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Le privilège blanc

Intervention de Saïd Bouamama sur le privilège blanc
notes prises au cours de l’AG du Réseau TO, le 23 avril 2022. 6 pages.



I) prologue : les 3 déterminations : classe, sexe, race (page 1 et+)
II) inégalité, idéologie, capitalisme, (page 2 et +)
III) quelques banalités (page 3 et +)
IV) notion de privilège (page 4 et +)
V) conséquences de tout cela, questions / réponses, commentaires (pages 5 et 6)

Références : Magali Bessone et Matthieu Renault, WEB Du Bois : double conscience et condition raciale, Editions Amsterdam, 2021.

I) Prologue :

On naît tous de manière déterminée. Si je suis homme, i@l va me falloir un effort intellectuel pour comprendre ce que c’est que le fait d’être une femme.
C’est pareil pour l’expérience d’être une personne racisée, quand on est blanc !

D’autre part, il y a des choses dont j’hérite et que je ne vois pas.

 

Il existe trois grandes formes de détermination :

 

A) La classe sociale.

1. Mon origine sociale. (par exemple, fi je suis fille d’un PDG, on me demande de faire une intervention de TO auprès d’enfants de mineurs dans le Pas de Calais… Ce n’est pas facile pour moi… Chacun d’entre nous a hérité de son origine sociale des représentations, des manières de réagir, des visions du monde, etc. qui déterminent sa manière d’appréhender le présent et les évènements quotidiens.

2. Ma Situation sociale : ce que je fais maintenant. La place sociale occupée détermine également mon regard sur une situation ou un évènement. Un directeur ne voit pas les mêmes choses qu’une femme de ménage du fait qu’ils ne sont pas soumis aux mêmes contraintes et au mêmes attentes.

3. Ma position sociale : Ce que je décide, ce que je veux être : mes choix politiques. A la différence des représentations héritées de mon origine sociale ou accompagnant ma place sociale, ces représentations sociales sont le résultat de la conscientisation.

 

Mes réactions concrètes sont une position intermédiaire entre ces trois sources. Il ne suffit donc pas d’avoir conscientisé une oppression pour que cela se traduise dans la pratique. Entre le « vouloir être » lié à ma position sociale (mes choix politiques) et le « pouvoir être » (et aussi le « savoir être ») il y a un long chemin, un processus permanent de mise en cohérence.

 

B) Le sexe : la société patriarcale nous habitue à hiérarchiser la classe Hommes / la classe Femmes

 

Un des premières divisions du travail sous-tendue par l’exploitation et la domination, est celle à base de sexe. Pour qu’elle se reproduise sur de nombreux siècles, elle a été adossée à des théorisations, des représentations, des habitudes, etc. De cette façon une production sociale (l’inégalité homme/femme) a été transmutée en « nature ». Ici aussi il ne suffit pas de conscientiser cette réalité, pour avoir une pratique égalitaire. Il faut encore dépatriarcaliser notre pensée et notre pratique.

 

C) La « race » : La race n’existe pas biologiquement mais existe socialement. Autrement dit c’est le racisme qui crée la race et non la race qui crée le racisme. Le racisme crée la race et structure notre société. Notre société pense le monde en « races ». En fonction du fait que l’on soit né dans un groupe racisé ou dans un groupe dominant notre regard sur cette réalité varie. Les racisés savent généralement spontanément l’effet de l’assignation raciale du fait de leur expérience concrète. Les non-racisés tendent à sous-estimer cette réalité car elle ne fait pas partie de leurs contraintes quotidiennes. Ici aussi prendre en compte cette réalité non subie est à la fois un travail de conscientisation politique et de mise en cohérence pratique.

 

C’est un bon exercice de s’appliquer ce petit questionnaire à soi-même ; pour comprendre pourquoi telle chose est facile dans ma vie, telle chose est complexe ou difficile. L’exercice consiste à s’interroger sur ce que j’hérite comme comportements (gouts, colères, intérêts, etc.) de mon origine sociale (en remontant aux grands parents paternels et maternels), de ma place sociale (mon boulot, mon niveau de vie, mon niveau de diplôme), de mon appartenance de sexe et de ma couleur.

 

  1. remarques sur ce qui vent d’être dit, exemples, etc…

 

La subjectivité :
des gens qui ont lu les mêmes choses ne comprennent pas forcément les mêmes choses. C’est ça qui a motivé mon travail (dit Saïd). Différents regards existent :

Saïd, en tant que personne née en Algérie, ne lira pas la même chose que Jacqueline ou Jean-Pierre… nés en France. Tous les facteurs cités ci-dessus contribuent à forger la subjectivité individuelle (lieu de naissance, origine, situation, etc.). Ce sont donc toujours des histoires qui se rencontrent quand deux personnes font connaissances ou sont mises en interaction. Pour un dominant par exemple son histoire le pousse spontanément à se situer en dominant sans conscientiser ce qu’il est en train de faire.

 

Le covid révèle les hiérarchies de couleur.
A l’échelle internationale, les pays du sud meurent plus. En France les noirs et les arabes meurent plus que les autres. Tout cela est invisibilisé dans les médias.

La présentation de Saïd  sera « en entonnoir ». Du personnel, vers les situations collectives, des situations collectives vers les rapports sociaux, de ceux-ci vers l’Etat du monde et ses hiérarchies entre « pays riches » et « pays pauvres ». L’humanité est confrontée depuis l’hominisation à une lutte entre une logique égalitaire et une logique de domination et cette lutte se joue à tous les échelons (des relations interindividuelles quotidiennes aux rapports de forces internationaux).

 

  1. inégalité, idéologie, capitalisme

Depuis 2 ans, Saïd est sollicité de plus en plus par des théâtres « de conscientisation ».

Origine de mes réflexions : les marxistes noirs américains, il y a un siècle.
Notamment les écrits de
William Edward Burghardt Du Bois ( 1868-1963) et le concept de « salaire psychologique » de l’ouvrier blanc l’amenant à se sentir supérieur à ses collègues noirs. Le système de domination réussit par ce mécanisme à unir ceux qui devraient être divisés (ouvriers et patrons blancs) et à diviser ceux qui devraient être unis (ouvriers blancs et noirs).

 

A. débat sur l’inégalité

Dubois est le 1er sociologue qui pense cette dimension. La théorie du privilège. Ce n’est pas compréhensible sans faire le lien avec les mouvements pour l’égalité. Qu’est-ce que l’égalité ?
Deux définitions s’opposent :
-L’universalisme : on traite tout le monde de la même façon. Or si on fait ça, les femmes sont mal barrées, car elles pâtissent de processus d’oppressions liés au patriarcat…

Alors ?

– Prendre en compte les inégalités de départ.
Cf Marx : « pour être égal le droit doit être inégal ». L’Etat doit donner plus à ceux qui ont moins. Bourdieu : « Traiter des inégaux en égaux
est la pire des inégalités ».

 

Il s’agit de distinguer : L’égalité ET l’identité. La différence ET la hiérarchie.

L’inégalité c’est quand la différence se transforme en hiérarchie. Une société d’oppression fonctionne en transformant en permanence des différences en hiérarchies.

 

B. Débat sur l’idéologie

Gramsci : aucune domination ne tient uniquement par la violence. Si la domination se reproduit pendant plusieurs siècles, c’est à cause de l’idéologie : des grilles de lecture qui favorisent les dominants et empêchent les dominés de pouvoir vivre. Le but de l’idéologie ; c’est de faire penser les dominés contre leurs intérêts. Ainsi les dominés agissent contre leurs propres intérêts.

Nos scènes (de TF) sont là pour montrer ces idéologies à l’oeuvre…

 

Remarque : le vote récent pour la présidentielle : les jeunes racisés ont voté Mélenchon, et les jeunes blancs ont voté Marine le Pen. Il y a eu une racialisation du vote. Pour accepter de voir ça, il faut lever le tabou, le non dit de la racialisation en France

 

C. Capitalisme

Pour Dubois, c’est mettre en concurrence toutes les forces de travail pour faire baisser le coût du travail. Ça se traduit par la transformation de toutes les différences en hiérarchisation : Hommes / Femmes, Noirs / Blancs

 

Cette fonction de hiérarchisation est au cœur du capitalisme, elle masque le rapport de hiérarchisation dominant / dominé.

Faire croire à des dominés qu’ils ne sont pas dans le même bateau que les autres. Il s’agit de diviser pour mieux régner. Donc : distribution de privilèges pour certains. (Privilège blanc)


d) quelques remarques sur tout ceci :
Tokenisme :
Maintenir le système de marginalisation en faisant croire que c’est en train de changer…

par exemple, on maintient la marginalisation tout en mettant en avant certaines figures venues des classes dominées. Par ex : l’enfant d’ouvrier qui est devenu contre-maître / une femme nommée première ministre…. Le tokénisme (du mot « token » c’est-à-dire « jeton) est l’ouverture à la marge d’un système de domination pour mieux le reproduire. Les exceptions de réussite (des jetons) masquent la reproduction massive des inégalités.

Un blanc ne peut pas saisir ce que c’est d’être racisé sans d’abord écouter le vécu des personnes racisées.

 

Epoque de l’hominisation :
pour survivre les êtres humains étaient en coopération. A partir du moment où on a commencé à
produire plus que nos besoins, ça a crée des désirs de s’accaparer le surplus. Pendant longtemps, c’est la domination de sexe qui a été prépondérante.

Le capitalisme, lui, favorise simplement toutes les dominations antérieures. Il récupérer la domination patriarcale pour la mettre à son service, il fait pareil pour le racisme…

 

III) des « banalités »

Exploitation = Accaparement d’une partie de l’existence humaine de certains par d’autres. (temps, environnement, corps).

Domination = Rapports de pouvoir qui permettent l’exploitation. Essayer de remettre en cause l’exploitation, sans s’attaquer aux structures de pouvoir qui les accompagnent, c’est voué à l’échec !

