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Temps de COVID: quel TO ? visio-conf de nov20

Texte issu de la viso-conférence du 13 nov 2020.

Quelques points saillants extraits de ce texte :

A) TOUT N’EST PAS ANNULE !

Certains groupes travaillent, mènent des ateliers, se débrouillent avec les consignes sanitaires, les masques, font de la visio-conf ! Voir m.a.j. Du site: https://www.reseau-to.fr/site/?page_id=3451

B) Rencontre nationale maintenue 11,12,13 déc, et viso conf le 27 novembre

C) JEUX : partageons nos expériences de JEUX EN TEMPS DE COVID !

Ont participé à cette rencontre : Jean-Francois (secrétaire du réseau), Fatima (trésorière du réseau) et Fabienne toutes 2 de naje, Jacqueline et Jean-Mi du Potimarron, Cyprien et Frédérique de l’Attelage, Noémie (co-présidente du réseau) de Ficelle et cie, Nour Jlassi de A l’Affût, Olivier et Claudia de particeparte (Rome), Clémence de l’Ebullition, (Drôme), Stéphane de Top ! Rappel : toutes ces adresses sont sur le site à l’onglet « membres » rubrique LISTES. mdp : 77participants

POINT 1/5 : les nouvelles des groupes

 L’ébullition : (Clémence) Romans sur Isère. 3 salariées. Théâtre-forum et formation professionnelle. Peu de spectacles, on accompagne de la création. Une création en cours, avec personnes en troubles psychiques, a été stoppée par la covid. On ne sait pas si on pourra tenir le projet de « discrimination dans le sport » avec une université en janvier. Mais on maintient une formation en th forum début déc en tant que « formation professionnelle ». Question : Faites-vous des théâtre forum avec masques ? 

Particeparte (Olivier) : On a plus morflé en mars. A Rome, actuellement, nous ne sommes pas enfermés et nous faisons des ateliers avec des activistes le samedi (et un autre atelier). 

On a compris que le virus est lié aussi au changement climatique qui est une racine du mal. En amont le problème est la domination. Nous, notre passion, c’ est le genre. Je travaille avec les hommes violents pédophiles violeurs. Je fais une formation en ligne sur ce travail là. On arrive à plus développer certains jeux, notamment sur la justice réparative. On voudrait que tout notre travail avec les gens ces dernières années soit mis en rapport avec les questions de la planète et de la domination. On a réussi à faire des spectacles, comme on fait beaucoup dehors à distance, on fait sans masques.

On a fait des assemblées théâtrales avec aussi des clowns, on porte le « chapeau virus ».  cliquer pour : petite video dont je vous avait parlé… je sais pas combien ça vous parlera vu que c’est en Italien Olivier». Fabienne fera passer les notes prises sur les jeux d’Oliver.

 Nour de la Cie A l’Affût :

Cie de théâtre créée en 2002. Depuis 7 ou 8 ans, on s’est intéressés au th forum et aux outils d’éduc pop. Je me suis formé à Arc en Ciel Théâtre (Yves Guerre). Nous sommes trois de la compagnie à faire du th forum. On ne fait pas de spectacles, on n’écrit pas. On fait des créations avec des groupes sur des sujets qui les concernent. On n’a donc pas de th forum qui tournent. On se sert aussi d’autres outils tels que les conférences populaires, les porteurs de parole… On accueille des jeunes en service civique (4 ou 5 selon les périodes)… Avec eux, le projet s’intitule « les jeunes font société ». Ce groupe porte le point de vue de la jeunesse et va à la rencontre d’autres jeunes dans des quartiers, ils font du th-forum avec eux pour parler des pb politiques et sociaux. 

L’Attelage (Lorient) :

On travaille avec masques dans nos formations. C’est obligatoire ; On repense nos jeux par rapport aux distances, par ex. « le jeu des trois bombes, qui fait que les gens s’entrechoquent à la fin ! ». 

Clémence (Ebullition) demande comment ils font pour compenser le manque d’expression faciale. 

Réponse : en théâtre images, cela reste compréhensible sans l’expression du bas du visage. Mais notons qu’il faut encore plus porter sa voix avec le masque. Frédérique nous écrira quels jeux elle fait, comment elle adapte…

Nos 2 spectacles : un sur la jeune parentalité, avec le point d’accueil et d’écoute jeunes, et un autre sur les maladies psychiques : ils sont reportés sans date fixe. On a travaillé avec les comédiens, mais c’est reporté… Projets sur le genre notamment au Portugal. 

