Archives de catégorie : Exercices et techniques à partager

Témoignage: mes besoins cachés, UNE TECHNIQUE INTROSPECTIVE.

par JF Martel
Mon histoire est choisie, et je choisis la technique à utiliser. Je ne l’ai jamais vue !
Cette technique, inspirée par la CNV (communication non violente) est centrée sur les besoins non satisfaits, plutôt que sur la volonté. Derrière chaque ressenti négatif, il y aurait un besoin non satisfait »
D’abord, je cherche mes « passeurs », pour reprendre le terme utilisé par Fabienne et naje. Je trouve : APTG qui m’a encouragé à faire de la photo, Claude, et sa pédagogie Non Violente, AB et sa bienveillance quand je suis arrivé au TO.
Bruno : « Ces passeurs sont sculptés à l’aide de trois participants. Tu les as placés dans l’espace autour de toi, à l’endroit le plus révélateur de l’énergie qu’ils t’ont transmise. Les jokers t’ont proposé de leur trouver pour chacun quelques mots qui pouvaient résumer ce qu’ils t’ont apporté. Tu as pu vivre un petit moment au milieu de ces passeurs te répétant ces mots que tu leur as donnés ».
Ensuite, mon récit: c’est un récit du passé lointain, issu de ma carrière d’instituteur, qui est derrière moi, donc… à laquelle je ne changerai rien ! Mon impuissance énervée dans ma relation avec une élève précise : F. elle est effacée, mutique, sans initiative… Mais, c’est quand même actuel : ce travail pourrait me servir avec d’autres enfants, mes petits-enfants, ou d’autres, si je comprends un peu ce qui m’a bloqué et me bloque encore.
J’improvise l’histoire, avec des acteurs que je choisis. F. sera jouée par une femme, Do, avec qui j’ai travaillé ce matin et qui se trouve être (comme par hasard!) institutrice. F, comme d ‘autres élèves, vient me montrer son travail, pour obtenir des corrections, des suggestions, etc.… elle avance, le regard baissé, comme d’habitude, ses mains pendant, croisées en haut de ses cuisses, tenant son cahier. Elle est constamment doublée par d’autres enfants, qui posent rapidement un cahier sur mon bureau, sont volubiles, demandent un conseil et repartent vite. Parfois même, d’autres cahiers recouvrent celui de F sur mon bureau, tandis que je tente de croiser, capter son regard, en vain. Puis je dois quitter mon bureau, ce moment dédié aux corrections est terminé, je suis réclamé par un groupe de travail. F. n’aura pas eu de réponse… aux questions qu’elle n’a pas posées !.. C’est affreux ! Fin de l’impro.
Je sculpte ensuite 3 ressentis :
-mon envie de la secouer par les épaules
-lui vomir dessus avec une grimace
-la supplier à mains jointes
3 participants prennent les trois images des trois ressentis, et rejouent chacun leur tour la scène en étant uniquement ce ressenti avec cette image.
A la fin de chaque improvisation, les jokers me demandent de m’adresser au personnage qui jouait mon ressenti et de lui dire : « tu es mon besoin de… et je suis insatisfait quand…. »
Très important : ce besoin doit être exprimé comme un besoin universel éprouvé par tout humain·e.