Oppression = Effet matériel et subjectif des deux processus précédents.

 

Ainsi : au théâtre de l’opprimé, si dans une scène je ne m’attaque qu’aux systèmes de domination sans questionner aussi la question matérielle, je ne vais pas au bout de l’interrogation sur « pour qui et comment » cette oppression existe.

 

Le racisme ? Il n’a pas toujours existé !… On le confond avec l’éthnocentrisme : quand les groupes humains se fréquentaient peu, il pouvait y avoir une peur de l’autre. (ça existe toujours).

Le racisme, c’est une théorie de la hiérarchisation des personnes en fonction de leur couleur de peau. Ça date de quand ? Pour Saïd, c’est arrivé avec le capitalisme.

 

1492 est une date importante. (rappel : Christophe Colomb « découvre » l’Amérique).

A partir de cette date, l fallait justifier aux yeux des européens, les massacres, les pillages etc… Il y eut donc l’élaboration d’une théorie qui justifie ça.

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, ce pillage a généré un tel flux de capitaux, que cela a généré l’industrialisation. Capitalisme / Colonialisme / Racisme = le même processus.

 

IV) La notion de privilège :

Pour aborder la question du « privilège blanc », Saïd a l’habitude d’amener une conscientisation en partant de la distinction de sexe, en s’appuyant sur la conscientisation du patriarcat par les femmes. Le regard des femmes en tant que personnes opprimées conscientes, ce regard leur permet d’accéder plus facilement (que les hommes) à la conscientisation du privilège blanc… Pourquoi ?

Parce que certaines d’entre elles, du fait d’être assignées femmes, ont fait un travail de conscientisation d’une oppression systémique.

 

Le privilège masculin : Engels en parle dans son livre « les origines de la famille, de la propriété privée et de l’Etat », et propose une analyse en termes de système.

« Dans la famille, la femme c’est le prolétariat et l’homme c’est la bourgeoisie »

 

A propos des années 90 en France, lire : « Comment les Irlandais sont devenus blancs ? ».

La couleur, ce n’est pas forcément la couleur la peau mais la place sociale. D’après Du Bois : n’oublions pas la notion de « salaire psychologique ». Dire à un dominé·e : quand même, tu es blanche, tu es supérieure, cela l’empêche de créer de la solidarité avec les dominés noirs.

De nombreux discours et pratiques publiques t’amènent à te faire croire que tu n’es pas dominé·e, et que tu es différent·e d’autres dominé·es. (Diviser ceux qui devraient être unis).

Je suis blanc, je peux aller dans un magasin, sans avoir peur que le vigile me regarde de travers : cela me soulage d’une charge mentale énorme, que je dois supporter si je n’ai pas ce privilège.

Pour en sortir, partir toujours de ceux qui sont les plus opprimés, soutenir tous les mouvements des dominés. Cela devrait permettre d’identifier les processus communs dans les différentes dominations. Analyser ce qui est commun à toutes les oppressions : le même système.

 

Pour Dubois, il faut sortir de l’essentialisme.

Au lieu d’analyser une réalité à partir de ses causes sociales, politiques etc… le pouvoir et les idées dominantes choisissent de l’analyser en terme d’essence…
Or, toutes les dominations s’appuient sur l’essentialisme.
On peut ainsi masquer une domination avec l’idée qu’il n’y a qu’une seule domination, la principale : par exemple, on est tous des ouvriers etc..

 

V) Traduction et conséquences de tout ça

Si on part du principe que des dominés peuvent s’en prendre à d’autres dominés. Il faut faire un travail de conscientisation.
Autrice féministe, Mac Intosh nous dit que la première étape c’est déjà de préciser ce qu’on met derrière le terme « privilège » :

ça ne veut absolument pas dire qu’on est des nantis !. On peut être dominé avec des privilèges.
On ne demande pas l’abolition des privilèges, mais la généralisation des privilèges.

Le scandale c’est qu’on considère comme un privilège ce qui devrait être normal !

Elle a produit un outil : elle décrit 50 situations « Le sac à dos invisible » où elle dit : en fonction de votre couleur de peau, vous allez vivre ceci, ou non.

Des exemples :
-Si j’achète des bas « couleur chair », j’ai une chance (ou pas!) que ce soit ma couleur de peau.

– Est-ce que je vais me faire contrôler ou pas par les flics quand je me promène ?

Voir l’exercice « la marche des privilèges »

 

suite du V)

nous avons besoin d’une théorie de la conscientisation, PAS de la culpabilisation

Pas une théorie du retrait, mais de la généralisation

Pas une négation des autres oppressions, juste constater que le privilège et l’oppression s’influencent mais ne s’annulent pas.

Avoir des privilèges ne signifie pas que je ne suis pas dans la galère (salaire psychologique). D’où la nécessité d’une approche intersectionnelle.

Le privilège n’est pas un choix, c’est le résultat d’un système dont on hérite, MAIS ce n’est pas un phénomène naturel !
Cf : la construction des systèmes de hiérarchisation dans le système éducatif.

 

Exemple 1 : des militants se disent, « ah, on va castagner Zemour, et on va faire une action avec le groupe de lutte des sans-papiers ».
Erreur : les sans papiers, s’il y a un contrôle… le lendemain ils sont dans l’avion pour l’expulsion…

Exemple  2:

Jean François, français, et Saïd, algérien.
Pour voyager, Jean-François peut voyager où il veut quand il veut. Saïd a besoin d’un visa pour voyager, et peut l’attendre longtemps !

Exemple 3  :

Un prof d’histoire ,explique l’abolition de l’esclavage, mais sans expliquer ce qu’est l’esclavage. Comment Mamadou peuy-il se sentir concerné ? On lui dit simplement «  on t’a libéré, » mais sans lui dire qu’il a été asservi.

Exemple 4 :

Deuxième tour des élections, une personne racisée parle avec émotion de ce qu’elle vit. Aussitôt, on lui demande de se calmer. (vous les « arabes, toujours à fleur de peau » Pourtant, l’émotion fait partie de la vie, du politique. (et les « blancs » ne se privent pas de remarques émotionnelles, très bien toléréers !

 

Suite du V) questions/réponses. (Extraits)

Question :

Comment, en tant que personnes majoritairement blanches, on peut parler du racisme dans notre pratique de TO ? Comment est-ce qu’on représente des personnes racisées dans nos groupes ? . S’il y a des personnes racisées dans le groupe, est-ce que leur donner des rôles racisés, ce serait un essentialisme ? Comment parler de… sans parler à la place de… ?

Réponse :

Qu’est-ce qu’on va demander aux blancs qui bénéficient des privilèges blancs ?

Le mouvement des black panthers disent « on va s’emparer de cette question »
Les blancs leur ont demandé : comment on lutte, nous, ici ?

Malcolm X : « on va se partager le travail, nous, on va s’adresser aux militant noirs pour qu’ils aient conscience de ce système. Vous, les blancs, vous allez parler aux blancs.
Donc nous, au TO, on peut s’adresser aux blancs pour les bousculer, les conscientiser.
Mais… on ne reflète pas l’ensemble des dominations.
Comment on fait pour dire : nous avons besoin de personnes racisées dans nos groupes, car nous voulons parler du privilège blanc, et nous ne voulons pas parler à la place des personnes racisées ?
On fait un appel ! « Venez nous rejoindre, sinon cette domination va passer à l’as ».

Autre élément :
Est-ce qu’on est là par empathie, ou pour une question d’alliance ?

Exemple : les aborigènes d’Australie s’adressent aux militants de gauche : « nous, on n’a pas besoin d’alliance, mais on a besoin de complices ». On a besoin de se partager le travail pour détruire un système de domination. La complicité marque à la fois la différence et la ressemblance.
Si on est complices, le complice me rappelle à l’ordre quand j’oublie sa discrimination.

 

Parler aux blancs + avoir un débat politique sur le système global d’oppression + on n’est pas à la même place, mais on a un objectif commun : détruire toutes les formes d’oppression.

C’est une complicité. La complicité nous permet d’aborder la question de l’autorisation. Est-ce que le groupe dominé nous autorise à parler de leur domination ? Il s’agit de construire la légitimité avec le groupe dominé. A terme, la présence de racisé·es dans nos groupes est importante.

 

Question: et le black face ?

– historiquement, c’était un acte raciste, pour folkloriser le sauvage, celui qui faisait peur etc.. ça a accompagné le racisme, le système esclavagiste, sous couvert d’humour, ça ancre des représentations. De manière insidieuse : ça nous fait croire qu’on peut parler à la place de…

et donc ça favorise l’illusion qu’on pouvait évacuer les questions d’oppressions systémiques.

On peut provoquer des situations où on parle de nos faiblesses :

on a pas assez de racisé·es dans nos groupes, et on souhaite que ça change. C’est un acte de courage politique : voilà notre vouloir-être, et aujourd’hui on en est là. Travaillons à transformer notre composition sociologique.

C’est complexe, mais il faut en parler : Dire aux personnes racisées de jouer systématiquement les personnes racisées, c’est maintenir le racisme et l’essentialisation. On doit parler des conséquences pour la personne discriminée, qui n’a pas forcément envie d’être ainsi identifiée.

Parfois, la personne opprimée, on ne va pas la mettre dans cette posture, mais on va lui demander de jouer l’oppresseur. (nota : Boal nous disait toujours « qui connait bien l’oppresseur ? L’opprimé).

