral (21 pages) est l’oeuvre de Pierre lenelfr@yahoo.fr (Naje) qui a rassemblé différentes prises de notes.

PLAN du TEXTE
A) ex. préparatoires et récits de situations violentes dans nos pratiques : page 1
B) scènes créées et jouées page 2
C) repères théoriques / violence page 3
D) jeux et exercices page 4
E) lutte locale contre l’A69 page 5
F) Qui était là ? Bilan du week-end, prochaines rencontres page 5

A) LA VIOLENCE exercices préparatoires
1) « la violence, c’est… »
-En binôme : sculpter la violence, par la méthode des statues.
2) En cercle, prendre la parole en allant au centre : « la violence (ou la non violence) c’est … » ceux qui se retrouvent (plus ou moins) dans l’affirmation, se rapprochent + ou – du centre. .
3) brainstorming en 4 sous-groupes, préparation au débat mouvant. 4) débats mouvants : « Le TO exclut la violence »et « Nous sommes toustes violent·es

A’) LA VIOLENCE Récits de violences rencontrées dans nos pratiques
Un forum dans un Centre social
dans un quartier « sensible ». L’installation se vit déjà dans une ambiance hostile. Pendat le forum, un groupe de jeunes menacent verbalement, le joker les invitent à venir tous sur scène pour nous montrer en image, comment la scène serait, aprés leur passage où ils « casseraient tout » « Modelez les comédiens ! » Bien poliment, ils couchèrent les acteurs au sol ! Le joker demande alors : « et le décor ? « oh ! On peut ? »Note importante : nous avions fait un travail d’image et de sculpture avant le forum.
En CAT (ESAT) TO avec les résidents. Les participants ont raconté leurs difficultés dans et face à l’institution : douches cassées, interdiction d’avoir des invités, intrusion dans les chambres. Un jeune a été déclaré « obsédé des douches » dans la scène il disait « c’est parce que je suis malade et obsédé que les douches sont cassées ». Un gros scandale a eu lieu accusant chacun·e de tout.
Dans un forum sur le SIDA un personnage dit : « c’est ta faute si tu l’as, tu l’as mérité ». Personne ne bouge dans la salle. Le Joker questionne le public, pas de réponse. Le joker prend position.
Dans un forum sur la lesbophobie, un spectateur monte sur scène et tient des propos violents. Le joker rappelle la comédienne sur scène pour la faire réagir face à celui qui la remplace.
En groupe, des récits durs : migrant tabassé à la frontière, un albanais torturé en prison
impossible de monter un forum, mais j’ai créé un lieu d’écoute pour les personnes qui souhaitent raconter… et pour celles qui sont OK pour écouter ; en espérant que ça pouvait aider…
Sur les violences sexuelles : que peut-on montrer ? Ne pas invisibiliser, mais pour montrer ce qui doit l’être, trouver des techniques : par exemple des images qui bougent lentement mais ne vont pas jusqu’au toucher, des scènes qui montrent le « avant » et le « après »… Dire : « c’est passé et on ne peut pas y revenir, mais  qu’est-ce que tu voudrais après » ? Utiliser « l’image du futur qu’on craint ou qu’on espère »

B) VIOLENCE : DEUX SCENES CREES à partir de situations vécues
scène 1 :
la violence par négation de notre action.
Réunion à la préfecture pour préparer un colloque sur les violences intra familiales.
Les représentant.es des associations de lutte contre ces violences : Planning Familial, aide sociale à l’enfance (ASE), déléguée au droit des femmes, procureur de la République.
Procureur : « La prévention, c’est bien mais vous avez très peu d’impact. La punition, c’est mieux que la prévention ». « Moi, je lutte concrètement ». F
Le groupe voulait montrer cette scène , mais ne souhaitait pas faire forum.

Scène 2 : lorsque la violence traverse nos pratiques.
C’est le spectacle de théâtre forum de fin d’année sur les histoires des participant·es.
Acte 1 : deux heures avant le spectacle, Odette (qui joue dans le forum) informe le groupe que sa fille adulte et sa petite fille seront présentes (avec des copines) pour la voir jouer. Odette privatise une petite partie de la salle pour accueillir sa famille.
Acte 2 : pendant le spectacle, la petite fille d’Odette, fait beaucoup de bruit. Un spectateur se plaint de « cette mère qui ne sait pas tenir son enfant ». La jokère demande à la fille d’Odette d’emmener la petite fille dans la cour. Un spectateur se plaint de cette mère qui ne sait pas tenir son enfant, de plus il la malmène quand elle quitte la salle.
Acte 3 : une semaine plus tard, bilan de fin d’année. Odette : « j’ai bien compris que mes petits-enfants faisaient du bruit. Vous m’avez gâché mon plaisir. Ça m’a fait violence. Je vais me remettre en question, mais j’espère que vous allez vous remettre en question ».

