3ème rencontre du réseau

3ème réunion du réseau

3 ème rencontre: 4/5 oct 2014
désolé, attention: verbatim brut de 13 pages ! sera remplacé ci-dessous par le résumé dès que possible.
Dimanche 5 octobre 2014
(troisième rencontre du réseau TO, deuxième journée)
Jeu
Réflexions menée par petits groupes sur :
•    Coopération et entraide
•    Financement du réseau du TO : solidarité nationale / création d’un fond commun pour financer les trajets pour les rencontres et comment (cotisations variables…) / liste des dépenses et solutions
•    Recherches et analyses : rassembler et rendre accessibles les documents produits / nouvelles publications / revoir l’arsenal du TO (nouveaux jeux à transmettre) / publier et écrire / Rencontres et débats / Libre circulation de groupe à groupe
Notes prises sur la discussion « Recherches et analyses » :
Muriel : L’arsenal (condensé à une époque dans un document) est issu du CTO. Les groupes demandent à avoir cet arsenal mais demandent aussi à ce qu’il soit réactualisé. Il pose des questions aussi idéologiques. Il faudrait le revoir et le repenser, notamment à l’aune de tous les nouveaux exercices qui se sont crées depuis trente ans.
Adélaïde : Chez Désamorçe, les jeux sont orientés en fonction de la thématique spécifique sur laquelle la Cie travaille. Il faut préciser l’arsenal, qui sera très différend de celui d’un groupe qui travaille sur autre chose. Les exercices sont transformés en fonction de la finalité.
Pierre : L’exercice est « brut », il sera articulé en fonction de la finalité. L’exercice est relié à des concepts.
Adélaïde : Un exercice se traverse, on ne peux pas le transmettre de façon brute. Il faut se former les uns chez les autres. L’arsenal doit être « traversé ».
Muriel : L’arsenal initial, il n’y a que ses créateurs qui le comprennent, pour qui ça signifie vraiment quelque chose…
Pierre : Si on écrit nos pratiques, à qui on communique ? Si c’est pour lister et envoyer à tout le monde, ça devient n’importe quoi.
JF : La dernière version de l’arsenal que Boal a écrit date de 1998 et ce n’est qu’une liste aide-mémoire sans explications. Marion en a réécrit un utilisé à T’OP. Ce qui serait intéressant serait de se partager entre nous des variantes mises au point sur les jeux et exercices. Il ne s’agit pas de faire une nouvelle Bible. Sans vouloir tout refondre, commençons par des choses qu’on a développé. On s’envoie un témoignage, un compte-rendu de ce qui s’est passé (pas une description seule du jeu et de ses consignes). Boal nous disait qu’avant d’utiliser un jeu, il fallait déjà l’avoir fait soi-même trois fois.
Muriel : On a une dizaine de jeux de l’arsenal que l’on a réadapté en fonction de la thématique féministe. Ce qui m’intéresse dans la transmission serait qu’elle se fasse autour de rencontres thématiques. On se les ferait entre nous. Il faut d’abord le traverser de façon organique vraiment avant de le transmettre. L’écrit pose problème.
Adélaïde : On pourrait proposer qu’au prochain week-end chaque compagnie présenterait un exercice qu’elle a retravaillé en fonction de sa thématique.
Pierre : On pourrait augmenter le témoignage autour de ces exercices avec des public différents.
Fatima : Il faut le vivre. Quand on est traversé par plusieurs pensées, ce qui nous anime nous permettra d’en garder quelque chose pour nos pratiques.
Pierre : Ce serait une mémoire corporelle.
Adélaïde : Pour donner du « corps » à notre pratique.
JF : Sur les écrits, on essaie à T’OP de se faire des compte-rendus d’ateliers mais en trouvant un autre titre car ça donne l’impression que l’on a des comptes à rendre. C’est moins ça qui est intéressant qu’une réussite, une surprise, une difficulté rencontrée dans l’atelier. Dans nos réunions mensuelles, tout le monde l’a lu et celui qui l’a écrit pose une question aux autres. On cherche quelle forme donner à ces écrits pour qu’ils soient utiles. Que partager avec l’écrit ? On pourrait commencer modestement dans le réseau à publier des articles sur une question ou une réflexion. Sans contrainte. Par envie et besoin.
Adélaïde : Ça a déjà commencé avec la question sur le handicap d’Alternative théâtre.
JF : Ce serait intéressant qu’Alternative théâtre fasse un retour justement sur cette expérience s’il y a des choses à dire dessus. Mais entre nous, dans un premier temps. Pour analyser, comprendre et progresser, ce serait intéressant de voir ce que font les autres. D’aller de groupes en groupes.
Adélaïde : C’est la libre circulation des personnes de groupes en groupes. C’est un sujet et une envie qui revient régulièrement. Mais il faut voir concrètement comment elle se réalise. Aller faire un stage c’est simple. Stéphane va venir jouer chez nous… Ça existe un peu déjà. Mais est-ce que je ferais venir quelqu’un qu’on n’a pas vu travailler ? Cette libre circulation doit être précisée car on ne peut pas faire n’importe quoi.
JF : Règlement intérieur des Joker à T’OP (on pensait aux affaires de concurrence). A T’OP, les Jokers ne mènent pas d’ateliers en leur nom mais pour la compagnie. Ils sont encouragés à aller travailler dans d’autres groupes de TO. Mais ça dépend aussi de l’état d’esprit dans lequel on va voir les autres.
Muriel : Aller voir les autres c’est une chose. La deuxième, qui est différente, c’est le fait de faire venir des comédien-ne-s pour jouer dans d’autres groupes. Ça veut dire quoi « aller voir » ?
Nathalie : Comme un stagiaire, pour découvrir et observer.
JF : A T’OP on prend des co-animateurs en formation, en observation ou en observation-participation… On le fait aussi à l’intérieur de l’équipe.
Adélaïde : C’est comme ça que je me suis formée : en étant observatrice auprès de plusieurs Joker.
Nathalie : La formation est continue. On apprend toujours des autres.
JF : Je suis allé travailler chez Histoire d’eux. J’ai apporté l’expérience que j’ai mais j’ai appris plein de choses. Quand je vais voir un théâtre-forum, même si j’en ai joké des centaines, j’apprends des choses.
Adélaïde : C’est ce qui est intéressant dans se réseau, de se frotter à d’autres pratiques et de se remettre au travail. Avec le partage des Newsletters, ça nous encourage à aller voir les choses des autres. Peut-être que l’on peut s’ouvrir en interne des ateliers qui ne sont pas ouverts au public hors des participants. Ces formes là, on n’a pas l’occasion de les voir, mais elles sont vraiment intéressantes !