 

Une méthode :

Mettre en scène la difficulté en caricaturant. Par ex : caricaturer le blanc, en utilisant un masque. On peut demander à une racisée de jouer l’oppresseur, si on est vigilant sur le fait que « ça se parle ». (Baldwin : le blanc est la métaphore du pouvoir)

 

On n’a pas forcément les bonnes solutions, mais nous devons être vigilants par rapport aux dérives. Par exemple, la place délicate de joker·e. Une idée serait de faire en sorte que la place de joker ne soit pas sacralisée. Si des personnes sentent le besoin de joker un forum, qu’elles puissent le faire : le plus important : le ou la joker·e doit être proche dans son vécu de la personne opprimée.

 

Le privilège blanc : se rendre compte qu’être anti-raciste quand on est blanc, c’est inconfortable.

On ne choisit pas ses privilèges. Le seul choix qu’on a, c’est de choisir de mettre ses privilèges au service de la lutte contre les dominations. Exemple : dans une manif, si tu es blanc, vas te mettre proche des flics, tu risques moins ! .

 

Texte ré-écrit par JF à partir des notes prises par plusieurs personnes, merci à elles, au cours de la rencontre du Réseau TO en avril 2022. Ce texte a été ensuite relu et largement complété :plus de 40 lignes, par Saïd Bouamama en juillet 22. Les titres et sous titres sont largement de JF. N’hésitez pas à réagir : Les questions et remarques concernant Saïd lui seront aussitôt communiquées. Ecrire à : contact@reseau-to.fr ou appeler JF au 06 85 54 99 68

Voyage dans le réseau : le privilège blanc.

le privilège blanc (JF martel)

Réflexions personnelles sur le privilège blanc (JF Martel, 7mai 2022) A partir du forum de Naje et d’une intervention de Saïd Bouamama.

J’ai beaucoup apprécié le théâtre forum de Naje sur « le racisme structurel et le privilège blanc » fin avril 22, ces scènes que Naje a construites avec un groupe de militant·es de la LDH et des ami·es de naje racisé·es. Bravo !
J’ai noté quelques idées nouvelles de mise en scène:
Tout d’abord, deux jokères, l’une racisée, l’autre blanche. J’ai noté le bref récit, avant le spectacle, qui expliquait que pendant l’année qu’ont duré les ateliers de créations, certaines personnes avaient décidé… de finalement se considérer comme relevant de l’autre statut ! « blanc » X « racisé ».
J’ai aussi noté la trouvaille à propos de ce fait : pendant la partie forum, les acteurs-oppresseurs restent en scène, et les opprimé·es sont remplacées par le public.
Or, cela a une conséquence non désirée :
Les personnages oppresseurs dans ce type de situation sont, bien entendu, des hommes blancs, joués par des acteurs blancs ! Si bien que les acteurs blancs restent beaucoup sur scène pendant le forum. Frustrant pour les actrices racisées, non ?
Que faire ? La trouvaille a été de proposer un masque blanc, en fait gros un panneau blanc -genre raquette de tennis opaque – que l’actrice racisée tient devant elle pour intervenir en jouant un oppresseur !

Mais si j’ai aussitôt vu le racisme à l’oeuvre, les discriminations, l’oppression, je cherchais à voir… le « privilège blanc » ! Où se cachait-il donc ?

Quand les femmes racisées se taisent et que le délégué syndical, homme blanc, parle… Je vois d’abord (moi) une oppression vécue par les femmes racisées, d’autant plus que l’homme parle à leur place, de leurs propres situations ! Je voyais une domination d’un « blanc » sur des « racisées ». Donc une oppression que je connaissais déjà…
Mais Fabienne, en relisant ce texte, me rappelle (entre autres) la scène du magasin qui montrait directement un privilège blanc : le vigile dit à deux femmes blanches que « si elles ont quelque chose dans leur sac » ?… Mais n’ose pas les fouiller !
J’avoue que sur le coup, depuis la salle, le tableau ne m’avait pas frappé…
Un peu comme me promener dans la rue et « ne pas être contrôlé » je ne le vis pas immédiatement comme un privilège… s’il n’y pas un contrôle au faciès à côté !

Au cours de la rencontre du réseau TO, avril 2022, l’intervention de Saïd Bouamama sur cette question du privilège blanc, m’a, semble-t-il, éclairé. Dîtes moi si ça vous parle !
(vous pouvez mettre librement des commentaires sur le site, voir en fin d’article) .
D’abord la question de Saïd : « quand on dit « privilège » tu penses à quoi » ? Je réponds aussitôt : « nuit du 4 août 1789, abolition des privilèges ! » Mais Saïd continue :- disons par exemple que toi et moi, on sort d’une manif, à Lille. Tu rentres tranquillement, et moi, algérien, je crains d’être contrôlé « au faciès ». Disons aussi que si toi, tu veux aller faire du TO dans un pays étranger, tu obtiens ton visa rapidement, ou même tu n’en as pas besoin ! Alors que moi, il me faut parfois 6 mois pour avoir le visa avant d’aller faire une conférence.. ». etc…
Alors, abolition ? Non ! Nous ne demandons pas que tout le monde doive espérer 6 mois ou plus pour un visa ! Nous ne voulons pas que tout le monde s’attende à être contrôlé dans la rue !…

Nous ne cherchons l’abolition du privilège blanc !!!!
Nous voulons l’extension des privilèges blancs… A toutes et tous !

Ainsi, dans un forum, montrer le privilège blanc, ce pourrait être montrer le racisme et les discriminations subies, (ce que nous faisons bien entendu) mais aussi tenter de montrer que les « blancs », eux, ne vivent pas ces discriminations ? (le TO pour « rendre visibles les oppressions »). Qu’en dîtes-vous ? En tout cas, la formule m’a frappé.

Relu par Saïd et complété par Fabienne. Merci à elle et lui.
JF Martel 7 mai 2022 jf.martel@orange.fr 06 85 54 99 68

Adhérer au réseau TO version 04/22

Les adhésions concernent les groupes, collectifs, associations, compagnies, théâtres,  qui pratiquent le théâtre de l’opprimé·e.
Le réseau ne souhaite pas devenir un « super groupe de TO » qu’on pourrait rejoindre indépendamment de son groupe ! Aussi, il n’y a pas d’adhésion individuelle.
Comment adhérer ?  L’idée générale reste:  
« j’ai vu le travail de tel groupe, c’est sympa, on devrait les inviter ! » Concrètement :
Au rythme de  chaque groupe, et dans l’ordre souhaité, trois conditions pour adhérer au réseau TO
A)
partager valeurs et pratiques, (1)
B) prendre le temps de se connaître mutuellement :
-voir des manifestations des groupes du réseau,
-inviter des groupes du réseau à voir ses propres manifestations.
C) se présenter à une rencontre du réseau.

L’adhésion peut être validée à la rencontre suivante.
– Il est possible de préférer prendre plus de temps.
– Si nécessaire, un espace de débat collectif peut être créé au sein du réseau avant de confirmer l’adhésion.

En adhérant, le groupe règle sa cotisation annuelle. Celle-ci est à ajuster librement, en fonction des ressources du groupe et/ou de ses membres (2)

Les groupes adhérents à jour de cotisation sont présentés sur le site du Réseau TO, notamment sur la carte interactive des groupes. Leurs dates sont publiées, ils prennent part active aux décisions du réseau (chaque groupe a le même poids, c’est-à-dire une voix par groupe en cas de vote), leurs trajets vers les rencontres nationales sont pris en charge (ces trajets ne sont pas pris en charge avant l’adhésion). 

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(1)
les trois principes du réseau voir la page d’accueil du site www.reseau-to.fr :
– Désirer échanger entre praticien.ne.s,
– Pratiquer le théâtre de l’opprimé·e contre les oppressions,
– Préférer la coopération à la concurrence. (entre groupes TO)
-Les deux principaux modes de fonctionnement du réseau
– Alimenter la liste de discussion-diffusion ( par ex : récits, questions, demandes d’aide) a minima annoncer ses dates de spectacles ou de stages.
– Participer dans la mesure du possible, aux rencontres nationales.
-Statuts, Règlement Intérieur, charte (toujours en élaboration) : sur le site, onglet « membres » Nous y ajoutons:
– l’appartenance au réseau suppose une vigilance aux rapports de domination au sein même du réseau, et dans son propre groupe.
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(2) Tarifs d’adhésion : Le montant proposé a été calculé pour permettre une péréquation des trajets vers les rencontres nationales, ce qui constitue la principale dépense  (ainsi que  la location des salles, le maintien du site, les frais de secrétariat).
Une moyenne de 300 euros par an, MODULABLE LIBREMENT, a été votée en 2017. Mais le montant cotisé par chaque groupe est  à l’appréciation de chaque groupe, il est basé sur la confiance.

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Texte adopté les 23/24 avril 2022

Travailler avec les auteurs de violence de genre

De: Olivier Malcor
« Je vous envoie le manuel que j’ai écrit pour le réseau Européen des personnes qui travaillent avec les auteurs de violence patriarcale (WWP EN). Ce manuel contient jeux et techniques, principalement inspirées du TO, qui permettent de travailler sur le genre et la violence dans des contextes de résistance forte. Outre le travail en prison ces jeux sont aussi précieux dans les contextes qui nous sont chers, l’école, l’université, assos et organisations, manifs et places, sans parler des relations intimes…
Je remercie toutes les personnes avec qui nous nous sommes confrontées sur ces thèmes et sur ces jeux pour développer des instruments qui permettent de démonter collectivement le sexisme qui pollue nos existences. Je reste ouvert à des discussions autours de jeux qui permettent de démanteler le patriarcat. J’ai eu la chance de consulter de tous horizons pour la rédaction de ce manuel. Il y a encore beaucoup de jeux que je n’ai pas intégrés, pour lesquels nous testons des variantes, avec des groupes différents. Il y a des jeux qui ont déjà évolué, bref même si le manuel est imprimé j’espère que cette discussion va continuer et même s’élargir ».