JF (secrétaire)insiste pour que les gens du réseau envoient des écrits, même brefs, via notre liste qui a 112 abonnés : participants@listes.reseau-to.fr 
Beaucoup travaillent sur le genre.

Noémie de Ficelles et Cie : 

Entre les deux confinements, on avait bien repris, mais là tout recommence à s’annuler sauf quelques dates en « analyse de la pratique professionnelle ». On va aussi essayer de répéter. On a fait des ateliers ou des formations avec des masques et d’autres sans masques, ou avec masques mais en les enlevant quand on est sur scène en image. 

On a travaillé sur les émotions « dans le corps », ou les émotions « au niveau des yeux »… 

Le plus dur comme formateur est de ne pas voir les expressions des gens en face. Donc : il faut formuler plus. 

On fait quasi tous les jeux qu’on fait d’habitude ! Avec plus de gel si on partage des objets. On se paierai les répétitions plus tard.

Fatima de NAJE :

J’ai fait un spectacle avec masque, des répétitions avec masque. On fait nos formations : un stage à Crest (Drôme) avec masques dans la salle et sans masque au dehors, avec du gel… plus et plus plus ! C’est pas simple, ça limite. En ce moment je travaille avec des jeunes de Missions Locales, on est masquées. Ces jeunes ne parlent pas très fort, avec les masques on ne les entend pas bien. On doit redynamiser, reformuler… Pendant le confinement, on travaille aussi dans des lycées agricoles. Ok pour partager csur les jeux : ceux qui restent possible. (Je ne fais plus le jeu de la bombe)

Jacqueline et Jean-Mi du Potimarron : 

On a joué notre « grand » spectacle (6 fois en octobre) sans masque pendant le modèle mais avec masque quand les gens venaient sur scène. Par rapport aux masques : il y a le corps, les yeux, le théâtre images me semble bien adapté. 

Dans un lycée professionnel, on travaille et on doit jouer en décembre. Avec eux, tout le temps avec masque. 
On ne fait pas de formation, mais des ateliers qui aboutissent à des créations. Notre projet de travail en prison a été annulé.

On a aussi fait l’expérience de mener des ateliers de… 2h30 (!!!) On ne le fera plus. On a besoin au minimum d’une journée. 

En 2021, notre nouveau projet devrait démarrer en janvier sur anti-LGBTQI, antisémitisme et racisme. On ne pourra pas « en présentiel ». Je vais inviter les gens en visio pour qu’ils racontent des situations en rapport avec la problématique et en intercalant poèmes et chansons. On récoltera du matériau qu’on pourra mettre en scène en mars. 

Stéphane de Top Théâtre : 

La Cie est toujours en « stand by ». On est trois : Rabah, Marion et moi. On continue à faire de l’analyse de pratique avec des soignants du CHU Lille, des ateliers avec des jeunes en service civique. Deux projets en stand by : un sur le quartier Bois Blanc (ou j’habite avec Marion) à Lille. Je vais faire des interviews en visio pour recueillir des histoires. Un projet avec un centre social du quartier Vauban sur « vie affective et sexuelle ». 

J’ai participé à un projet avec des gens du cirque. Un atelier va se recréer avec les sans papiers du Nord (CSP59). Je suis très impliqué dans ce mouvement. Je prévois aussi (au nom de top ou non ?) de reprendre le spectacle « NAZE » : spectacle en solo, fait à partir d’interviews de jeunes nazis, qui a déjà beaucoup tourné. On travaille avec masque et gel, sauf avec les circassiens… (dur à accepter pour eux).

 POINT N°2 rencontre en Bretagne des 11-13 déc

Est-ce que nous la maintenons ? Le gite est en dortoirs… Aude et le groupe les Sardines, qui nous reçoivent, sont toujours OK ! 
Noémie : le groupe Ficelle maintient d’y être une semaine avant pour une création clown forum sur les conséquences de la crise.

On devra peut-être se limiter à 3 pers/groupe

Noémie : «  il y a 7 chambres  : une single, une avec un lit deux places, trois avec trois ou quatre lits et deux pour un ou deux ».

Noémie envoie un mail disant les conditions d’accueil, qui vient vraiment, qui a besoin de conditions sanitaires particulières, et.. à combien on peut venir. 

Déjà : Stéphane va s’inscrire, Fred et Cyprien de l’Attelage confirment, Ficelle aussi, Jacqueline et Jean-Mi renoncent à venir pour raison de santé.