JF : C’est aussi une question d’attitude. J’ai vu beaucoup de petites formes de NAJE et le grand spectacle. A la fin, on discute à égalité, parce qu’on se fait confiance. Ce qu’on dit n’est pas pris comme un jugement mais une contribution.
Muriel : On pourrait le faire plus dans la région parisienne, surtout quand on travaille sur la même thématique.
JF : Les parisiens pourraient aussi aller voir ce qui se fait en province, de même que les provinciaux se déplacent pour voir ce qui se passe à Paris… Le prix du billet TGV Paris-Lille est le même que le Lille-Paris…
Muriel : A Saint-Raphaël ils travaillent beaucoup la théâtralité par exemple. On a beaucoup à travailler sur la théâtralité… L’esthétique est un autre débat encore.
JF : Il y a des laboratoires de formation à T’OP pour travailler sur des points précis en utilisant les compétences de chacun.
Muriel : La question c’est comment on réinjecte toutes les expériences dans le réseau car on ne peut pas forcément se déplacer ?
Adélaïde : On pourrait dire par exemple que T’OP présente à la prochaine rencontre un atelier sur un thème, par exemple « comment créer une forme brève ». C’est chouette de dire qu’on va quelque part pour apprendre. Il y a tellement de choses à Paris que l’on ne se déplace pas beaucoup… On devrait.
Muriel : Il faudrait faire quelque chose sur le théâtre invisible, qui fascine beaucoup… On aurait besoin d’une rencontre là-dessus.
Adélaïde : Aujourd’hui, où la violence est invisibilisée, on pourrait utiliser le théâtre invisible justement ! Ça me parle beaucoup cette technique.
Muriel : On pourrait faire quelque chose là-dessus sur la prochaine rencontre.
Retour collectif
Groupe coopération/entraide
Jacqueline : Stéphane a rappelé l’état depuis la dernière réunion : échanges comédiens / hébergements / stages / pratiquer ensemble / se connaître / se voir mutuellement / les luttes / page d’information / création collective / festival avec les habitants. Un point vraiment discuté : comment les gens du réseau participent gratuitement aux stages de compagnies. La question reste pourquoi ce réseau ? Quelle est sa finalité ? Pour créer des liens, affirmation de la lutte contre les oppressions. Mais comment on concrétise ? La question de la gratuité à été la focalisation. Géraldine a proposé une phrase pour formuler cette question : « favoriser l’ouverture aux membres du réseau national du TO par la gratuité ou les tarifs réduits à l’accès aux activités (stages formations) dans la limite des moyens des organisateurs et des possibilités de financement de la part des participants. » Pas gratuit de fait, car s’il y en a qui peuvent… Le but est d’apprendre les différentes techniques de chacun, de mutualiser et de se connaître les uns et les autres, d’observer différentes manières d’animer et se faire des retours. Les termes de l’échange pourraient être la gratuité contre les retours critiques. Quand les compagnies peuvent mobiliser de l’argent, on le fait payer. Mais il y a la question des bénévoles.
Gildas : On a besoin de coopération administrative sur les recherches de financements. Inclure dans le forum internet un encart dédié à ce sujet pour rassembler les données et mettre les compagnies en lien sur ces questions.
Stéphane : On peut imaginer une coopération pour les compétences, une mutualisation du « personnel » quand quelqu’un travaille sur un sujet (ex : administrateur qui connaît les financements européens).
Géraldine : Toutes ces envies peuvent apparaître dans le forum.
Discussion :
Fabienne : Pour NAJE et T’OP on échange gratuitement (on fait gratuitement les stages des uns et des autres). NAJE fait des stages presque gratuits pour ceux qui sont au RSA. On peut ouvrir une ou deux places sur chaque stage pour le réseau. S’il y a beaucoup de demande, se posera la question des termes de l’échange… Il faut inventer ce que l’on donne en échange.
Gildas : C’est pour ça qu’on ne peut pas acter de la gratuité car on ne peut pas partir du principe que l’on ne donne rien en retour.
Fabienne : Prendre deux stagiaires de plus à chaque stage ce n’est pas un problème.
JF : Ce qui a été acté entre T’OP et NAJE peut se généraliser.
Géraldine : On peu rajouter dans la phrase « et/ou d’échange de la part des participants »
Muriel : Il y a des formations spécifiques. Ce qu’a organisé T’OP avec Sanjoy était payant parce que ce n’était pas possible autrement et c’était cher. Des fois ce n’est pas possible.
Nicole : Est-ce que la participation gratuite du réseau empêche de financer la formation ? Non, car c’est le réseau. Le principe de favoriser c’est de dire qu’on voudrait que les uns et les autres puissiez venir faire les choses gratuitement, mais si on a des difficultés on peut aussi signaler qu’on a besoin d’aide. Le but du réseau c’est d’aller voir, connaître, d’échanger… Si on paie chaque fois, ça limite considérablement et chacun va rester sur sa propre pratique. Il faudrait que dans les cas précis, les personnes nomment précisément la difficulté dans laquelle ils sont.
Marion : Nous ce qu’on dit, c’est que si on peut financer le stage par la formation professionnelle, on le fait. Si c’est possible.
Fabienne : Ça ce n’est que pour les stages. Les ateliers sont ouverts, si on a envie d’y participer parce que c’est sur une thématique qui nous intéresse.
Stéphane : Il faut que les gens sachent qu’il y a des ateliers et que l’on peut y participer. C’est la question du partage de l’information.
Jacqueline : On a déjà organisé deux rencontre du TO Nord/Sud en 2010 et 2012 et on se disait que ça serait sympa de refaire ça en 2016 dans l’idée que l’on est un réseau et qu’on l’organise comme tel. On rechercherait les financements pour les rencontres, comme on le fait pour les créations. Si on a des sous, il faut absolument qu’il se passe des choses dans les quartiers et pas qu’entre nous.
Géraldine : Ça questionne la place du réseau en lien avec cet événement.
Groupe financement :
Philippe : Bilan du coût de la rencontre en terme de voyages : la totalité des frais engagés est de 1337 euros. Divisé par le nombre de compagnies à l’exception de Nicole (Cie à elle toute seule), ça fait 150 euros par compagnie. Si on a envie de faire un pot commun pour les déplacements de tout le monde, ça voudrait dire que chaque compagnie met 150 euros dans le pot commun. On a aussi envisagé l’avenir. Il faut que ce soit aussi encadré car il y a différentes façons de venir. On a envisagé le fait que le financement des voyages pourrait être cadré par le fait qu’il soit limité à deux personnes (remboursement limité à deux) et au tarif minimum (« prem’s »).