QUESTION AU PUBLIC : que faire ? On vous propose de remplacer la jokère !
R1 : la petite s’agite, arrêter le spectacle, questionner, faire appel à l’intelligence collective.
R2 : avant le spectacle, rappeler que l’année dernière il y avait trop de bruit. Proposer de faire garder les enfants à une éducatrice.
R3 : faire un stop, et proposer à la petite-fille de venir sur scène sur scène, et de la confier aux genoux de sa grand-mère ! (et si d’autres enfants veulent aussi monter sur scène ? Et si Odette ne peut plus jouer son rôle?)
R4 : Pendant la séance de bilan de l’atelier, la semaine suivante. La jokère se remet en question et demande : quel travail de fond sur la solidarité pour la famille ? Confier ses enfants, ce n’est pas toujours simple.
R5,6,7 : Pendant la séance de bilan, chercher collectivement des solutions pour l’année prochaine, par exemple organiser la présence partielle des enfants ou même des familles, à certains moments des répétitions. (mais une femme du groupe dit : je supporte pas les enfants, ce sera moi ou eux!)
Débat : Qui opprime ? Quelles oppressions sont en jeu ?
– Est-ce la mamie, qui impose sa petite fille à des gens qui ont répété toute l’année ? La mamie n’est pas oppresseur, elle est le symptôme de l’oppression.- Est-ce le problème systémique sur le rôle assigné aux femmes (mère ou grand-mère) ?
– Est-ce le peu de place des enfants dans nos sociétés ? Dans certaines sociétés, les enfants sont associés au monde des adultes.
– Est-ce notre groupe de théâtre, car nous n’avons pas anticipé le besoin de certaines ?
– Les enfants peuvent ils avoir accès au monde des adultes ? Dans certaines sociétés, les enfants sont associés au monde des adultes.
Note 1 : Site <voyage dans le réseau, lire : « maltraitance des enfants » sur la place des enfants en TF.

C) VIOLENCE : REFLEXIONS ET DEFINITION
1) Article de Jack Halberstam, « Tu me fais violence » ( revue Vacarme, 2015/3)
Pourquoi Pierre a-t-il proposé ce texte ?
Parce qu’il faisait écho à un vécu lors d’un stage animé par NAJE où les animatrices se sont trouvées confrontées aux mêmes types de posture que ce qui est indiqué dans l’article.
Le point de vue situé remet une lecture politique et sociale sur un vécu.
Exemple : « cette parole fait violence à mon identité en tant que femme » est autre chose qu’un point de vue individuel (ex : tu me fais violence à moi).

Réflexions sur l’article.
Nous y lisons notamment le émoignage d’une personne qui vient du milieu queer : c’est un point de vue situé et critique de son milieu. Elle vient questionner le fait que dans le milieu queer, très politisé, il y a beaucoup de discussions qui viennent parasiter l’avancée de leur lutte, déplacer le problème. Ce qui fait écho dans nos pratiques : effectivement les mots ont un sens et c’est compliqué de choisir les mots qui ne font pas violence à quelqu’un.
Exemple : un bar nommé « travelo » qui est de la communauté queer par rapport à une personne utilisant le terme « travelo ».
Questions :
rapports entre vécu de violences individuelles /luttes systémiques
Comment faire commun ?
Priorisation des luttes pour éviter la dispersion ?
Repolitiser nos relations individuelles
Accepter les oints de vue situés, créer une charte (de respect).


2) Eléments de définition de la VIOLENCE, par Pierre Lenel
Il est important de bien nommer les choses: Violence / Domination / Oppression / Conflit / Agressivité.
Rappel : pour le TO, être opprimé·e : avoir la volonté de se dégager d’une oppression.
un·e opprimé·e ne l’est que si elle ou il a la volontéd’une action.
Le conflit résulte d’un désaccord entre deux personnes. La conflictualisation est nécessaire pour éviter que la violence ne se déploie. 
On peut définir ainsi la violence  :
-Force exercée par une personne ou un groupe sur une autre personne ou un autre groupe pour lui imposer quelque chose ;
-Droit civil : Contrainte illicite exercée sur quelqu’un pour obtenir quelque chose de cette personne avec son consentement ;
-Droit pénal : obtenir quelque chose sans le consentement.
Pour certains, la violence est liée à un instinct de survie, elle ne vise pas le plaisir, mais la conservation de sa vie.
Agressivité : il s’agit d’une demande, pas de volonté de détruire, mais une volonté de lien plus ou moins bien énoncée.

D) LES JEUX et EXERCICES
Deux exercices et réflexions sur le toucher.
3) Marilableu :
construire des images d’états concernant mon envie (ou pas) d’être touché·e maintenant. Trouver un binôme, en prenant contact par les yeux. On expérimente ensuite à deux comment on se sent à l’idée d’être touché·e.

4) Matthias : massage / danse Un·e ange gardien masse jusqu’à faire danser son partenaire puis inversion des rôles.
Débriefing et partage d’expériences et rapport au toucher dans nos pratiques :Quelques remarques :
A propos de la difficulté à être touché·e toucher :
peut-être faire d’abord le jeu de la main perdue, notamment l’étape du papillonnage avec les mains avant de se choisir.
-Pendant le covid on a inventé des alternatives au touché (bâton, etc.)
– Le consentement doit être révocable, enthousiaste, explicite et circonscrit dans le temps.
– la culture du contact est forte en TO, si bien qu’on ne la questionne pas.
– Idée de la « charte du toucher »? Ou d’un consensus à bâtir avec le groupe.