 POINT N°3/5 : Le tour des indignations et des enthousiasmes 

-Jacqueline raconte une histoire avec un jeune homme emmené dans sa voiture à qui elle demande s’il connait des « histoires avec la police ».  Il ne voulait pas raconter, puis a accepté parce que Jacqueline a parlé du théâtre de l’opprimé… » Il est prêt à rejoindre notre atelier ». JF « bravo, c’est bien « du Jacqueline », elle parle avec tout le monde, elle a fait pareil avec mon voisin l’épicier » !

-Clémence : choquée par la loi qui empêcherait de filmer les policiers. En positif, tribune dans le monde de 2000 universitaires qui défendent les approches intersectionnelles. 

JF : parmi toutes ces terribles violences, (comme ancien instituteur Freinet?) je n’ai pas supporté que 4 enfants de 10 ans (à Albertville) soient arrêtés vers 6h30 lundi matin chez eux, par des policiers armés et cagoulés, pour des propos qu’ils auraient tenu en classe le jour de la rentrée, autour du meurtre du prof d’histoire. Voir mediapart par ce lien https://www.reseau-to.fr/site/wp-content/uploads/2020/11/enfants-de-10-ans.pdf

-Stéphane : la marche des sans papiers à laquelle j’ai participé 9 jours, d’Amiens à Paris. Une aventure humaine incroyable et une vraie mise en place d’une coord’ nationale des sans papiers. Acte 4 le 18 déc pour la journée des migrants. 

Fabienne : à la campagne en ce moment, je vois que …« les chasseurs ont le droit de chasser » !!!! 

Cyprien : on profite du confinement pour se renseigner sur des sujets qu’on travaille peu. On a bossé sur le privilège blanc : « Ouvrir la voix » de Amandine Gay

 POINT N°4/5 : Les mouvements sociaux, qu’avons nous fait en sept-oct ? 

 Jacqueline : lors d’une représentation, Gilles, de Green Peace local vient nous parler de l’action contre l’emprisonnement des militants de Tricastin. Il nous demande de lire un texte mais… manif annulée et les militants ont été très sanctionnés.
JF: je regrette que nous, TO, ne soyons pas actuellement davantage présents dans les mouvements sociaux. (black lives matter, violences policières, sans papiers, licenciements… Un Ex parmi d’autres: la grève des femmes de ménage (toutes africaines) de l’IBIS Batignolles qui dure depuis 15 mois. Pourtant un théâtre forum existe sur cette oppression, créé par Féminisme-Enjeux (qui l’avait joué à Lille lors d’un festival de top). Stéphane enverra des infos, voilà déjà un lien: https://www.mediapart.fr/journal/france/010819/l-hotel-ibis-les-femmes-de-chambre-grevistes-sont-malades-du-travail?onglet=full

Certes Naje a créé et joué « les pangolins » sur la situ actuelle. Mais il y a quelques années, contre la « loi travail » top avait créé et joué 30 ou 50 fois dans la rue une courte scène.(avant cela, Naje avait créé « les impactés » sur la liquidation du service public à France télécom)

 Olivier : On fait par exemple des statues devant le parlement, on invite les personnalités politiques à venir à nos assemblées. On pousse les gens à sortir et à venir s’exprimer avec les corps dans la rue, les parcs, on va dans les manifs, on pense que l’art n’a jamais été aussi important. On fait des assemblées théâtrales 

 Frédérique : A coté de l’Attelage je fais partie d’un groupe non mixte qui fait des collages. Des colleuses ont été agressées à Lyon et Paris. L’idée est de s’entraîner à faire face à ça, peut être avec la technique « le futur qu’on craint » et l’autodéfense… L’idée de faire des images dans l’espace public, comme raconte Olivier m’intéresse beaucoup. 

 Stéphane : à TOP on devrait reprendre le travail avec le CSP 59, un atelier sur les difficultés qu’ils ont pour mobiliser, sur ce qui limite la lutte… Ainsi que Marion, je suis au Syndicat des artistes de la CGT. On va réfléchir à intervenir en théâtre image dans une manif syndicale : en effet, le confinement laisse possible une manif organisée par un syndicat. Ce que je trouve génial c’est porter la « posture du TO » : de ne pas prétendre avoir la réponse, mais poser les questions. 

POINT 5/5  : SUR LES AIDES ;

Noémie (Ficelle) a eu 5000 € de France ACTIVE, Stéphane a des infos sur les aides régionales. (Naje et Les Sardines ont aussi obtenu des aides, non ?)