Marion : On rajouterait dedans la location du lieu et la pause café. Soit c’est dans le pot commun, soit chaque compagnie finance tour à tour. Pour les hébergements, ça peut être de l’amical.
Discussion :
Muriel : Il y a des groupes qui n’ont pas les mêmes rentrées d’argent et il faut le prendre en compte.
Philippe : C’est difficile de prendre tous les paramètres en compte. Il y a toujours des solutions pour venir au moins cher, ça se résout au cas par cas. C’est une équation insoluble si on prend tout en compte.
Fabienne : Ou alors il faut voir le chiffre d’affaire des compagnies…
Géraldine : Les compagnies qui ont des revenus peuvent rembourser. On a toutes des réalités différentes mais partir sur une solidarité minimale ce serait une belle proposition.
JF : On a fait une rencontre à Lille. Ceux qui étaient à la rencontre étaient déjà à Lille donc n’avaient rien à payer. La dernière réunion, ça faisait 1850 euros de frais. Est-ce que vous avez regardé si c’était les individus ou les compagnies qui payaient leur trajet ?
Marion : On demande aux compagnies après chaque compagnie se débrouille avec ses comédiens.
Nicole : Si on avait fait ça aujourd’hui, chaque groupe donnait 150 euros.
Fabienne : Ce qui ont dépensé plus reçoivent et les autres donnent.
Pierre : Vu que je suis seul, ce ne serait pas possible pour moi !
Brigitte : L’argent que notre groupe reçoit passe dans nos formations. On a presque pas de dépenses. Donc on ne va pas le réclamer.
Philippe : Ça pose le problème de compagnies qui ne pourraient pas faire comme vous.Votre participation c’est donc ce que vous ne demandez pas.
Fabienne : Peut-être qu’il faut se faire confiance. On peut se dire qu’on fait un truc plus simple, on demande qui a besoin et on met au pot commun pour qu’il y ait de la modulation possible. Si on est pas foutu de mettre de la solidarité entre nous pour que les gens soient là, on est zéro. Maintenant, s’il faut que NAJE qui est une grosse compagnie mette 1000 euros à chaque week-end, on ne vient plus !
Marion : des qu’il s’agit de financer il faut de la transparence pour qu’il n’y ait pas de tensions. Il faut pouvoir évaluer qui est ric-rac… Comment on évalue ? Je trouve ça un peu flou. Ça me questionne. Si je dit que je n’ai pas l’argent, est-ce que ça suffit ?
Géraldine : Je crains plutôt que personne n’ose demander s’il n’a pas de quoi financer le déplacement et ne viendra pas… On peut garder ce principe là, on le redit à chaque fois qu’on trouvera une solution pour que les gens puissent venir.
Jacqueline : Concrètement, mon soucis c’est que personne ne reparte en ayant payé sur ses fonds propres le billet.
Fabienne : C’est des choix de compagnies.
Marion : On ne peut pas exiger de l’association qu’elle paie à notre place.
Fabienne : C’est une question d’égalité, de justice.
JF : J’aime bien l’idée de la péréquation mais est-ce qu’il y a d’autre solution à proposer ? Il y a peut-être d’autres solutions à creuser. Une solution intermédiaire serait de dire que chaque compagnie paie 75 euros, ce qui paie une partie des trajets. C’est un début de partage.
Stéphane : Il y a aussi le fait qu’il y a plein de statuts différents. Certains sont dans plusieurs compagnies. C’est super complexe.
Philippe : Je suis d’accord avec JF. On va devoir avoir une grille qui a des exceptions. Puisque Brest dit qu’ils peuvent le financer, au lieu d’être neuf, on est huit et la somme est de 1100 euros divisée par huit, donc 137 euros.
Brigitte : Nous qui venons de province, on vient deux jours entier tout le temps. Il y a des groupes parisiens avec lesquels on ne voit jamais les mêmes. Certains viennent un matin, on voit un autre le lendemain… Ils alternent… C’est une vraie question.
Nicole : Est-ce qu’on ne peut pas imaginer pour notre présence que c’est la personne qui apporte une contribution à la journée ? Ce serait un principe de cotisation par personne et ensuite c’est aux personnes avec leur compagnie de s’organiser. Celui qui dit qu’il ne veut pas mettre dans le pot car ils sont financés, on fait confiance. Mais l’adhésion est individuelle. Si on dit que c’est trente euros systématiquement qui servent à payer ceux qui sont venus de loin, ou les cafés… C’est peut-être plus juste. Le réseau c’est un engagement individuel. On y vient pas missionnés par les directeurs de Compagnies. Vous n’êtes pas délégués.
Marion : Si, c’est un peu un mandat selon les compagnies.
Philippe : Ça pourrait le devenir. Le problème c’est que ce système doit prendre en compte des situations différentes pour chacun. Ce qui arrange l’un n’arrange pas l’autre. Il faut trouver l’équilibre entre toutes les personnes.
Nathalie : Puisqu’on est bénévoles, tout l’argent va aux formations. Je trouverais ça sympa de faire tourner les lieux des réunions, ce qui équilibrerait puisque chacun paierait à un moment où un autre.
Marion : Mais selon la ville de proposition, ça coûte beaucoup plus cher pour tous, comme Fréjus.
Géraldine : Je trouve ça super chouette comme proposition de tourner et que chaque compagnie puisse accueillir le réseau et là ça créé une solidarité. Donc pas de pot commun mais un équilibre d’une réunion à l’autre.
Stéphane : La réalité c’est que si on se rajoute des frais selon les villes d’accueil, on double la problématique, même si ça serait intéressant. Si par exemple Montauban veut organiser, c’est autre chose. Mais acter que les réunions changent chaque fois, on va se crisper financièrement.
Marion : Trois solutions : celle proposée de répartir les trajets et dispatcher également par compagnie…
Philippe : Sans Brest et Montauban ça fait 115 euros chacun.
