Texte d'invitation à la rencontre initiale

A) 3 principes, qu’en pensez-vous ?

  • Coopérer avec  les groupes de TO pour qui « le théâtre de l’opprimé, c’est fait pour lutter contre les oppressions ».
  • « la coopération c’est mieux que la concurrence », la coopération permet la synergie et aussi la recherche et le débat.
  • Le leadership : personne, ni aucun groupe, ne peut se targuer de « l’argument d’autorité » pour rassembler autour de lui.

Un peu d’histoire: la référence  « méthode Boal » ou « Théâtre de l’Opprimé » n’a plus la légitimité liée à un personnage faisant autorité, depuis la mort d’Augusto le 2 mai 2009, voilà plus de 4 ans. Une rencontre mondiale des « jokers » au CTO Rio en 2009, a parlé, sans décision, de « comment démocratiser » L’OITO : l’organisation internationale du théâtre de l’opprimé, dont Boal a écrit la charte, et du site qui y est lié (theatreoftheoprressed) L’OITO et les pages jaunes du site sont une belle réalisation, mais c’est juste une liste, qui recense des groupes dans le monde. (note: pas de m.a.j. depuis 2009)

B) l’opportunité: qu’en pensez-vous ?
En France, le CTO-A.Boal de Paris a voulu fédérer les groupes français. (Il s’est dispersé en 98). Il est temps, non pas de « faire table rase » du passé, mais de tourner la page, c’est-à-dire d’écrire la page suivante ! Quelles relations, quelles coopérations souhaitées, entre les groupes qui existent en France ?

C) la coopération existe déjà, nous ne partons pas de rien, quelles sont vos expériences, que souhaitez-vous développer?
Des groupes existent, travaillent, produisent des spectacles et des ateliers, parfois des newletters.
Certains groupes ou personnes ont pratiqué des « mises en réseau » qui se sont traduites par des coups de main mutuels, des échanges de comédiens, de jokers, des participations à des formations données par d’autres groupes, la participation de certains à plusieurs groupes TO, des informations mutuelles sur les projets, et des propositions coopératives (genre: j’ai un appel d’offre, ou une commande prés de chez vous, voulez-vous le faire? ou… vous avez créé un TF, venez le jouer chez nous… Quels sont vos besoins, vos idées ?

D) Partager et stimuler la recherche, l’étude d’actions réalisées, la création de nouvelles techniques artistiques… Les difficultés et réussites rencontrées ne sont que peu partagées, faute notamment de lieu pour le faire.
Avez-vous des propositions sur le contenu de la participation à un « réseau » en quantité et en qualité, (si ça semble  trop lourd, ça ne marchera pas) Comment mettre en oeuvre une synergie ?
Que proposer en terme de partage de réflexions ? d’écrits ? de rencontres ? de publication ?

E) Enfin, sur le sens donné au mot « TO » et donc, sur… « avec qui coopérer », outre les trois principes avancés ci-dessus, je propose ce texte à la discussion :
« La méthode du Théâtre de l’Opprimé a généré des techniques, (théâtre image, théâtre forum, théâtre législatif, techniques arc-en-ciel, théâtre invisible, théâtre journal, etc..) Ces techniques peuvent chacune être isolées de leur but « politique » (celui de la charte OITO). « Le TO c’est le théâtre DE l’opprimé, par SUR l’opprimé, ni POUR l’opprimé »…. « l’opprimé qui (re)devient metteur en scène et auteur »… « le spectateur qui devient spec-acteur » etc… car nous avons tous nos extraits favoris ! J’ai proposé une phrase simple comme socle commun :

« le théâtre de l’opprimé, c’est pour lutter contre l’oppression » avec des déclinaisons différentes de ce principe, suivant les groupes.

Cela suppose de reconnaître que « l’oppression » est à l’oeuvre dans nos sociétés, que nos sociétés ne sont pas seulement minées par des «difficultés de communication», mais par des formes de domination de certains groupes qui en tirent avantages, sur d’autres groupes : d’où aliénation, soumission, exploitation, etc… oppressions. Et ces groupes dominants ne vont pas abandonner spontanément leurs avantages, même si tous y perdent en « communication » et en « vivre ensemble ». Cela ne restreint évidemment pas le TO aux seules «luttes frontales» identifiées. Le TO peut être utilisé en éducation, en prévention, en thérapie, en analyse des pratiques professionnelles… Mais sans oublier qu’il s’agit:
– de rechercher comment passer de l’individuel au collectif, du « je » au « nous »,
– de rechercher ensemble des analyses, (plutôt que d’imposer une analyse de la souffrance ou de la domination)
– avant de chercher ensemble (avec le groupe, avec les publics) des moyens d’action, de transformation sociale,
(plutôt que de tenter d’imposer les nôtres).

JF M.   9 /10/13