PROCHAINES REUNIONS

-Olivier souhaite une réunion thématique sur « le genre et le changement climatique ».

-Clémence souhaite un « doc partagé » sur les jeux en période COVID. (depuis : Fabienne, Oliver, L’Attelage ont envoyé des contributions par mail).

DECISION : Une visio-conf sur les jeux et techniques en période COVID aura lieu dans la semaine du 30 nov. framadate de Clémence: https://framadate.org/TttoAqeNrVlO6MPX

Notes de Fabienne relues par Jacqueline. Mise en forme, sous titres, références de JF 06 85 54 99 68. Comme d’habitude ce texte a d’abord été envoyé aux inscrit.es à la viso conf, avant d’être mis sur le site le 19/11/20

voyage dans le réseau: un forum design !

Un voyage dans le réseau TO : Un atelier de « DESIGN FORUM »

Vendredi 18 septembre 2020, le voyage fut assez bref pour moi, car il s’agissait du théâtre forum créé par naje pour la MEL (Métropole Européenne de Lille) donc… dans ma ville ! Fabienne m’avait bien sûr fait inviter à ce qui était lié à l’évènement de l’automne : « Lille, capitale mondiale du design » Rien que ça ! Son commanditaire: SDS, un cabinet de designers bruxellois. www.strategicdesignscenarios.net J’étais intrigué ! Récit :

Deux jours de travail de Fabienne et Farida, avec un groupe de 10 personnes pour préparer ce spectacle. 5 « designers » et 5 « porteurs de projet » sur le thème « ville nourricière, alimentation durable ». Comme d’habitude : ils ont raconté, et elles ont mis en scène plusieurs petites pièces, sur lesquelles on a fait forum. Bien entendu, tout le monde est masqué (j’ai des photos de Fabienne en jokère masquée, super!).

Fabienne présente, puis fait venir tout le monde (tous masqués) sur le plateau, et dans une ambiance bon enfant, propose des jeux : guider son aveugle par le prénom, avec réciproque puis partage des ressentis. Très sympa.

Ensuite, elle nous propose de nous présenter. Quand une des actrices annonce : « chargée alimentation durable pour la métropole lilloise », je glisse « tu vas pouvoir nous parler de la ferme urbaine de St Sauveur ?? »  « euh…, non… »  Petit froid chez les organisateurs, je n’insiste pas.

La friche St Sauveur, en effet, immense, est une ancienne emprise SNCF-FRET en plein centre ville, qui fait l’objet de conflits depuis des années entre : d’une part les associations d’habitants, les environnementalistes, les mouvements de gauche et écolos, des groupes qui en occupent déjà une (petite) partie, et d’autre part la Ville de Lille, qui veut y créer un lieu prestigieux (notamment des immeubles de bureaux, une piscine olympique etc…)
Ambiance lors des dernières municipales !

LES 4 SCENES ET LE FORUM :

Très fluide. Une dizaine d’interventions, dont plusieurs d’un paysan venu du Pas-de-Calais, département voisin.

D’abord « pour se mettre en train » une série de scènes très brèves qui présentent des désaccords dans un couple : du genre aller aider ou pas la paysan de l’AMAP à récolter les carottes ce dimanche matin. Le public choisit d’intervenir sur celle-ci. « qui est d’accord avec lui » ? « qui est d’accord avec elle » ? Fabienne choisit de remplacer les deux acteurs simultanément, par deux personnes du public. J’interviens ensuite, à la place de la femme qui propose d’y aller dimanche. Face à moi, l’acteur est un des designer… un peu cabotin. Je monte sur scène, (les cheveux au vent comme d’habitude). Lui : « rappelle moi le nom de ton coiffeur » Fabienne se prépare à lui taper sur l’épaule pour le faire revenir dans le jeu et dans son personnage, mais je parviens plus ou moins à rattraper sa « sortie de jeu » en intégrant sa remarque dans notre couple : « change pas de sujet, mon chéri, il est pas question de mes cheveux, mais d’aller à la ferme » etc… Rires dans le public.
Une remarque sur les enjeux de la scène : les échanges d’opinion (dans ces couples ou dans la scène 4 autour des jardins partagés) ne semblaient pas avoir de conséquences concrètes qui opprimeraient quelqu’un, et contre lesquelles on pourrait lutter.