Ce livre en ligne nous est donc proposé par Olivier Malcor (groupe TO Parteciparte, Rome) Il est en anglais. Le collectif pour qui Olivier l’a réalisé comprend de nombreux groupes en Europe (voir leur carte) https://www.work-with-perpetrators.eu/
Remarques bienvenues !
Questions à Olivier: (qui parle TB français rassurez-vous) : parteciparte@gmail.com
TELECHARGER L’OUVRAGE ( jeux, exercices, 80 pages avec photos)

Lien externe sur ton site, vers le site du Réseau TO.

TUTORIEL SIMPLE POUR INSERER UN LIEN DANS TON SITE

LE PLUS SIMPLE: 
Tu écris par exemple : Notre groupe, avec 25 autres, participe au Réseau Théâtre de l’Opprimé, www.reseau-to.fr Dès que tu vas à la ligne, ça se transforme tout seul en : www.reseau-to.fr (en bleu souligné) et tu as fini.

OU, AVEC DES INTENTIONS PRECISES :
par exemple, comme certains l’ont fait, si tu veux indiquer sur ton site:
la liste des groupes du réseau,  https://www.reseau-to.fr/site/?page_id=1575
– ou la carte intéractive des groupes du réseau  http://www.reseau-to.fr/site/carte/index.html

Tu écris la phrase choisie, (disons la seconde: carte intéractive des groupes du réseau, tu la sélectionnes avec la souris (elle se met en bleu) tu cherches l’icône « hyperlien » tu cliques desssus, une case s’ouvre dans laquelle tu copies l’adresse choisie, ici : http://www.reseau-to.fr/site/carte/index.html
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JF Martel 

La ligne des privilèges pratiquée à la RTO N°14

LA LIGNE DES PRIVILEGES (pratiquée au cours de la rencontre N°14 du réseau, une autre version propose que chacun joue son propre personnage. Voir marche des privilèges du québec

Héléna nous distribue des personnages. Chacun.e va se mettre dans un coin et Héléna nous pose des questions pour nous aider à entrer dans le personnage.

Comment a été votre enfance ?…. Comment était la maison dans laquelle vous viviez?… A quels jeux jouiez-vous?… Avec qui ?… Quel métier exerçaient vos parents? Que faisiez-vous quand venez le temps des vacances ? Que faisiez-vous les week-end ?Comment vous sentez-vous quand vous repenser à votre enfance ?… plutôt bien ?.. angoissé ? 4
A quoi ressemble votre vie aujourd’hui? Où rencontrez-vous des gens? Que faites-vous le matin, l’après-midi, le soir?
A quoi ressemble votre mode de vie? Où vivez-vous? Combien gagnez-vous par mois? Que faites-vous pendant vos heures de loisirs? Que faites-vous pendant vos vacances?Qu’est-ce qui vous motive, vous stimule ? Qu’est-ce qui vous fait peur?

Puis, nous nous mettons en ligne et le faisons. Voici les 32 phrases énoncées ensuite, l’une après l’autre.

  1. Vous n’avez jamais eu de graves difficultés financières.
  2. Vous avez un logement décent avec le téléphone et internet.
  3. Vous n’hésitez jamais à entrer dans un commerce de peur que les produits soient trop chers pour vous ou par crainte de ne pas vous sentir à votre place
  4. Vous n’avez pas peur d’être arrêté par la police.
  5. Votre orientation sexuelle n’est pas une insulte.
  6. Il est rare que des blagues vous déconsidèrent.
  7. Vous vous sentez représenté.e dans les séries, les médias, le cinéma
  8. Vous savez à qui vous adressez pour des conseils ou de l’aide en cas de besoin
  9. Vous pouvez voter aux élections locales et nationales.
  10. Vous estimez que votre langue, votre religion et votre culture sont respectées dans la société dans laquelle vous vivez.
  11. Vous avez un métier valorisant.
  12. La majorité des personnes de pouvoir dans votre vie sont à votre image= vous ressemblent
  13. Lorsqu’on vous invite à des activités, vous savez que vous allez facilement pouvoir accéder au site où se trouve l’évènement.
  14. Vous n’avez jamais fait l’objet de discrimination du fait de votre origine.
  15. Vous pouvez inviter des personnes à dîner chez vous
  16. Vous pouvez manger quand vous voulez et ce que vous voulez
  17. On ne vous mégenre pas.
  18. Personne ne vous a jamais dit que votre identité de genre ou votre orientation sexuelle était un caprice.
  19. On ne vous a jamais fait de remarque sur le fait que vous portiez un signe religieux.
  20. Vous pouvez partir en vacances au moins une fois par an…
  21. Pour vous les discriminations c’est dans la tête, c’est une impression, mais en fait ça n’existe pas
  22. Vous bénéficiez d’une protection sociale et médicale adaptée à vos besoins.
  23. Vous pouvez marcher seul(e) dans la rue sans avoir peur d’être embêté(e) ou agressé(e).
  24. Vous pouvez facilement parler avec votre entourage de ce que vous vivez
  25. Vous ne comprenez pas les gens qui se plaignent ou se victimise, pour vous « dans la vie quand on veut on peut »
  26. On ne vous accuse pas de communautarisme.
  27. Votre sexualité ne fait pas débat.
  28. La plupart du temps, vous n’avez pas à vous poser la question de votre sécurité
  29. Vous pouvez choisir d’habiter où vous voulez.
  30. Vous êtes épanoui.e dans votre sexualité.
  31. Vous avez le sentiment que vos opinions sur les questions politiques et sociales et vos points de vue sont écoutés.
  32. Vous avez une vie intéressante et vous êtes optimiste concernant votre avenir (et celui de vos éventuels enfants)

Héléna nous pose ensuite quelques questions pendant que nous restons en place :

– Qui a quelque chose à dire sur son expérience ?

– Deviner qui sont ceux de devant et ceux de derrière ?

– Enfin chacun·e dit quel personnage il/elle était

Quelques points abordés :

– Intéressant de pouvoir changer de personnage si celui que l’on a ne nous va pas ou est trop proche de nous.

– Quels sont les enjeux, pourquoi est-ce qu’on fait cet exercice ? Importance de pouvoir proposer autre chose derrière (forum…) pour ne pas rester sur un seul constat, voir de l’impuissance.

– On peut le faire avec des “doublons” de cartes (quand ce sont des personnages fictifs) pour capter la part de subjectivité / d’interprétation sur des “critères”.

Texte d’Héléna.

Rencontre N°14 sept 21

Ci-dessous:
1) QUI était là et nouvelles des groupes
2) technique introspective des besoins cachés
3) exercice de la ligne des privilèges
4) échanges et théâtre forum sur nos pratiques
5) fonctionnement du réseau:
-le processus d’adhésion,
-les projets du réseau

Les 18 /19 septembre 2021, nous étions 20 personnes venues de 11 groupes, à Loguivy Plougras chez Les Sardines. Le week-end est animé (bravo et merci !) par Héléna (Le Reuz) et Nour (A l’affût). Chaque demi-journée, une personne différente prend des notes, une autre veille au temps, une autre encore à la circulation équilibrée de la parole. On alterne aussi les moments à l’intérieur et à l’extérieur, les petits groupes et le grand groupe. Pendant 2 journées et une soirée, nous avons:
pratiqué des jeux et deux TECHNIQUES,
– partagé et JOUé EN FORUM nos propres difficultés,
– vu deux spectacles, et travaillé sur notre FONCTIONNEMENT !
Mais d’abord: Liste des participants, avec, pour les groupes arrivés tôt, une phrase sur leur actualité.

Et Toc ! (Limousin) Jean-François et Quentin toctoctoc@riseup.net
sur le contexte des agressions en soirée, nous pratiquons “Le RING” Les personnes choisissent les situations à vivre et sont accompagnées après notre scène de TF. Nous proposons aussi un travail entre mecs cis sur les manières d’expérimenter la désolidarisationmasculine.
Si les sardines avaient des ailes (Bretagne et France) Delphine et Aude silasada@lilo.org
travail en lien avec d’autres groupes. Volonté d’inclure le clown social au TO.
La Troupuscule (Drome) Marie-France latroupuscule@riseup.net
vient de se “marier” (on a vu les photos), avec le groupe de clown L’envol !
Théâtre du Potimarron (Strasbourg) Jacqueline et Jean-Mi contact@theatrepotimarron.com
Folies passagères (Toulouse) Marilableu et Suzanne avisdepas.sage@gmail.com
sur le sexisme, un TF en solo pour les enfants
Ficelle (Clermont Ferrand etc…) Noémie et Annabelle ficelleetcompagnie@netcourrier.com
travail autour de la transmission en milieu agricole et des questions que cela pose.
Le Reuz (Morlaix) Charlotte et Héléna lereuz.morlaix@gmail.com avec le planning familial, travil sur les violences faites aux enfants: “comment faire quand nous sommes témoins”.
À l’affût (Paris) Nour compagniealaffut@gmail.com (en cours d’adhésion) beaucoup de TF en atelier, pas en spectacle.
L’Attelage (Lorient) Cyprien et Frédérique lattelage.tf@gmail.com
nous travaillons sur la santé avec les patients ET les soignants
Naje (Paris et France entière) Fabienne, Farida et Fatima compagnienaje92@gmail.com
et JF Martel, secrétaire du réseau, jf.martel@orange.fr (ancien de T’OP !)

Le week-end est animé (bravo et merci !) par Héléna (Le Reuz) et Nour (A l’affût). D’autre part, pour chaque demi-journée, une personne différente prend des notes, une autre veille au temps, une autre encore à la circulation équilibrée de la parole. On alterne aussi les moments à l’intérieur et à l’extérieur, les petits groupes et le grand groupe.