Marion : Elle ne fait pas l’unanimité. La proposition de JF qui est de prendre une partie et chaque compagnie complète. Proposition de Nicole de faire par personne et non par compagnie. Et la proposition de Géraldine de changer les lieux chaque fois. Qu’est-ce qu’on décide ? Quatre propositions à voter :
1 – 115 euros par participants : 5
2 – La moitié en commun et le reste par les compagnies (par Cie) : 4
3 – Cotisation de 30 euros par personne pour ceux qui n’ont pas payé le trajet : 7
4 – Équilibre entre les lieux de réunions, on paie chacun son tour sans péréquation : 3
Fabienne : Proposition de déléguer pour penser la redistribution de l’argent mis en commun pour ne pas perdre la journée dessus. Cette décision commence dès ce week-end.
Recherches et analyses :
Fatima : Rassembler et revoir l’arsenal du TO. Arsenal = recensement de jeux et exercices mais ce qui est important c’est de voir comment chacun anime et adapte selon son thème. Si on adapte, c’est important de le faire savoir dans le réseau. Moyens pour le faire : l’écrit et la forme physique et corporelle. Lors de rencontre, se faire vivre ces outils pour qu’ils nous traversent pour pouvoir les transmettre.
JF : Aux prochaines rencontres, que les groupes proposent des variations de jeux.
Fatima : Forme écrite : travail moins de compte-rendu que de retour sur une réussite ou une question apparue lors d’un atelier. Partager en se basant sur l’envie et le besoin. Utiliser le forum ou blog comme support. Envie de faire circuler d’un groupe à l’autre la façon dont on travaille, en allant voir le travail des autres sous différentes formes, d’être co-animateur…
Discussion :
Accord général… Pas de débat.
Pause déjeuner
Le TO avec des ados
Introduction :
Brigitte : Le 15 mars, NAJE avait envie qu’on parle du TO avec les ados. Proposition de lancer un questionnaire vers les groupes présents. En mai, questionnaire diffusé au réseau sur la liste participant avec des questions sur la commande, les partenaires, temps de travail, composition du groupe, etc., 6 groupes ont répondu. Réponses à disposition de ceux qui le souhaitent. Intéressant de faire ressortir 4 points : les objectifs que les groupes se fixent avec les ados / qui est ce public ado et quels sont les problèmes que ça soulève ? / quelle est la pédagogie utilisée ? / ces histoires que les ados partagent qu’en fait-on ? Plutôt qu’un compte-rendu, proposition que les groupes qui ont répondu témoignent de ce qu’ils ont vécu, à partir de quoi tout le monde pourra intervenir. On retient que les demandes sont essentiellement le fait de structures (sauf un ou deux exemples d’ateliers ouverts), donc cela concerne des jeunes contraints (collège, lycée, maison de quartier, mission locale, hôpital psy, association de culture populaire, de prévention…) donc groupe déjà formé auquel on impose le TO. Financements divers.
1°) Premier thème : les objectifs
Objectifs multiples : violences, addictions, décrochage scolaire, respect, formation et cohésion de groupe, expression et communication, sexisme, relations filles-garçons, discriminations…
Muriel : Les questionnaires obligent à réfléchir à ce qu’on fait. Ce qui m’interrogeait moi – c’est la demande qui est souvent faite – c’est la prévention. Qu’est-ce que ça veut dire de faire la prévention ? Je voudrais partager une pratique particulière : pendant 12 ans, j’ai utilisé le TO à l’intérieur du Planning Familial. Les objectifs, les valeurs du Planning m’ont beaucoup servi pour faire du TO. Je voudrais partager des réflexions à partir de cette posture, qui est d’être à l’intérieur d’une association. Une des choses qu’on s’est dit c’est qu’est-ce qu’on va faire en s’adressant aux jeunes ? C’est quoi la prévention ? Est-ce qu’on est là pour prévenir quelque chose ? L’objectif, c’est que le public deviennent responsable et autonome. Il y a des dispositifs de prévention qui en fait maintiennent un rapport de domination : on sait et on vient vous dire ce qu’il faut faire ou pas. Un des principes fondamentaux du Planning c’est que les gens sont responsables et autonomes. L’émancipation c’est ça : qu’ils s’émancipent de nous. On ne vient pas là pour qu’ils soient dépendant de nous. On s’est confronté à l’intérêt commun. Quel intérêt j’ai à travailler sur les relations filles-garçons ? Pour eux comme pour moi. Il nous est arrivé, pas souvent, de nous retrouver avec des forums dans des collèges ou lycées, ou dans la salle il y a des opprimés et des oppresseurs. Il nous est arrivé que la domination masculine dans la salle soit si présente que les opprimés dans la salle étaient mutiques. Qu’est-ce qu’on fait avec ça ? On sent bien ça ! On s’est arrêté de jouer. On a mis les chaises en rond et on leur a dit qu’on n’avait pas l’impression d’avoir un intérêt commun : certains ont intérêt à maintenir la domination. On a proposé que ceux et celles qui ne portent aucun intérêt d’aller faire autre chose et surtout avoir la sécurité de la part de l’administration qu’il n’y ait pas de punition. Il s’agissait de recréer du volontariat et chercher ensemble comment lutter contre l’oppression. Ça a fonctionné sauf une fois, c’est à dire que les filles et certains garçons n’ont pas pris le risque de dire que ça les intéressait – dans un établissement où il y avait une extrême violence. Personne n’est resté. Finalement, ça a posé le problème des violences qui se passaient dans l’établissement. On n’a pas fait forum mais on a continué à travailler avec les professionnels de l’établissement. On a essayé de suivre le travail pour ces filles mais sans jouer le forum. On se présente toujours en tant que féministes, disant qu’on voudrait que ça change… Quand on parle de prévention, il faut poser des questions sur l’autonomie, la confiance et l’intérêt commun. L’autre point, c’est qu’une fois que les opprimés ont tenté de lutter contre l’oppression, comment ça se transforme en lutte collective ? D’abord c’est une lutte individuelle. Ça passe par de l’être humain. Maintenant, d’arriver au féminisme, on n’y parvient pas. Faut pas rêver. Un des objectifs du Planning et donc de Féminisme Enjeux c’est d’arriver à transformer cette lutte individuelle en lutte collective.
Adélaïde : Désamorce confronté au groupe oppresseur garçon dans la salle. Une des solutions précaire trouvée c’est qu’avant la représentation, on explique aux professeurs qu’il faut éviter les groupes garçons et on les dispatche dans la salle.
NAJE : Ça me questionne parce que les ados sont en recherche… Si on démarre un forum en séparant les groupes, on est déjà dans un regard sur ces ados qui est déjà très marqué. Il y a des garçons qui pensent que les nanas ont des droits ! Faut qu’on fasse gaffe à ne pas les stigmatiser.