Ensuite une scène où un collectif aux multiples projets veut occuper un bâtiment déserté, bien dégradé déjà. Il est estimé à 2,8 millions d’euros. Evidemment, de rencontre en rencontres, ça traîne, et quelques années plus tard, encore bien plus abîmé, il va être acheté pour… 0,3 millions seulement, MAIS par une société d’HLM ! Forum.
Le collectif est reçu par l’administration qui répond systématiquement « montez donc un projet détaillé par écrit, on l’étudiera » (puis demande un autre projet, etc… ) Une intervention originale : le spectateur sur scène rétorque au directeur administratif : « vous voulez acheter ce bâtiment, OK, montez un contre projet détaillé, par écrit, sans tarder, et nous, on le lira avec intérêt » ! Rires et applaudissements !

Une remarque sur les personnages : les collectifs joués dans cette scène (et dans la scène suivante) comportaient 3 ou 4 personnes à peu prés identiques. Une seule personne parlait dans les modèles. Avec plus de temps de travail, on pourrait évidemment préciser des lignes et des compétences différentes pour chacun.

Autre scène : un paysan va perdre son fermage, les terres seraient reprises par le propriétaire (une grosse chaîne d’hypermarchés) pour y produire directement…. du « bio local à grande échelle ! Face à cela un collectif veut maintenir le paysan, l’aider à la conversion bio, et ajouter d’autres projets. Une intervention du paysan du Pas-de-Calais met l’accent sur les accords existants entre ce géant de la grande distribution et la « profession agricole»,  accords qui risquent de souffrir, vu que la « profession » s’oppose à l’expulsion de ce fermier… Une autre intervention veut interpeller les élus de la commune. Synthèse de Fabienne qui souligne le conflit de valeurs : défendre le paysan « conventionnel » mais qui fait partie du pays, et de l’autre côté promouvoir du « bio » adossé à une multinationale !

Une remarque sur l’oppression principale : Parfois elle était peu mise en évidence. J’ai regretté par exemple que le paysan expulsé disparaisse du modèle dès le début de l’histoire. Quels étaient ses rapports avec ce « collectif » ? L’acteur a eu, je pense, une bonne réaction spontanée, quand à la fin il a fait resurgir son personnage depuis les coulisses en criant « et moi ? Je deviens quoi » ? mais ça n’a pas eu de suite.

La dernière scène porte sur les jardins urbains partagés. Les jardiniers sont aux prises avec le scepticisme des passants, voire leur mépris. Dans une des interventions, uen spectatrice rétorque : « vous dîtes que c’est idiot de planter des poireaux sur les trottoirs, et vous ajoutez « pourquoi pas sur les rues pendant que vous y êtes ? » Moi je vous réponds : « Vous, vous le savez que les bagnoles c’est bientôt fini ? Alors on va en effet pouvoir récupérer une grande partie de la surface des rues pour les transformer en jardins » ! rires.

Fabienne clôt et organise un retour (chacun un mot) sur ce qu’on vient de vivre. Moi, Je pense qu’elles s’en sont bien sorti, et je leur dis mon bravo.

Mes remarques sur le projet lui -même

L’invitation reçue des organisateurs (à la demande de Fabienne) était alléchante : Atelier de Design Forum 

Le design dans la ville collaborative, mis en scène par des récits, des témoignages, des histoires (…) emprunte les formes (…) du théâtre forum (…) pour mieux raconter la valeur de ce design qui écoute les gens, collecte des témoignages, requestionne la demande, met les idées en récits, communique les solutions à travers des histoires (…) spectacle expérimental de Design Forum : plusieurs acteurs de la transition alimentaire partageront leurs récits sur l’agriculture urbaine et l’alimentation durable, exploreront les enjeux, les synergies mais aussi les divergences entre leurs projets et inviteront les spectateurs à « faire forum »(…) Votre présence en tant qu’acteur.trice partie prenante des questions d’agriculture urbaine et d’alimentation durable sur le territoire est très importante.

Pourtant, dès mon arrivée, une surprise… de taille :

dans la salle de 24 spectateurs, (covid oblige), je ne reconnais AUCUNE personne ! Je suis lillois depuis 20 ans, administrateur pendant plus de 10 ans de la MRES (Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarités, qui est forte de 117 assos (dont TOP-Théâtre de l’Opprimé) et surtout de nombreuses assos environnementalistes… et je ne vois aucune personne des mouvements locaux ! Sur scène, outre les designers, sur les 5 « porteurs de projet » seul UN gars d’une asso para-municipale de jardins d’insertion, aucune autre personne du mouvement associatif local (aucune non plus dans la salle) les 4 autres sont des institutionnels de la Métropole.