UNE NOUVELLE TECHNIQUE INTROSPECTIVE
“nos besoins cachés”
animée par Noémie de Ficelle. Ce travail est encore en élaboration. Nous avons pratiqué cette technique tous ensemble avec plaisir, concentration et… rires !
Description https://www.reseau-to.fr/site/?p=7029
voir aussi un témoignage vécu de cette tehnique: https://www.reseau-to.fr/site/?p=7031

JEU AVEC PERSONNAGES : LA LIGNE DES PRIVILEGES
Hélèna nous distribue des rôles, chacun·e reçoit un petit papier.
Récit: https://www.reseau-to.fr/site/?p=7025
Héléna va ensuite énoncer des phrases l’une après l’autre. Si une assertion nous concerne, on avance d’un pas, si non, on reste là où l’on est… A la fin, on discute ! Passionnant. On est en extérieur. Dansune autre version de cet exercice on demande aux personnes de se positionner avec leur propre identité: https://www.fedelima.org/docs/RAFFUT2018/METHODO.MARCHE.DES.PRIVILEGES.pdf

DISCUTER ET JOUER EN TO NOS PROPRES PROBLEMES
Problèmes rencontrés en animation ou en spectacle, sur la question du genre, du sexisme ou autre…
3 groupes créent leur scènes. Nous présentons à tou·te·s et faisons forum.

– 1ère scène : Une joker sur une scène de sexisme (le TF “main aux fesses”) est confrontée à un homme dans le public qui ne l’écoute pas et justifie l’oppression, l’amplifie, il est en solidarité avec les oppresseurs. Elle demande du soutien à son collègue, qui est un homme et dont la parole est tout de suite entendue par l’homme sexiste.

– 2e scène : Une conseillère Mission Locale accompagne les jeunes lors d’un atelier TO. Elle intervient régulièrement pour amener des choses “hors” journée TO, répond en premier aux questions, elle monopolise l’attention et dévalorise régulièrement les jeunes. Ne respecte pas les règles, remet en question la pratique de l’animatrice comédienne TO. Moralise au lieu d’accepter le cadre de non jugement mis en place, infantilise les jeunes aussi.

– 3e scène : Suite à un atelier théorique de lutte contre le patriarcat, un groupe d’hommes pratique le TO pour mettre en pratique leur problématique. Exemple, ils mettent en scène des hommes qui ont des propos sexistes, ils cherchent des pistes: “comment les hommes peuvent réagir pour être en soutien des femmes”. Ils jouent la scène. Les comédiens sont mal à l’aise de jouer des oppresseurs sexistes et ne veulent plus être comédiens ! Le copain « animateur » est lui aussi très mal à l’aise.

DEUX SPECTACLES AU COURS DE LA RENCONTRE;
samedi soir: Théâtre Forum “Et si on rejouait l’histoire” TF antisexiste pour enfants, en solo.
Par Marilableu. Contact, présentation: avisdepas.sage@gmail.com
dimanche aprés-midi: musiques et textes chantés, sur la Commune.
Par Jean-Mi et Jacqueline contact@theatrepotimarron.com

QUESTIONS SUR NOTRE PRATIQUE
notées au fur et à mesure sur le mur “à discuter plus tard”discutées enfin de week-end.

Analyse de la pratique: L’Attelage proposera une rencontre, pour des séances de 2h de visio. OK
Ensuite, trois sous-groupes:
1) Les traumatismes des participants aux ateliers
Questionnements autour des termes : partir en vrille / troubles psychiques / traumatismes,
puis nous échangeons à partir de situations vécues. D’abord récit un échec:
je me suis fait “prendre par surprise”.
Dans un atelier découverte de 3h, un des sous-groupes choisit le récit d’un jeune homme violé à l’âge de 5 ans. Le sous-groupe dit: “on a voulu l’histoire la plus dure”… Pris par surprise je ne peux arrêter la personne qui a été choisie. Le groupe joue la scène, mais… le public est sous le choc. (Héléna: voir le site de Murielle Salmona “Mémoire Traumatique et Victimologie” sur les conséquences des violences, notamment celles subies dans l’enfance.
Stratégies proposées par le sous-groupe:
– le joker peut aussi poser ses propres limites “je me sens pas de mettre ça en scène”
-”je ne suis pas psychologue ni psychanalyste je ne saurais pas t’accompagner sur ce terrain”
– Demander: est-ce que tu te sens prêt·e à faire ça ? A aller jusqu’au bout de la scène?
– Tout au long du processus, vérifier auprès de la personne, que c’est OK de continuer
– mémo: toujours poser les objectifs, dire que les émotions peuvent arriver, rappeler les règles.
– Le groupe est-il OK pour recevoir l’histoire ? Offrir la possibilité de ne pas jouer (ni regarder).
– En spectacle, avoir un joker sur scène, un autre dans la salle pour repérer et venir en soutien aux personnes du public qui en auraient besoin, en inciter d’autres à intervenir… C’est ce que font Serge et Jean-Pierre du groupe TO de Cherbourg, qui travaillent beaucoup sur la santé mentale. Contact: Serge Saccon 06 50 32 35 18 sergesaccon@live.fr
– Bien demander à la personne “quelle est la question que tu veux poser au public? “
Certains recommandent à ce sujet deux BD de Steeve Hainez “Le trauma, quelle chose étrange” et “La douleur quelle chose étrange”. Voir : “Premiers secours en santé mentale” une formation proposée par la région Bretagne aux professionnel.le.s et bénévoles intervenants auprès des jeunes).

Autre récit (réussi !) dans un stage, une jeune femme raconte, elle a été violée il ya dix ans, par son cousin. Elle veut en faire un théâtre forum. Discussion avec elle sur la question qu’elle veut poser. En gros, c’est “vais-je porter plainte maintenant ? les animateurs renvoient au lendemain et lui proposent une technique introspective: Le futur qu’on craint”. C’est OK pour elle et pour le groupe aussi.

2) Nos besoins de supervision
C’est un besoin exprimé par certain·es. Que pourrait-on mettre en place à distance ?
-Envoyer un mail à tout le réseau si on le sent bien, OU cibler la personne à qui on aimerait demander un coup de main. (voir les coordonnées sur le site, page “membres”, rubrique liste).
-peut-on identifier les personnes qui seraient volontaires ?
– on pourrait aussi former des binômes, ou une chaine d’entraide, avec des RV réguliers en visio ?

3) quelqu’un entend des voix: comment mettre en scène sa problématique ? La personne dit “je ne m’entends plus, je veux qu’elles se taisent”
Proposition: mettre en scène des moments concrets, réels, où elle vit douloureusement la situation. Par exemple en famille ou à l’école, avec les autres qui essayent de l’aider. c’est eux qu’on pourrait alors remplacer. Voir l’association : les entendeurs de voix. (référence?)

REFLEXION SUR LE RESEAU: LES ADHESIONS modalités, critèresLecture, discussions par groupes de 3 du texte existant, mise en commun, et suite le lendemain.
Aprés la rencontre, l’équipe d’organisation propose un texte à valider.  lire ci-dessous l’ancien et le nouveau texte: https://www.reseau-to.fr/site/?p=6651

Le contenu de nos échanges:
-Prendre le temps pour l’accueil et l’arrivée des nouveaux dans le réseau.
-Dans le processus d’adhésion, ne pas mettre d’ordre chronologique des démarches
-Le réseau n’est pas l’endroit où on découvre le théatre de l’opprimé.
-Validons les adhésions une fois par an en AG.
-Faut-il ajouter un droit de véto à l’adhésion d’un nouveau groupe ? (Non consensuel).
-Continuer le travail d’écriture inclusive du texte sur les adhésions
-La partie “aller voir le travail” pourrait être perçu comme une forme “d’examen à passer”.
-Faut-il ajouter aux conditions d’adhésion: “lutter contre les oppressions à l’intérieur des compagnies et à l’intérieur du réseau” ? Comment le réseau s’emparerait-il de cette question?
– Non, plutôt amorcer cette question par une mention dans les statuts ou la charte.
-Qui veut réfléchir sur la lutte contre ces oppressions, internes aux groupes et au réseau ?
-Envisager des modalités d’accompagnement des conflits ?
-Comment suivre le fonctionnement réel des groupes, au-delà des valeurs ?
-Regarder la charte de plus près, la travailler, elle concerne aussi la question des adhésions
-Préciser quel est l’engagement mutuel entre les adhérent.es et le réseau
-La rencontre réelle est importante, ne pas utiliser la visio comme alternative.
-Une personne physique peut-elle adhérer? Pour nos statuts les adhérents sont des groupes.
Une personne seule, sans association, ne peut adhérer. La question se pose lorsqu’une personne souhaite rester dans le réseau, alors qu’elle quitte un groupe ou que son groupe disparait.
Deuxième échange:
>
Ce qui ressort : il y a besoin de se laisser du TEMPS. D’abord une première prise de contact, venir à un AG, à une rencontre, puis on en discute, cas pas cas, voir s’il y a de la fluidité, s’il n’y en a pas, un espace de débat collectif peut être mis en place (avec ou sans le groupe) pour voir si ça semble ok pour tout le monde… Prenons le temps de la rencontre approfondie.
> la question “d’aller voir” le travail du groupe qui veut adhérer peut être perçu comme trop jugeant … (peut-être on ne le met pas).
> ce texte doit être simple, il s’adresse aux nouveaux.elles arrivant.es. Les détails sur les valeurs, les résolutions de conflit, l’exclusion, etc… sont à développer, mais dans la charte.

LA COTISATION: Elle est librement fixée par chaque groupe. La base proposée est de 300€ par groupe et par an. (concrètement: de 50 à 750 jusque là).
Celleux qui ont les moyens paient plus, celleux qui ont moins les moyens payent moins. Mais comment se repérer ? Pourrait-on mettre en place un mini-barème indicatif, sur le mode déclaratif, sans contrôle, genre: 0,5% du revenu de la Cie? On pourrait écrire par exemple cotisation : en fonction des revenus du groupe. Mais aussi, pour les groupes bénévoles, fonction des revenus de ses membres.