Géraldine : On travaille plus avec les lycéens dans deux cadres : forum sur les rapports dans le couple – et on garde la mixité – et en atelier où c’est plus délicat : quand on a une vraie mixité, les groupes qui travaillent sur les saynètes en non-mixité. Les filles sont vraiment libres de dire ce qu’elles veulent et les garçons pareil, même s’ils ont plus de mal à se questionner. Le forum est en mixité. On autorise que les filles jouent des rôles de garçons et ils se rendent contre en tant qu’oppresseurs qu’ils peuvent changer de comportement. Dans les lycées pros, c’est plus compliqué et on fait des mixes entre les deux solutions.
Farida : Le plus compliqué c’est les ateliers. On intervient dans des lycées pros où il y a déjà des associations, donc c’est plus facile. Après, le joker et les comédiens font leur boulot de dénoncer des choses. S’il y a un vrai boulot avec les partenaires, ça fonctionne. Quand c’est à la demande du principal, c’est le bordel.
Jacqueline : Il y a un lycée pro à Strasbourg où on travaille souvent à la demande de profs. Pour la création, on a proposé de faire un atelier gratuit avec les jeunes en rapport avec notre projet. J’ai dit qu’on allait bosser avec les filles. Ce qui a été chouette c’est que les filles ont eu des copains qui ont voulus faire partis du projet et qui sont venus dans l’atelier car ils étaient solidaires. Quand on a joué la scène au lycée, au moment du forum il y avait aussi des machos… Mais des garçons sont venus volontairement.
Marina : Sur comment on gère un groupe, le réflexe de prof c’est de faire garçon-fille… C’est nul mais ça marche. Globalement, si on discute avec les profs, si eux savent qu’ils fera le bordel, mieux vaut les séparer. Il faut travailler avec les profs.
Adélaïde : On fait ça de façon fine pour ne pas qu’ils aient l’impression d’être séparés. Si on donne des injonctions, c’est mort.
Marion : Je voulais rebondir sur l’envie que les jeunes deviennent responsables et autonomes. Je suis d’accord, mais c’est pas simple. Récemment j’ai travaillé avec des 6e. Je me suis rendue compte qu’il fallait de l’humilité. Déjà si on arrive à comprendre qu’il y a de l’injustice et qu’on voudrait que ça change, même sans mettre des grands mots dessus… Être collectivement d’accord pour dire que ça ne va pas sur le racisme, le sexisme, l’abus de pouvoir parental… C’est déjà bien. Sur la prévention, nous aussi on nous demande des choses sur les « conduites à risques », … des mots chiants qui n’évoquent pas grand chose. Nous on prend vachement de temps en amont à discuter avant d’accepter le boulot pour échanger sur nos objectifs et trouver une entente.
Stéphane : Dans la continuité, avec les établissements scolaires on est assez francs : leurs objectifs, les nôtres et le groupe. Et peut-être que les commanditaires seront mis en cause. Ma question c’est est-ce qu’il y a eu un travail en amont avec toutes les classes présentes ? S’ils n’en ont pas parlé avec les profs c’est compliqué… ça doit s’inscrire dans un avant et un après.
Muriel : Je fais une différence entre oppresseurs et auteurs de violences. On a senti dans la salle que si les filles ouvraient la bouche, elles risquaient quelque chose. Là on ne pouvait pas travailler avec les auteurs de violence. C’est pour ça qu’on nous avait fait venir. Il fallait d’abord résoudre la violence dans l’établissement avant que l’on vienne. On ne travaille pas avec les 6e. Pour comprendre l’oppression il faut être déjà plus grand. Peut-être que nos outils ne sont pas adaptés. On rentre dans une action globale : il y a des réunions avant, il y a une animation classe par classe et des professionnels sont mis à disposition pour faire le forum, les affiches, etc. C’est un gros travail sur toute l’année. Le plus dur c’est avec les professionnels. La dernière fois qu’on a joué le forum « X=Y », les jeunes n’étaient pas prévenus à cause de l’ABC de l’égalité : ils n’étaient pas prévenus pour ne pas que les parents les retirent de l’école. On est confronté à ça dans notre travail. Il y a une lutte à mener là dessus en ce moment.
Brigitte : On peut dire que ce qui est important c’est de bien préciser qu’on travaille avec l’outil TO, lutte contre l’oppression dans un objectif de tendre vers l’autonomie et l’émancipation des jeunes.
2°) Deuxième thème : le public auquel on s’adresse
Brigitte : Les ados, ça va de 12 à 25 ans. On a parlé des profs, des adultes référents (profs, éducateurs, médecins, assistants sociaux…) qui font partie du processus. Il est souvent prévu avec eux un cadre de relation. Marion, tu as évoqué le cadre. Est-ce que tu peux parler du cadre de relation.
Marion : Quand on est contacté par l’établissement, c’est par une CPE, quelqu’un au CDI, le principal, l’infirmière, des fois des profs en lien avec leur principal… C’est variable. On nous demande d’intervenir sur un thème en général (c’est rare sans thème). On passe pas mal de temps à négocier dans des réunions avant avec plusieurs personnes de l’établissement pour voir de quoi on va parler. Je m’assure qu’ils ont compris que je ne sais pas ce qu’il y aura dans les scènes. On n’accepte que du volontariat, aucune élève contraint. C’est dur à négocier et très dur à organiser mais c’est super important pour nous. La première journée de l’atelier et un peu plus ouverte et à la fin ils s’engagent à suivre tout l’atelier. On demande l’assiduité, la ponctualité et le volontariat. On prend entre 12 et 15 jeunes, libérés des cours pour préparer un théâtre-forum pour les autres. On fait par tranche d’âge. On est autour de 48h d’ateliers, ça fait 4 journées pleines sur 2 semaines + le théâtre-forum. Ils ne font que du TO toute la journée. On négocie ça, après ça dépend qui finance. Pas de devoirs, ni interros, ni de rendez-vous avec des profs, ou des colles… On s’assure de les protéger. On n’a pas encore d’agrément avec l’Éducation Nationale.
Brigitte : Je ne pensais pas que c’était aussi extraordinaire à Lille.
Muriel : Il faut expliquer le contexte aussi.