Je tombe le lendemain sur 2 pages dans Télérama, sur Lille, les designers, le design, (qui en anglais semble être entendu au sens de « dessein » « projet » et pas d’objet dessiné ou de tableau)… Ces designers seraient là pour aider à ce que les élus et l’administration écoutent les « gens » et que ceux-ci développent des « projets » puis pour vérifier que ce qui est mis en place ensuite correspond aux projets énoncés !!! (à lire, ça semble très louable ! Mais ils ont pas inventé l’idée non plus…)

Je comprends les doutes de Fabienne, mais bravo quand même ! Je sais que vous avez travaillé bien tard la veille, au lieu de venir manger et dormir chez moi comme c’était prévu, et passé le reste de la nuit sur place dans des canapés… Quelle énergie ! Résultat :la séance se tenait tout à fait bien, (j’ai trouvé), malgré la commande et son contexte discutable. Bien sûr, vu le public et les participants, on peut avoir des doutes sur l’impact du TO sur l’agriculture urbaine et durable à Lille.

Quelques autres remarques sur le déroulement de la séance et les scènes.

En précisant que je n’aurais pas aimé être à la place de Fabienne ou de Farida dans ces conditions, entre ami.es du TO, je vous partage quelques remarques «techniques TO ».

En deux jours, il faut d’abord recueillir les récits ! Ensuite, c’est difficile de trouver le temps de faire émerger les enjeux, les volontés, se mettre d’accord sur l’oppression réellement vécue, sur nos buts, et s’entrainer à jouer les conséquences des propositions, et aussi approfondir les personnages ! (voir mes remarques amicales dans le corps du récit, ci-dessus).

Le jokage : Fabienne me semblait tranquille, son explication du forum était on ne peut plus brève (je crois qu’elle a battu des records de durée, là ! ) : « vous êtes plutôt d’accord avec qui ? Elle ? Lui ? Alors, venez le ou la remplacer, pour que ça se passe mieux ».

Sur le premier remplacement, où deux spectateurs sont venus remplacer simultanément : celui qui ne voulait pas aider à la récolte de carottes, et celle qui voulait y aller, il me semble (ce n’est que mon avis) que les faire venir l’un aprés l’autre aurait mieux permis de « monter une gamme » d’arguments ?

Jouer les conséquences des propositions : il est évident qu’en deux jours, les participants n’y étaient pas prés. Parfois je m’attendais à ce que ça « clashe » ou que le ton monte. Comment faire ? La jokère ne peut évidemment pas jouer à la place des acteurs oppresseurs. Je me dis aprés coup, que la présence sur scène de l’autre animatrice (ici Farida) pourrait parfois soutenir l’acteur oppresseur et l’aider à « monter » un peu ?

Amicalement, JF Martel le 12 octobre 2020. Ce texte a été soumis à Fabienne et Farida le 4 oct, pour échanges et accord de publication, comme le prévoit la charte de notre liste de discussion qui précise notamment « ne pas parler du travail d’une personne avant d’avoir, au minimum, échangé avec elle » Vos remarques et questions sont les bienvenues. Nous joindre : jf.martel@orange.fr, farida.aouissi@gmail.com, fabienne.brugel@orange.fr

25 ans de Théâtre de l’opprimé avec Jana Sanskriti (Inde)

Par JF Martel.

J’ai écrit ce texte à la demande des amis sociologues Sophie et Clément, qui ont suivi les premières réunions de notre réseau, pour une publication à venir dans la revue « THAETRE. J’y raconte, chapitre par chapitre, le premier stage TO en Inde (1991) leurs différentes venues en France, nos échanges de stages et de compétences, leur pratique du forum dans des villages indiens, leur travail en interne pour leurs formations (notamment aux techniques introspectives) . 12 pages en pdf. Vos remarques et questions sont les bienvenues !

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LE FILM « Histoire d’un chantier national » (Naje) est en ligne

« Histoires d’un chantier national » ce documentaire de René Baratta relate l’histoire du chantier de NAJE 2017-2018 sur les classes sociales : de la récolte des matériaux du spectacle à l’écriture du texte, puis des répétitions au spectacle de théâtre-forum. Le réalisateur a été notre compagnon durant les neuf mois du chantier. Merci à lui pour ce cadeau qu’il nous a fait avec ce film. Vous trouverez ici le film sur YouTube.