REFLEXIONS SUR LE RESEAU: PROJETS, FONCTIONNEMENT5 thèmes. N°6: adhésion, voir + haut). technique de la circulation de table en table, dite du world café

1) vers un projet collectif du réseau ?
Revient l’idée de faire un festival ? Mais nous n’avons l’énergie disponible.
-Plutôt développer les temps de rencontres, pour faire ensemble. Avec plus de temps ensemble ou plus de personnes de chaque groupe.
>Mais aussi valoriser ce qu’on fait déjà, et c’est un gros travail !
-ex: le “labo sur les techniques de travail introspectif en spectacle” proposé par Si les sardines qui invitent les groupes du réseau (26-27-28 nov),
-ex: l’analyse de pratique initiée par l’Attelage... (série de 2h en visio)

2) les voyages au sein du réseau

-Les voyages en commun pour aller chez les un.e.s et les autres… freins: le coût et le sens.
-Nous souhaitons plutôt valoriser les contacts au sein du réseau et favoriser les collaborations:
par exemple faire de la co-intervention sur un événement qui s’y prête, faire venir un.e intervenant.e d’un autre groupe sur un projet particulier, ou en observateur.ice, organiser un “labo” ou une résidence sur un sujet travaillé transversalement par d’autres groupes du réseau, proposer un stage…

> Conclusion: pas de financement si c’est juste “aller voir” une production d’un autre groupe. S’il y a une construction commune, la question se pose. Il s’agira alors de trouver des financements.

3) Le site internet
– C’est actuellement notre vitrine. Malgré les achats de noms de domaines, il est insuffisamment présent dans les moteurs de recherche.
Nous aimerions que tous les sites des groupes fassent apparaitre un hyperlien vers le site du réseau pour augmenter sa visibilité: un “backlink”. JF est chargé d’envoyer explications et tutoriel. voir: https://www.reseau-to.fr/site/?p=7024
– Le mot de passe de la page réservée aux membres est ré-envoyé régulièrement dans les “ACTU du réseau”. Rappel de ce mdp: 77participants

4) La gouvernance
> comment renouveler le Bureau du réseau ? (rappel: nous n’avons pas de CA, mais une AG et un Bureau composé (a minima) de 4 personnes venues de 3 groupes différents.
> élections par tirage au sort ? ou “élections sans candidat”?
> on évoque la création d’un poste salarié “animateur.ice du réseau” (mais pourquoi? Et qui serait concrètement employeur ? (le bureau, le ou la présidente? Réfléchir…)
>
les statuts prévoient qu’au bout de n relances de cotisations ou d’appels à participer, un groupe peut ne plus faire partie du réseau… (à préciser)

Clarifier les rôles du bureau. Voir le texte du bureau actuel: https://www.reseau-to.fr/site/?p=5452

– Certains portent beaucoup, “faudrait que ça tourne” ! Qui en a envie ? Notamment:
d’ici la prochaine AG, que quelqu’un.e se propose pour la trésorerie (Fatima le.la formera)
Le secrétaire (jf) a besoin de relais. L’actualisation et la maintenance du site peuvent être partagées, quelqu’un·e pourrait s’occuper de la page agenda, un·e autre de la page contact, etc. Qui se propose?
Qui peut succéder à Philippe pour la page agenda ? (Marie-France peut-être ? Aude contacte Chris-tophe qui saurait peut-être mettre en lien les pages agendas et calendrier, évitant un double travail.

5) Les nouveaux dans le réseau
on est toujours le.la nouveau.elle de quelqu’un.e !
– prendre soin de ces accueils de nouveaux, raconter l’histoire du réseau T.O.?
– Comment on pourrait clarifier les rôles, d’une instance qui serait en charge de :
l’accueil / l’écoute des problèmes/ la répartition du temps en rencontre / la résolutions des conflits/…
– Sur la question de l’intégration ou non d’un nouveau groupe: voir le travail sur les adhésions.
Moyens financiers
Nous avons décidé, d’annuler la cotisation de 2020, sur proposition du bureau, motif: pas derencontres en 2020. Les groupes qui ont cotisé en 20 ne cotisent pas 2021. (covid-party youpi)
Deux idées surgissent pour financer l’analyse de la pratique, les travaux en commun…
– faire une demande de FDVA (Fond Développement Vie Associative)
– faire une demande de fond de formation, (CPF) mais il faut engager une boite de formation extérieure

La prochaine rencontre du réseau
Nous décidons de revenir cette fois encore à Loguivy Plougras, au printemps !
Quand ? Les idées fusent. Pendant que les sardines du désert sont en France ? Au début ou à la fin des vacances de printemps des 3 zones ? le grand week-end de l’ascension ? Notons que certains groupes travaillent davantage le week-end ! ???…. Ouf Marilableu lance un framadate. Décision 18 octobre. QUI prépare et anime ? Cyprien (l’attelage), Marie France (La troupuscule) et Jean François (Et Toc !) sont partant·e·s. Mais: incertain·e·s de leurs disponibilités, ils sont co-responsables de s’assurer qu’il y ait une équipe pour les prochaines rencontres.
Synthèse des notes prises par les volontaires tout au long du week-end, regroupement et relecture Héléna, mise en forme JF, relecture et validation par l’équipe de préparation.

Adhérer au Réseau TO

Adhérer au Réseau Théâtre de l’opprimé·e (rencontre du 18 sept 21)
Sur le fond : c’est d’abord se connaître et partager valeurs et pratiques (tel que définies dans la charte). Les adhésions concernent les groupes, collectifs, associations, compagnies, théâtres  qui pratiquent le théâtre de l’opprimé·e.

Pour faire une demande d’adhésion, après avoir vérifié être en adéquation avec les valeurs et principes de fonctionnement du réseau (inscrits dans la charte),  il est possible de venir se présenter à une rencontre nationale. Les membres du réseau peuvent inviter de nouveaux groupes à prendre part à ces rencontres mais il est aussi possible pour un nouveau groupe de faire lui-même la demande de participer. 

Un espace de débat collectif peut être créé au sein du réseau pour confirmer l’adéquation du nouveau groupe  à ses valeurs.

L’adhésion peut être acceptée à la rencontre suivante (il est possible de prendre plus de temps avant d’acter l’adhésion). En adhérant, le groupe règle sa cotisation annuelle. Celle-ci est à ajuster librement, en fonction des ressources du groupe et/ou de ses membres1.

Les groupes adhérents à jour de cotisation sont alors présentés sur le SITE et sur la CARTE interactive des groupes, LEURS DATES sont publiées, ils prennent part active aux décisions du réseau (chaque groupe ayant le même poids, c’est-à-dire une voix par groupe en cas de vote), leurs TRAJETS vers les rencontres nationales sont pris en charge (mais ces trajets ne sont pas pris en charge avant l’adhésion).
Les 3 principes du réseau sont sur la page d’accueil du site www.reseau-to.fr :
– Désirer échanger entre praticien.ne.s,
– Pratiquer le théâtre de l’opprimé·e contre les oppressions,
– l’appartenance au réseau implique une vigilance aux rapports de domination au sein même du réseau,
– Préférer la coopération à la concurrence.
Nos statuts, Règlement Intérieur, et notre charte (toujours en élaboration) sont visibles sur le site à l’onglet membres.
Les deux principaux modes de fonctionnement du réseau :
– Alimenter la liste de discussion-diffusion au moins avec ses dates de spectacles ou de stages, et aussi demander ou proposer de l’aide.
– Participer dans la mesure du possible, aux rencontres nationales.

1 Concrètement les adhésions se sont échelonnées de 50 à 750 euros. Une référence de 300 euros a été proposée à l’AG 2019, calculée pour pouvoir rembourser les trajets de nos rencontres et quelques frais du réseau.

Adhérer au Réseau Théâtre de l’opprimé (texte précédent, de l’été 21)
(les phrases en rouge sont de nouveaux ajouts)
Sur le fond : c’est d’abord se connaître et partager valeurs et pratiques
-Les adhésions concernent les groupes, collectifs, associations, compagnies, théâtres qui pratiquent le théâtre de l’opprimé.

-Elles sont acceptées en AG,
par consensus, ou simple constat,  ou par vote à la majorité simple par les groupes déjà adhérents.

PROCESSUS (A,B,C,D)
– A) faire la demande d’adhésion en connaissance de cause (approuver nos principes et notre fonctionnement (1) Concrètement :
-soit quelqu’un du réseau connait le travail de ce groupe, et le présente au réseau, soit la demande est faite spontanément par un groupe « inconnu » ce groupe peut alors se faire connaitre par des invitations à voir une partie de son travail.
– C) se présenter à une rencontre nationale.
ou à défaut, à une rencontre régionale, ou…une visio conférence ).
– D) L’adhésion est ensuite acceptée à l’AG suivante. Le groupe règle sa cotisation annuelle. Celle-ci est à ajuster librement, en fonction des ressources du groupe, autour de la base fixée en AG (en 2019: 300 euros).
Les groupes adhérents à jour de cotisation sont alors présentés sur le SITE et sur la CARTE interactive des groupes, LEURS DATES sont publiées, ils votent (une voix par groupe quelle que soit sa taille), leurs TRAJETS vers les rencontres nationales sont pris en charge. 

(1) les 3 principes du réseau sont sur la page d’accueil du site www.reseau-to.fr : désirer échanger entre praticiens, pratiquer le théâtre de l’opprimé contre l’oppression, préférer la coopération à la concurrence. Nos statuts,RI, et notre charte (toujours en élaboration) sont visibles sur le site à l’onglet membres. 
Les deux principaux modes de fonctionnement du réseau : 
-Alimenter la liste de discussion-diffusion au moins avec ses dates de spectacles ou de stages, et aussi demander de l’aide, proposer des coups de main.
-Participer dans la mesure du possible, aux rencontres nationales. 