Adélaïde : A Désamorce, c’est sur 60h et sur du volontariat. On discute énormément en amont avec les structures qui nous accueillent. Lorsqu’on a fait ça dans le cadre du projet les jeunes pour l’égalité c’était plus simple. Mais c’est du temps et de l’argent consacré pour passer du temps avec les référents, pour être soutenu par l’équipe. On en fait moins mais on fait les ateliers comme ça. On a un cadre de référence avec des points qu’on discute avant d’accepter d’intervenir. On sait qu’il faut qu’on ai identifié un référent médico-social, un référent pédagogique qui soit solide et convaincu et un relais logistique qui va nous aider à tout préparer. Pour chacun on a des questions à poser et surtout il faut les repérer.
Jacqueline : Sur 60h, il y a combien d’animateurs ? Et combien ça coûte ?
Adélaïde : 2 animateurs. Je ne connaît pas le coût. Ce n’est pas l’Éducation Nationale qui paie. Il y a plusieurs financeurs.
JF : A T’OP on demande 800 euros par jour.
Marion : Et les aides viennent de plein de gens différents : communauté de communes…
Muriel : Jamais l’Éducation Nationale.
Géraldine : Nous il me semble que c’est l’Éducation Nationale. Nous on fait des petits ateliers de prévention, avec que 4h par niveau. C’est la 3e année qu’on intervient. La CPE voudrait qu’après, on ait des jeunes volontaires qui créent leur théâtre-forum. On est dans la stratégie. Ce qui est fondamental c’est sur qui on s’appuie, les individus qui adhèrent au projet, et qui vont bouger pour aider ou pour les subventions. On a un autre projet hors Éducation Nationale soutenu par des centres sociaux. On a monté un forum avec des adolescentes sur l’homophobie et qui tourne jusqu’en 2015. on a remarqué que la pratique du forum en tant que spectacle était pertinente avec des jeunes quand ils jouaient.
Brigitte : On a parlé des professionnels référents sur lesquels s’appuyer et de la négociation approfondie avec les commanditaires pour que ça rentre dans le cadre de la pédagogie du TO. Est-ce qu’il y a adéquation entre ce que le commanditaire veut et ce que nous voulons et pouvons faire ?
Clara : Une anecdote de NAJE : on intervenait sur un collège avec un proviseur accroc au théâtre-forum. Que des gens a priori convaincus sur lesquels on s’est appuyé. Chaque fois qu’on y allait, l’ensemble des profs faisaient la gueule parce que c’était sur leurs horaires de cours. Ils n’étaient pas d’accord. La décision avait été prise sans eux. On a représenté des scènes sur ce qui n’allait pas dans le collège… Les profs au fond de la salle interpellaient les jeunes sur scène pour les menacer dans leur cours. La proviseure n’avait pas fait le boulot auprès des profs et nous on ne l’avait pas fait non plus…
Marina : Il faut essayer d’être accord avec les profs car ils peuvent saboter le travail complètement.
Brigitte : Je voulais qu’on parle de ces ados, de qui ils sont. J’avais demandé au groupe de Brest de parler des ados et du volontariat.
Solène : Je suis éducatrice et on accueille des ados de 11 à 25 ans… A cet âge là, on est en quête d’identité, la construction de soi est liée au rapport aux autres. L’intime et le collectif est la question en mouvement perpétuel. C’est une période de fragilité. Ils ont peu de recul. Tout peut prendre des proportions énormes. On a noté dans nos observations la pression de conformité du groupe. La dynamique de groupe est très importante. C’est compliqué de faire avec tout ça. On n’intervient pas pareil selon l’âge. Jusqu’en 4e ce n’est pas évident.
Séverine : Par l’expérience on s’est rendues compte qu’il fallait que ce soit volontaire. Il y a eu un forum sur les relations filles-garçons devant un lycée pros avec que des garçons. Ça a été une expérience très difficile pour le joker et il n’y avait pas de travail de fond avec les classes. C’est important de discuter avec les demandeurs et de bien préciser ce qu’est le TO et ce qu’on va faire. On demande aux élèves de raconter leurs histoires et on impose pas le thème. On fait un premier atelier de présentation avec des jeux et des impros et on ne prend que les volontaires. C’est hors temps scolaire, pendant 3 ou 4 mois, dans la maison de quartier. Mais c’est important d’avoir l’appui des professeurs. Cette année on a eu la prof de français comme référente qui a fait un travail en parallèle sur les oppressions dans un atelier d’écriture et ça se ressentait dans le travail qu’on faisait derrière.
Clara : Jusque cette année j’étais prof en SEGPA. En tant que prof j’avais très envie que mes élèves fasse du théâtre-forum. On a monté un atelier. Si j’avais demandé qui avais envie de faire du théâtre-forum, j’aurais eu deux élèves. C’est un collège où pour lancer le truc, NAJE vient jouer devant tous les 3e pour qu’ils voient ce que c’est. Si on propose, on n’a que ceux qui sont déjà a priori d’accord. Je l’ai imposé à la classe. Sur les 16 il n’y en avait qu’un pour qui ça ne marchait pas et on l’a enlevé de l’atelier. Mais les 15 autres l’ont fait. Comment donner la chance à ceux qui ne sont pas vraiment prêt à le faire ? Si on laisse le choix on a que ceux qui sont déjà prêts !
Muriel : Le volontariat n’est pas autour de faire du théâtre-forum mais autour de l’oppression et de faire quelque chose autour de ça.
Brigitte : J’ai envie de témoigner d’une expérience ratée avec une classe de 4e, sur la base du volontariat. On présente le travail et à la fin, le professeur dit que finalement ce sera obligatoire. On est mal… Il faut s’organiser, faire des groupes. Au bout du deuxième mois le principale arrive et nous dit que la plupart seront en voyage scolaire le jour de la représentation, fixée depuis longtemps. Il fallait changer les groupes mais garder les histoires… C’était des élèves qui savaient que le sujet étaient garçon-filles, qui disaient que ça ne les intéressait pas, qu’ils ne voulaient pas jouer. Finalement, quand ils sont sur scène, ils jouent très bien, ils ont tout à fait compris les rôles, les personnages…
Stéphane : Pour la mobilisation des jeunes, ce qu’on aime bien, c’est le « package » de jouer un théâtre-forum et ensuite de faire l’atelier. A la fin de la représentation, quand les animateurs sortent du forum et parlent de l’atelier et donnent une feuille pour s’inscrire, il y a souvent beaucoup d’inscrits et on doit procéder par tirage au sort. Ils voient ce que c’est un théâtre-forum donc ils font le lien tout de suite.