AUTRES JEUX: Pour choisir nos jeux : nous puisons au hasard dans une boîte un petit papier avec le titre d’un jeu et son ou sa joker·e. Les jeux bien connus ne sont pas relatés ci-dessous.

1) Le miroir d’Ariège, animé par Kaé (jeu de rythme et d’intégration) 1ère phase de jeu : en cercle, on lance un pelote de laine imaginaire à une personne qui sera celle qui nous observera et nous imitera par la suite. 2ème phase : ne pas chercher à bouger, laisser venir les micro-mouvements.Il n’y a pas de chef d’orchestre.

2) Le Kakacrabe. Attention : qui l’a animé ? (Le déroulement reste à préciser par cette personne)
Jeu d’intégration, c’est une variante du chifoumi, qui se joue par deux, main(s?) dans le dos.
Crabe : deux mains en forme de pinces de crabe
C’est moi qui mange : index tourné vers ma bouche
Caca : deux poings fermés
C’est toi qui manges : index tourné vers l’autre
Crabe contre crabe : match nul, Caca contre caca : match nul
Au bout de trois crabes ou cacas, la personne a gagné ou perdu.

E) UNE LUTTE LOCALE :
Nous avions invité Bernard, du collectif La Voix est Libre qui lutte contre l’A69, l’autoroute de 53km qui relierait Castres à Toulouse.
Bernard nous raconte leur lutte, d’abord contre les carrières qui préparaient le projet, puis son soutien concret aux « écureuils » perchés dan s les arbres pour empêcher leur abattage, leur volonté de créer des événements pour que l’opinion publique entende la situation, la démesure des moyens de répression (condamnée même par l’ONU).
« Il s’agit pour nous, d’apprendre à être dans l’espace public, de savoir parler du problème à nos amis et voisins, tout en assumant une relation amicale ».
Nous mettons ensuite en scène un groupe de joueurs de boules dont un essaie de convaincre les autres de venir manifester contre l’A69, et nous faisons forum.

NOTE 2 : après la rencontre de Verfeil, Mathias (TOT) a organisé avec Cathy (TOT) et Josefa (TSF) une journée de TO avec les opposants à l’A69. NOTE 3: le 27 février 25 le tribunal administratif de Toulouse a l’annulé l’autorisation du projet, gravement impactante pour l’environnement, qui avait été déclarée d’utilité publique en 2018 ! L’Etat fait appel de cette décision. C’est la 1ère fois qu’un projet d’autoroute est arrêté pour des raisons environnementales.

F) QUI ETAIT LA ?     BILAN du week-end,      RENCONTRES à venir
Qui était là ?
18 Participant·es, dont 14 du sud ouest, venu·es de 9 groupes.
Mathias, Cathy et Kassia, Toulouse (Cie TOT groupe associé)
Fatima et Pierre Paris (NAJEgroupe adhérent actif)
Audrey et Annie :Tarbes, (histoires d’eux histoires de nous, groupe associé)
YouYou et Mickael dit Kaë, Ariège.(Le cri des broutilles devenu depuis : Cie haute tension)
Jean-François dit JF, Lille (T’OP !groupe adhérent actif)
Marielle, Claire Julie d’Ariège et deToulouse (Cie l’Effet Inattendu)
Franck Orléans, (collectif du Pois Chiche)
Marilableu
Toulouse, (Cie Folies Passagèresgroupe adhérent actif)
Luc
, Toulouse, a participé à Ambata (Paris) il y a 20 ans !
Marie José dite Josefa, et Pierre, Toulouse. (groupe TSF)

BILAN
 Une personne s’avance au centre et annonce « j’ai aimé ceci cela du week-end ». Résumé :
Grande satisfaction sur l’ambiance, l’animation par TOT, le lieu et les conditions d’accueil. Bravo !

PROCHAINES RENCONTRES
– mieux définir qui fait quoi, la préparation, l’animation, l’accueil.
-Thème proposé : le consentement.
-Alterner les rencontres entre nord et sud de la France ?
-Pourquoi pas aller au Négral, un éco-hameau avec une salle adaptée en Aveyron ?
Nous actons la proposition du groupe de travail créé en avril:
Rencontre en Bretagne les 29/30 mars 25. Thème : réflexion sur le fonctionnement du réseau, mais nous y ajoutons une AG statutaire, et un moment d’analyse des pratiques.

NOTE 4  : par la suite un sondage sur le lieu de la rencontre a conduit le bureau à choisir Paris.


Texte mis au point le 1er mars 25. Les notes en italiques sont de JF.
Pour lire le CR complet (21 pages) établi par Pierre : voir son mail du 7 janvier à 12h08.
Commentaires, questions, compléments sont les bienvenus à : contact@reseau-to.fr