Texte envoyé en mars 20, discuté en mars 21 en visio, amendements été 21, il fera l’objet d’une discussion en sept  21 pour modification et adoption en AG.

Déontologie: liste, site Adhésion : modalités

DEONTOLOGIE et fonctionnement DE NOTRE LISTE et de NOTRE SITE

– BUT : Notre liste est destinée à diffuser les activités, réflexions, récits, remarques, concernant le THEATRE DE L’OPPRIME.

– MODERATION : il n’y a pas de « modération a priori »des échanges. Tou·te·s les personnes abonné·es à la liste (et seulement ces personnes) peuvent envoyer leurs textes signés, à :  participants@listes.reseau-to.fr

– REPONSES, MISES SUR LE SITE : tous les participant·es peuvent répondre, réagir, sur la liste, proposer des modifications à l’auteur·e. Aucun texte ne sera mis sur le site sans accord de l’auteur·e. Le site comporte une partie publique, et une partie accessible aux abonné·es.

DEONTOLOGIE :
a) pour nommer quelqu’un ou un groupe.
Si dans un texte une personne ou un groupe est nommé, au minimum lui envoyer le texte AVANT de le publier. Mieux encore: discuter ensemble de ce qu’on publie. Pour diffuser un texte (ou une citation) écrit par une autre personne : obtenir au préalable l’accord de l’auteur·e.

b) la « netiquette » Pas de mise en cause d’une personne ou d’un groupe sur la liste, pas de propos humiliants, ou même jugeants ou moqueurs : préférer absolument avoir un échange direct et privé avec cette personne ou ce groupe.

c) Les notes des rencontres du réseau sont résumées. Avant de les diffuser puis de les mettre sur le site, veiller au passage de l’oral à l’écrit, éliminer ce qui est confidentiel, demander l’accord aux intervenant·es qui peuvent alors compléter, éventuellement rectifier.

CONSEILS PRATIQUES :
Demander de l’aide sur cette liste ? Ne pas hésiter. Il y a toujours au moins une personne (ou l’adresse contact) qui répondra rapidement.
Destinataire(s) : D’abord, choisir: j’écris à toute la liste ? A une seule personne, à un groupe, à tous les groupes ? (listes consultables sur le site).
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Texte complété par JF en janvier 21 modifé en août, à soumettre à adoption par l’AG. 

TF: Cancer et créativité !

Le 12 juin 2015 Je suis allé voir le Potimarron et son théâtre forum :
«les fenêtres ne sont plus au même endroit»
J’ai eu envie de partager ce que j’en ai retiré, car c’est en cherchant à apprendre des autres que la coopération peut nous faire progresser. Ceci n’est donc pas un résumé de la séance, mais surtout les bonnes idées que j’y ai glanées.

LE CADRE DE L’ATELIER
Ce théâtre forum a été créé et joué par groupe de soignants et de soignés, du service oncologie de Mulhouse, avec Jacqueline du Potimarron, pour la 16ème journée d’étude de l’asso « psy-oncologie », intitulée : « cancer et créativité ». Jacqueline a mené cet atelier avec Frédéric, en stage au Potimarron. Psy et soignants, malades, aidants (associations ou entourage), le groupe est réellement composite. Ils ont pu répéter (juste un peu !) la veille. Ici, l’état de santé de certains s’ajoute aux autres contraintes horaires que l’on connait partout. Ils n’ont finalement eu que 20h avant de jouer, sur les 26h prévues. Mais Jacqueline est confiante, pleine d’énergie, et c’est contagieux !
Les histoires. Ils ont pris le parti de « coller » à des histoires personnelles choisies par le groupe. ()Parfois, on décide de choisir des thèmes et on crée un scène à partir de plusieurs récits. Après le premier week-end, le contenu du spectacle était prêt. Il leur restait environ 8h pour travailler le modèle et son interprétation, préparer les personnages.

LE CADRE DE SPECTACLE
Sur place, Ils n’auront qu’une demi-heure pour « filer », avant de jouer, pendant la pause repas. Car toute l’équipe participe à l’ensemble de la journée, certains sont même organisateurs ou intervenants. Ils ont dû conserver la grande table pupitre traditionnelle d’un amphi ! (elle servira de lit, de fauteuil, etc…) mais presque tout va devoir se jouer devant ce pupitre, avec à peine 2 mètres de profondeur. Nous nettoyons le fond de scène de ses panneaux liés au congrès, ils installent des paravents légers devant les portes de l’amphi, qui font coulisses, à cour et jardin, et des cubes noirs, le tout apporté le matin même de Strasbourg : matériel très efficace, idée à garder.

DEBUT DE LA SEANCE
Filage technique (uniquement entrées sorties, accessoires). Jacqueline donne quelques consignes auxquelles elle tient absolument: visages « ouverts » souriants, regards au public, voix au public ! Elle fait vérifier les places de chacun en coulisses, hop, il est l’heure ! 200 personnes entrent rapidement et s’assoient sagement. Dans un amphi avec ses marches et ses sièges avec tablette, quel jeu faire ? Ce sera : « traverser la salle en tenant toujours au moins une main ». Même s’ils ne suivent que partiellement les consignes, notamment celle de « traverser la salle », l’ambiance se détend, rires.
Jacqueline dit un texte court, que j’ai trouvé très clair : « toutes les histoires sont vraies. Tout le monde peut s’emparer du T.O. pour lutter contre les oppressions. Notre point de vue, sera celui des soignés, puis celui des soignants, avec leurs volontés d’agir, l’entourage étant un frein ou un appui… Le forum est un débat sur scène, à la place du personnage qui tente quelque chose contre les oppressions ! » Elle parle aussi d’intelligence collective, de l’importance d’être sincère, pas forcément de trouver la solution, mais de faire des propositions en solidarité avec l’opprimé.
20 mn après l’ouverture des portes, après l’installation, les présentations par les organisateurs, le jeu, le texte de la jokère : le spectacle commence.