Un besoin me marque profondément : (j’ai même oublié les autres !)
-j’ai besoin de rencontrer l’humanité de F. et je suis insatisfait quand je n’y arrive pas »
Bruno « Les jokers t’ont demandé quel était le besoin insatisfait qui semblait le plus pertinent à visiter ce jour-là. Puis ils t’ont proposé de retrouver tes passeurs pour que tu puisses imaginer que grâce à leur aide, tu avais pu trouver dans d’autres circonstances les ressources nécessaires pour satisfaire ce besoin universel. Et donc au milieu de tes passeurs, fort de cette « imagination », tu as été invité à rejouer la scène de départ avec les mêmes partenaires. Un des buts étant de vérifier par le théâtre si ce besoin non satisfait est bien le principal dans cette scène ».
Dans l’impro finale, j’ai fini par accéder aux feuilles de F. et corriger son travail ! Comment ? Do, qui joue F. a eu un grand soulagement, dit-elle, quand je me suis intéressé directement et activement à ses feuilles et… pas à elle ! J’ai ouvert ses feuilles, les ai regardées, sans que ni F. ni moi ne disent rien ! Sinon, elle aurait eu encore trop peur… Je crois même (j’en suis sûr) avoir croisé son regard après avoir corrigé son texte, avant qu’elle ne reparte…
Bilan en grand groupe, échanges…
Ce que j’en tire :
Je savais déjà, bien sûr, que F. avait peur de moi (et des autres). Mes tentatives pour entrer directement en relation étaient souvent vaines. En pédagogie Freinet, nous nous disons souvent « remettre l’enfant au centre » au centre de ses apprentissages, ses découvertes, etc… C’est un enfant, une personne, avant d’être un élève. Mais là, clairement, la relation ne pouvait qu’être médiatisée : ici, médiatisée par son cahier ! Il lui fallait que je regarde son cahier, pas elle ! D’autant qu’elle devait bien sentir que cette attitude introvertie n’était pas ce que j’espérais… Elle était donc jugée avant d’avoir montré quoi que ce soit. Il me fallait donc ici, faire un peu comme ces maitres traditionnels qui corrigent des cahiers HORS de la présence de l’enfant lui-même ! Moi qui croyais tant que c’est en lui montrant les erreurs, en la faisant les débusquer, que je pouvais l’aider à progresser… Sans doute, avec beaucoup cela fonctionnait ainsi. Mais F. avait besoin de beaucoup plus de distance… « Quoi ? Celle-ci ne m’aime donc pas » ? « avec tout ce que je fais pour cette classe ? » voilà ce que je devais me dire, en lui en voulant ! Et c’était le blocage.
Avec les enfants et d’autres, je sais que j’ai plus de mal avec ceux qui sont distants, qui ne « disent pas » ne se livrent pas beaucoup. Or, respecter la distance dont ils ont besoin, ce serait peut être prendre en compte leur travail, leur chant, leur découpage, leur dessin, leur puzzle, m’attacher à en dire des choses, éventuellement même à corriger, rectifier, mais en me centrant sur la production elle-même, pas tout de suite sur l’enfant ! Mais… c’est pour moi, une attitude « contre intuitive ».