Farida : Faut pas rêver. La plupart du temps, on subit plus qu’autre chose. On n’a pas tout le temps de négocier tous les ateliers car il fut bien qu’on gagne notre vie et on ne peut pas faire que deux ateliers… Peut-être que nos outils ne sont pas adaptés aux jeunes. C’est l’outil qui doit être réfléchi et adapté. Les groupes-classes, on l’a fait car on est pris dedans. Les commanditaires sont dans l’atelier avec nous. On ne peut pas tout le temps tout négocier, il faut que tout le monde dans la compagnie vive. Les contraintes sont claires. On ne peut pas dire non à tout. C’est le rêve tout ça. Si on tend vers ça c’est génial… On va jusqu’où pour l’argent ? On y fait quoi ? Il faudrait inventer un truc par rapport aux jeunes. Mais c’est aussi intéressant, on ne fait pas ça que pour l’argent.
Clara : On se pose la question à NAJE des commanditaires et de leur présence dans les ateliers. C’est un vrai problème. Bientôt ils vont nous donner les scènes à jouer.
Adélaïde : L’instrumentalisation est une question à laquelle on devrait consacrer du temps la prochaine fois. C’est impossible de faire un atelier de TO sur les violences faites aux femmes si ce n’est pas volontaire. Nos demandes paraissent pharaoniques mais si elles ne sont pas respectées, ça ne peut pas avoir lieu. C’est une base.
Jacqueline : Il y a un collège, une SEGPA, à Strasbourg, dans laquelle il y a une telle dégradation que l’on est les pompiers de service. Les profs ne gèrent plus rien du tout. C’est terminé, on n’y va plus.
Marina : Quand on fait un atelier, on ne revoit plus les jeunes après. Quel est le relais ? L’éducateur dans la salle, est-ce que ça ne peut pas être le relais ?
Nicole : Pour ceux qui aiment travailler avec les ados, vous ne pensez pas qu’il faudrait développer ce qui se passe hors collège ? Le collège c’est une institution. Que ça puisse aider à ce que quelque chose se créé c’est super mais c’est une institution avec tous les problèmes que ça pose. Est-ce que ce n’est pas aussi en dehors qu’il faut créer, même si c’est plus compliqué ? Il faudrait réfléchir à d’autres choses. A défendre quelque chose là où il n’y a rien.
Marion : On travaille aussi dans les centres sociaux et on se heurte de plus en plus à la consommation d’ateliers… On a annulé deux ateliers cette année car les jeunes ne viennent que quand ils veulent… Les tranches d’âge ne sont pas respectées…
Géraldine : On travaille dans un tout petit village avec des ados. On aimerait tourner ce spectacle avec les volontaires, mais avec les parents et la logistique c’est très compliqué. Il y a des freins. Dans tout choix qu’on fait, il y a des leviers et des freins. C’est à chacun en fonction des facilités et des gens ressources que l’on peut choisir.
Jacqueline : On avait un projet sur l’écologie. Les partenaires étaient les MJC. Les animateurs des MJC n’ont pas été foutus de rassembler des groupes. Ce sont des distributeurs d’activités et ça n’a plus rien à voir avec des militants d’éducation populaire ! Le projet a avorté alors qu’il y avait le financement !
Brigitte : On va clore ce sujet. Il y a une réflexion à mener autour de nos relations avec les institutions, qui sont aussi des sources de financement. Comment mener en dehors de ce cadre institutionnel des ateliers ?
3°) Troisième thème : Que faire ce ces expérience ?
Brigitte : Je voulais parler de jeux qui fonctionnaient avec les ados mais on peut peut-être se les échanger par le réseau pour parler du dernier point : l’impression d’arriver pour résoudre une situation que l’institution n’arrive pas à résoudre. Qu’est-ce qu’on fait de ces expériences ? Cherbourg l’utilise dans un cadre très institutionnel, dans des institus psychiatriques, c’est dommage qu’ils ne soient pas là. Qu’est-ce qu’on fait dans ces expériences en tant que professionnels sur les questions de relais, de suivi… ?
JF : C’est mars 19 89, il y a 25 ans. J’arrive à Tourcoing, appelé par un principal de collège parce qu’il y avait une classe « en feu ». Heureusement, ça ne se passait pas dans le collège mais dans le centre socio-culturel juste en face. Pour administration c’était très bien qu’ils soient en dehors du collège. On avait enlevé les chaises et les tables comme on le fait tout le temps. Ils avaient l’air gentils. On fait des rituels, des jeux… Je me souvient qu’on était d’accord avec le principal pour que je dise à quelle heure ils finissaient. Un après-midi, il était 13h30 on dit que la journée est finie, qu’ils peuvent rentrer. Je vais dire à l’administration que je les ai fait partir, que c’était d’accord avec le principal… Le cadre était bienveillant. Le lendemain matin, on fait le rituel du collège, ils prennent des tables, des chaises. On joue la rentrée en classe. Ça explose de partout, les chaises qui volent. On veut faire l’image. Ils disent qu’en vrai c’est pire parce qu’ils insultent les profs… On ne savait pas quoi faire avec ça… On leur fait faire l’image idéale du collège. Ils ont entassé les tables et il y en a un qui a sorti un briquet ! Disons qu’on a mis le feu. On leur laisse l’après-midi. On cherche ce qu’on va faire avec ça. Idée : on allait leur faire faire une image d’un beau souvenir qu’ils avaient de l’école : ils jouent une chanson de l’école maternelle en se donnant la main et en embrassant leur mère, la maîtresse… Ils ne voulaient plus s’arrêter. On leur a demandé ce qui leur était arrivé pour passer du bonheur de la maternelle à l’horreur du collège, pour le forum… On était deux intervenants et on s’encourageait. C’était important.
Muriel : Travailler sur les relations garçon-fille, c’est travailler sur les violences. Ça veut dire qu’on s’assure qu’il y a des relais à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement. Il faut des lieux ressources. C’est pour ça qu’on travaille avec des associations. Il y a des violences très graves et très jeunes. Il faut qu’on se préoccupe des relais. Qu’est-ce qu’on fait de toutes ces histoires de violence ? Si les jeunes sont à la mission locale ou en SEGPA c’est souvent qu’il y a eu des violences graves. La mission locale nous demandait de les occuper, et on a arrêté de travailler avec eux parce qu’il n’y avait rien derrière. Par rapport à sexualité, contraception, comportement, travailler auprès des lycéens ça permet de faire un état des lieux : c’est catastrophique. Faire du théâtre-forum auprès des jeunes c’est entendre leur parole. Qu’est-ce qu’on en fait de ce qu’on entend ? On fait remonter aux instances régionales. On trouve sur le site du Planning Familial 93 un livre sur l’utilisation du théâtre-forum.