LE SPECTACLE
Deux types de scènes se succèdent, dont voici quatre extraits. Elles sont ainsi annoncées :
« une scène qui donne des forces » quand il s’agit d’une scène qui parle d’espoir, où on ne fait pas forum,
« une scène où nous allons faire forum, remplacer le protagoniste » quand il s’agit d’une scène d’oppression.
Scène « face au médecin conseil »
Celui-ci, en accord avec le mari de la malade, tente de lui faire reprendre le travail, alors qu’elle dit ne plus en pouvoir, après toutes ses chimiothérapies, et avoir besoin de temps. Seule une amie la soutient dans sa demande de repos. C’est elle -l’amie- que la salle veut remplacer.
Réflexions sur le ou les antagonistes: souvent la spectatrice a travaillé seule, pendant le forum. Les acteurs antagonistes avaient du mal à développer la « ligne » de leurs personnages, ou à être éventuellement ébranlés, car il faut de l’entraînement pour cela. Mais surtout (mon hypothèse): tout le monde semblait ravi de voir la ténacité du discours de l’amie, y compris les acteurs  ! J’ai souvent vu cela en France, et en Inde : Les autres personnages ne réagissant pas à l’intervention, celle-ci est surtout déclarative. Mais c’est parfois le but : « si vous pouviez parler, sans entraves, que diriez-vous ? » Comment arriver à parler des conséquences, des suites des propositions ? Si l’équipe n’y est pas prête, une des possibilités du joker serait de questionner le public: notamment « qu’en pensez-vous ? l’amie partie, la scène reprendrait-elle de la même manière ?
Scène du malade créatif
Une soignante soutient monsieur Etienne, hospitalisé, qui lui explique, tout sourire sur son lit, qu’il a de nouveaux projets professionnels, il prépare sur internet la création de gîtes ruraux… Tout le monde est ravi. Mais sa femme arrive : elle réprouve même l’idée qu’il puisse avoir des projets. « dans ton état ». Conflit : elle demande à la soignante d’arrêter de l’approuver, et appelle la hiérarchie médicale. « Docteur, venez on ne peut pas le laisser faire !»
Plusieurs remplacements de l’Aide Soignante qui s’entend répondre :« je suis sa compagne, JE SAIS ce qui est bon pour lui » .
Je souligne là un type d’intervention du personnage oppresseur : Dans cette scène, la comédienne « oppresseur » rebondit sur les propositions de la spectatrice. On découvre un aspect de son personnage, qu’on n’avait pas entendu dans le modèle, on apprend donc quelque chose. On dit souvent que les interventions sur scène devraient nous permettre d’explorer des pistes de solutions, mais aussi de dévoiler le « loch ness » : les parties inconnues de l’antagoniste.
Plus tard, l’épouse veut virer la soignante de la chambre, mais la spectatrice ne se laisse pas faire ! L’épouse insiste.
On avait là un exemple de l’équilibre, comme dans le jeu du « pousser l’un l’autre » : l’antagoniste a su trouver des réponses adaptées à la force de la spectatrice. Ne pas l’écraser, certes, mais aussi lui donner du grain à moudre, lui donner de quoi combattre.
Je remarque ensuite que M. Etienne n’a pas été intégré à la discussion qui le concerne. Comment aurait-on pu mettre cela en évidence ? Questionner la salle là-dessus ?
Scène de la psy: une malade désespérée et sa psy, à l’hôpital.
La malade répète : « JE – VAIS – MOURIR , JE – VAIS…». C’est poignant. Elle parle à la psy de l’avenir qu’elle envisageait, de ses projets avec ses enfants, qui ne se feront pas. La puy est livide, statufiée. La malade termine par « j’ai l’impression que… ça ne va pas… vous êtes choquée… ». Départ de la malade. La psy nous dit sa pensée à voix haute: « comment pourrais-je l’aider… j’en peux plus » Il est clair que la psy ne supporte plus d’être le réceptable de toutes ces douleurs. Elle en parle à un soignant. Ouf, on sent qu’elle demande de l’aide, on espère. Mais on lui répond en vitesse: « oh, c’est courant, vous n’avez qu’à demander, et on vous donnera des médicaments pour surmonter tout ça !» Elle se retrouve seule, submergée.
Très vite, les gens veulent remplacer… la soignante aux médocs ! Il me semble que la pensée à voix haute de la psy, tout à l’heure, cette trouvaille de mise en scène, pourrait être davantage développée, pour nous faire partager sa détresse, et susciter ainsi la solidarité par identification: elle devient alors la protagoniste qu’on a envie de remplacer.
Réflexion: dans quelles conditions et dans quel but est-il judicieux de remplacer l’oppresseur ?
Ici, l’oppresseur est remplacé par quelqu’un de solidaire. On pourrait laisser l’oppresseur en scène et ajouter la spectatrice, certes, pour développer un conflit entre elles. Mais on pourrait aussi en profiter pour avoir un débat sur nos volontés, sur notre (ou nos) images idéales : quelle serait la personne aidante idéale ? Avec plusieurs propositions, puis ensuite, chercher ce qui empêche la psy de recevoir une autre aide, et où sont les résistances ? C’est ce qu’on fait quand on utilise cette dynamisation d’image qui consiste à créer une image idéale, puis passer de l’image réelle à l’image idéale clap par clap, puis faire aller chaque personnage vers… sa propre volonté ! Et bien entendu, constater l’écart.
Les images idéales, en groupe de création, ou même en spectacle, pourraient permettre un débat ; veut-on une autre psy, une supervision, veut-on une autre organisation du service avec des heures de séances collectives ? etc…)
Autre option: on peut aussi accepter les remplacements de l’oppresseur sur scène pour en montrer des variantes que le public connait, et qui n’étaient pas dans le modèle, le remplacement a alors pour but de compléter (ou corriger!) notre modèle, AVANT d’entamer le forum.
La dernière intervention (remplaçant la soignante aux médocs par une soignante « idéale » donc) aboutit au projet d’en parler en réunion de professionnels, plutôt que de recourir aux médocs. (le côté institutionnel apparait, et est souligné).
JJ fait une synthèse brève, comme à chaque fois. Ce que je trouve intéressant dans la brièveté : on peut souligner quelque chose, ou questionner, mais inutile de répéter aux gens ce qu’ils viennent de voir, place au théâtre.
Question discutée avec Jacqueline: le choix de l’antagoniste principal.
Jacqueline m’avait fait part d’une question à propos du degré d’identification possible, et d’une discussion au sein du groupe.
L’histoire apportée par une participante  : un médecin propose des psychotropes à une psy, pour « régler » un problème rencontré au travail. « Mais, préférer les médicaments pour masquer un problème, cela n’est pas propre aux médecins » dit un des responsables du projet, « les médecins ne vont-ils pas se bloquer en voyant qu’on leur tombe dessus ? »  Une autre hypothèse est avancé et rejetée : « et si c’était une infirmière qui proposait de se médicamenter ? » La profession serait-elle moins susceptible ? Ou plutôt, située plus bas dans la hiérarchie, ce serait à elle d’endosser le mauvais rôle ? Décision finale: la personne qui propose le psychotrope portera un badge générique : soignant. Ce sera au spec-acteur de situer son antagoniste dans la hiérarchie, et d’agir en conséquence.
Réflexion: dans d’autres groupes, la question se pose parfois, et va au-delà de l’auto-censure ou du manque d’audace : comment être efficace dans la mise lumière d’une oppression et la recherche de ripostes?
Une scène qui donne espoir (pour finir la séance)
Depuis sa chambre d’hôpital, Jean, très malade a organisé un voyage en bateau, (le dernier?) avec toute sa famille. L’assistante sociale arrive, regarde le dépliant du voyage. Jean lui parle de tempête, de « quarts à prendre » Toute la famille arrive, ils sont tous ravis, les soignants semblent un peu inquiets mais ils se rallient. Sourires, famille unie qui entoure le malade. Happy end. JJ nomme : ce sont « Des paroles qui ressuscitent ». ils utilisent au mieux le pupitre inamovible de l’amphi, et l’image de la réunion familiale autour du malade est très réussie, je trouve. (avec justement une créativité du malade, et c’est le titre du colloque).
Tous se mettent en ligne, sous les applaudissements nourris.
Puis, une des « soignées » du groupe de participants, dit, d’une toute petite voix : « voilà, c’est fini…. » Très émouvant. On sent que ce fut une belle aventure. Une autre lit un texte : « …dans l’atelier, une vraie rencontre… pas de minauderie… à plus, on est plus forts… le voix se sont reconnues, les voix ont monté en force… on a osé ! »

Quelques remarques, après le forum
Ambiance  :
les acteurs ont bien joué le jeu, en confiance, parlant face public, utilisant l’espace réduit de la scène. Et la salle aussi a très bien joué le jeu. J’ai trouvé le rythme rapide ET sans stress! Le dispositif de faire forum ou non, en l’annonçant  au fur et à mesure, sur certaines scènes, a très bien fonctionné, permettant un grand dynamisme. (Quelquefois on attend la fin des modèles avant de faire forum). Je le leur ai dit.
Bilan avec les participants :
Une des femmes a raconté une retombée du spectacle dans sa vie personnelle, avant même qu’il ne soit joué ! Pour apprendre son texte, elle demandait à sa fille (jeune adulte) de lui donner la réplique : elle joue la femme dont le conjoint est dans le déni et veut la remettre au travail dès sa sortie de l’hôpital. Sa fille lui dit : « oh oh, ce mari me fait penser à quelqu’un » ! Elle en vient ensuite à demander directement à son mari de lui donner la réplique. Lui : « hm, c’est de moi qu’il s’agit ? » réponse : « oui, un peu… »Et dès le lendemain, sa fille lui dit : oh là là, maman, t’as vu ? « papa a changé ! » Puis j’ai préféré les laisser entre eux… Comment faites-vous, les autres, avec ce type de bilan à chaud ? Extraits de discussions que nous avons eues ensuite, avec Jacqueline, puis en réunion du réseau. Interrogations ouvertes, concernant notre travail de joker.

Ambiance et jokère
Oui, la jokère impulse un style, une ambiance. Jacqueline était confiante. 20h de travail seulement avec ce groupe composite, pour un colloque national auquel un autre groupe de forum avait été invité une autre année, mais peu apprécié… Pleine de rythme, souriante, avec quelques injonctions avec lesquelles elle ne transige pas : être présent à l’heure, parler face public, être au bon endroit avec ses accessoires avant de jouer, savoir son texte, regards directs. bref, on est fiers de nous, mais sans stress !! Et tout le monde sourit à commencer par elle, en accueillant le public.
Nous voulons que les personnages oppresseurs (et les autres!) continuent à exister pendant le forum.
comment les y préparer ? Les interviews de personnages, bien sûr, et l’entraînement au forum au cours du stage, les jeux comme « pousser l’un l’autre ». Mais… On a si peu de temps ! Une fois, ma co-animatrice faisait les filages successifs des scènes, et pendant ce temps-là, je faisais des interviews de personnages avec les autres.
On peut aussi, avant la reprise du spectacle, rejouer des interventions des spectateurs et s’entraîner à proposer des réactions (arguments, postures, déplacements) aux personnages restés en scène.
On peut aussi, dès le travail de création, à partir des scènes racontées, jouer à : « et si tu faisais ceci ? Ou cela ? » Et on propose de l’improviser, avant même que la scène soit complètement construite.

La question du SON : comment entendre le spec-acteur depuis la salle.
Les acteurs ont tendance à s’aligner sur son niveau de voix. Alors, parfois, on n’entend plus personne. Sempiternel problème : si je lui tiens le micro, je suis dans l’image, au milieu de l’image, qui est donc brouillée. Si je lui donner le micro, il ou elle risque de discourir face au public au lieu de jouer, cela gêne sa liberté de mouvement, et les autres risquent de se mettre en position d’écoute passive !
Bien sûr, on peut s’imposer de parler fort au spectateur, ce n’est pas toujours facile, mais ça peut l’entraîner à parler fort, lui aussi. On peut aussi s’entraîner à trouver des tactiques pour qu’il ou elle se tourne face à la salle, le joker peut aussi faire office de haut parleur, en répétant, mais ça casse un peu la spontanéité…
Sinon, je n’ai trouvé que 3 remèdes :
1) le micro casque ou micro serre-tête, que l’on met à chaque spec-acteur. (pas si difficile que ça en a l’air, pas si cher, un seul suffit).
2) à la rigueur, l’acteur remplacé, baissé prés du sol, qui tient le micro du spectacteur.
3) des micros suspendus, même s’ils sont visibles (solution systématique des indiens de Jana Sanskriti en plein air).

Dynamique du modèle et de la séance
l’idée d’intercaler des scènes de TF et d ‘autres scènes a très bien fonctionné. Et puis, j’insiste : c’est donc possible, avec 15 participants « mixtes », en si peu de temps, de monter un théâtre forum et le jouer pour un congrès ! La méthode du TO est puissante, mais ne serait rien sans l’énergie et l’implication.

Je suis ravi d’avoir rencontré ce groupe et vu ce théâtre forum. Je propose qu’on se fasse part de ce qu’on trouve intéressant, ce qu’on retient en voyant les théâtre forums des uns et des autres.
Rédigé à partir de mes notes du 12 juin 15 envoyées à Jacqueline. Un texte a été présenté à la réunion du réseau le 4 oct, (merci aux présents). En voici une nouvelle rédaction en nov. Merci à Eva pour ses remarques. Document de travail du réseau. Ne pas diffuser sans autorisation.

JF Martel, Lille. jf.martel@orange.fr 06 85 54 99 68