Voilà, il m’a fallu atteindre 70 ans et cette journée de stage pour formaliser cela !
Merci. JF Martel jf.martel@orange.fr (texte relu et complété par Bruno) ficelleetcompagnie@netcourrier.com

TECHNIQUE INTROSPECTIVE: MON BESOIN CACHé

Le besoin caché
Je veux mais les autres ne veulent pas : J’ai des attentes, des envies qui ne sont pas satisfaites, auxquels les autres ne répondent pas
Situation : Je veux mais les autres ne veulent pas. J’ai des attentes, des envies qui ne sont pas satisfaites, auxquels les autres ne répondent pas. Il peut aussi s’agir de quelque chose qu’on a du mal à faire/à dire à quelqu’un, des attentes, des besoins qu’on arrive pas définir ou à respecter par rapport à soi-même. Situations où l’on a envie de fouiller en soi ses propres besoins, et non pas « ce que je veux ». Je sens qu’il y a un mélange entre désir et besoin. Déroulé :
1. Première improvisation :
Monologue intérieur avant de démarrer.
Improvisation de la scène : la scène s’arrêtera quand on aura vu le conflit, le problème, l’insatisfaction. On ne la résout pas sur la première improvisation. .
1bis. Monologue intérieur :
Monologue intérieur après la scène : Quelles sont les pensées principales qui m’habitent après la scène ? Le protagoniste essaye de les faire dérouler, les pousser et se laisse aller à l’improvisation.
Consignes : « monologue libre sur ce qui vient de tes ressentis, de tes jugements sur toi même ou sur l’antagoniste après avoir vécu cette scène. Ou d’autres choses qui sortent… »
Consignes pour le public ensuite : Le public va ensuite venir sur scène et donner à entendre et voir une posture – image / une phrase – un mot que la personne a faite / dite et qui l’a marqué, qu’elle a retenu.
Option A : La personne (protagoniste) a surtout eu des jugements / auto-jugements : étape 2
Option B : Si la personne a surtout eu des ressentis : étape 3 on va construire l’image de ces ressentis.
Option C : Si la personne a évoqué des besoins : étape 6
2. Auto-jugements / Jugements :
Face à chaque auto-jugements / jugements, on crée des images des ressentis, du sentiment qui amène à ça, qui fait dire ça…
Puis, on va proposer des images des sentiments : face à chaque chacal, le protagoniste va proposer une image de son ressenti. Le public peut l’aider. Quelqu’un du public prend l’image.
3. Les images des ressentis :
On construit l’image ou les images du ressenti que le protagoniste a pu exprimer lors du monologue intérieur post-improvisation initiale.
(Attention : un vrai ressenti au sens CNV. Pas vis-à-vis d’un autre).
4. Nouvelle improvisation avec ressenti :
Le protagoniste (et l’antagoniste éventuellement) choisit le sentiment qui lui semble le plus fort. La personne du public qui fait l’image du sentiment va donc rejouer l’improvisation en étant que ce ressenti de façon amplifié.
5. Recherche collective des besoins cachés :
– Soit on rejoue la scène et en mode théâtre forum, on tape dans nos mains et monte sur scène pour faire des propositions de besoins.
– Soit à la façon forum éclair, la personne qui fait l’image du ressenti se place au milieu et tout le monde fait des propositions, le protagoniste choisit une image et formule la phrase : « Quand je me ressens comme ça, c’est mon besoin insatisfait de… »
6. Recherche des « passeurs » :
Travail personnel du protagoniste de recherche des 3 figures qui l’ont aidé ou l’aident aujourd’hui à satisfaire ce besoin dans sa vie. Crée 3 images de ces 3 figures et leur donne une phrase à dire, peut nous dire qui ils sont pour lui. Des personnes du public viendront prendre chaque image + phrase.
7. Improvisation finale :
Le protagoniste se place sur la scène et place ces 3 figures aidantes autour de lui. Temps de méditation où le protagoniste va imaginer en lui ce besoin comme étant satisfait. Et petit à petit les 3 figures s’activent pour l’aider dans cette recherche. Puis démarre l’improvisation initiale avec la satisfaction du besoin.
Et improvisation finale à proprement parler, face à l’antagoniste, avec éventuellement intervention des figures passeurs quand nécessaire.
Si besoin : Si le protagoniste sent que ce n’était pas tout à fait ce besoin qui était le plus important, on refait les étapes nécessaires.

Texte de Noémie  (Ficelle et Cie) nomiedumont@yahoo.

Une technique introspective : les besoins cachés

TECHNIQUE DES BESOINS CACHES
Témoignage: La journée dans son ensemble, puis, une des histoires choisies est la mienne, et je l’explore avec une nouvelle technique : « les besoins cachés » inspirée de la Communication Non Violente.

Deux parties à ce texte :
A) LE CONTEXTE et le déroulement de la journée,
B) description de LA TECHNIQUE «LES BESOINS CACHES».

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La main perdue… et retrouvée ?

UN JEU-EXERCICE : LA MAIN PERDUE (et retrouvée ?)

Classer dans l’arsenal d’A.Boal:

  • Exercices mettant en jeu plusieurs sens
  • Sous-catégorie: jeux d’aveugle

Présentation :
Ce jeu n’est en général pas le premier jeu d’aveugle qu’on propose, il est assez intime puisqu’il s’agit de toucher les autres et de savourer ce contact.
Bien entendu, le ou la joker(e) reste en dehors du jeu, et veille à la sécurité physique (piliers, fenêtres) et psychologique: rapprocher (très) doucement du groupe les brebis égarées.
Ce jeu dure bien 20mn, ça peut être plus… ou moins ! Il y a les étapes, mais surtout, il est important d’adapter ses consignes, le niveau de sa voix, la fréquence des paroles, à l’ambiance du groupe.

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