Marina : Il faut que ce soit utile ! Ça peut aussi être une manipulation le théâtre-forum.
Farida : Depuis 4 ans on travaille avec la mission locale de l’Essonne. Ça fonctionne bien parce qu’il y a une vraie réflexion. Pour l’instant le Conseil Général finance. C’est des stages de trois ou quatre semaines. Il y a un bilan annuel qui est fait. Quand il y a des vrais partenaires ça fonctionne super bien. Il n’y a que des filles, sur les violences faites aux femmes c’est super.
Adélaïde : Dans tous les ateliers, on a environ 35% de victimes de faits graves. Qu’est-ce qu’on fait de ces victimes, c’est une vraie question ! Parfois on n’est pas compétent et ça fait partie de notre travail de s’en rendre compte. Il nous arrive de faire des signalements et tout ça c’est du boulot qui n’est pas notre rôle mais on le fait parce que personne d’autre ne le fait. On a trouvé d’autres biais : on distribue une liste des associations qu’on sait compétentes dans leur région, une filmographie, une bibliographie… Il y a tellement peu de gens formé sur les violence faites aux femmes.
Stéphane : On a fait un atelier avec des jeunes d’un centre social sur les problèmes d’alcool entre 11 à 19 ans. Il y a eu des mises en cause, des adultes, du sexisme… Ils ont été valorisés et après ils ont eux-même été faire des la prévention dans les lycées et le centres-sociaux avec leur théâtre-forum. Au départ c’était une commande et on l’a tordue pour aller plus loin.
Brigitte : On s’aperçoit qu’il y a des relais et des lieux ressources qui sont bien identifiés. Ça a l’air moins vrai pour les établissements scolaires. Quand il y a un éducateur, est-ce qu’il prend le relais pour qu’il y ai un continuum ?
Fatima : L’éducatrice intervenait sur les conduites à risque et moi sur l’outil théâtre-forum. C’est elle qui amenait le thème. Dans ce projet interviennent des partenaires sur cette question là. Sur le suivi, j’ai dit que ce n’était pas possible de faire un atelier sur 6 séance sans rien derrière. J’ai demandé que le collège s’engage dans le suivi pour continuer à travailler. Ce sont des choses qui vont se faire. Il y aura un autre travail après.
Brigitte : Pour faire le bilan, il y a la proposition d’échanger sur les jeux dans le réseau.
Clara : Ce qui m’intéresse, c’est des idées pour faire émerger des histoires avec les ados car c’est difficile.
Brigitte : C’est un point sur lequel échanger via le réseau qui pourra faire l’objet d’un atelier lors d’une prochaine rencontre.
Marion : Autre thème qui m’intéresse : comment sortir du pessimisme (« on ne peut rien faire », « pourquoi se battre ? »). Dans les lycées pros c’est très dur.
Jacqueline : Ce qui marche bien c’est le co-pilotage et aussi travailler sur une image super de leur vie et une image horrible. Souvent je démarre par les images. Le co-pilotage c’est quand je n’ai pas d’histoire.
Brigitte : Ça serait intéressant à une prochaine rencontre de faire un atelier pratique. L’autre thème c’est notre relation aux institutions, l’instrumentalisation.
Marion : Est-ce que le réseau pourrait donner du poids dans la négociation ?
Quelle suite pour le réseau
Adélaïde : Où va-t-on avec ce réseau et quelle forme on veut donner au réseau ? Est-ce qu’on garde un format de deux jours ?
Géraldine : Pour la prochaine fois, deux jours mais il faudra que ça évolue peut-être par la suite dans des formes différentes.
=> Validation de deux jours pour la prochaine réunion
Marion : Est-ce qu’on reste sur du bis-annuel ? Mois de mars pour la prochaine ?
Jean-Mi : Qu’est-ce qu’on veut faire pendant ces rencontres ?
Marion : On a déjà plein de choses. Proposition de mars-avril pour la prochaine réunion. Un Doodle sera mis en place, à l’instar de ce qui s’est passé pour ce week-end avec les dates auxquelles on est sûrs d’avoir une salle.
=> Accepté
Marion : Deux votes pour changer de région. Peut-être rester sur l’Île de France pour la prochaine et se laisser la possibilité de changer par la suite.
Géraldine : Je trouve ça plus sympa de demander quel groupe peut accueillir, en dehors de Paris aussi…
Marion : Mais ça pose le problème du coût qui sera plus important.
Géraldine : Ok pour la prochaine fois et à voir pour la fois suivante dans une autre région. On peut penser à un couplage avec une autre activité : stage ou festival.
Adélaïde : Désamorce ne peut pas accueillir, car le lieu partagé a déjà son calendrier est fait en septembre pour toute la saison. Mais pour une prochaine fois, peut-être si c’est prévu à l’avance.
Farida : L’accès à La Fabrique du Mouvement est facile. Aucun soucis pour le lieu. Par contre il serait bien que ce ne soit pas NAJE pour l’organisation, ou collectivement.
Clara : NAJE fera des propositions de dates.
Adélaïde : La majorité préfère le week-end car beaucoup ont une autre activité professionnelle à côté.
Géraldine : Il faudrait avoir les dates de NAJE en mars-avril pour pouvoir éventuellement coupler avec une activité. Mais aussi les autres compagnies du coin.
JF : Qui organise le contenu ?
Marion : C’est le prochain sujet. On a fait une liste de tout ce qui a été dit et on verra qui veut faire l’ordre du jour, animer un thème… :
•    Prendre un temps pour présenter l’outil du blog-forum
•    Temps pour discuter des formations, stages, transmission
•    Arsenal du TO : quelques compagnies animent une variante d’un jeu-exercice pour transmettre
•    Réfléchir à comment ne pas être instrumentalisé par les commanditaires
•    Échange de jeux et exercices pour les ados / pédagogie
•    Réfléchir aux Rencontres théâtre-forum Nord-Sud du Potimarron
•    Revisiter-réactualiser le théâtre invisible
•    Refaire le point de l’avancée sur la lettre d’invitation qui redeviendrait ou non une charte
•    Où on en est des échanges et de la coopération réelle dans le réseau
•    Reprendre les suites de mouvements sociaux ? Quelles tentatives suite au travail fait ce week-end ?
Distribution des tâches :
=> Muriel : Jeux adaptés par rapport à la thématique féministe / JF sur un autre thème / Désamorce / Marion (jeu pour ados)
=> Stéphane et pierre : Comment ne pas être instrumentalisé par les commanditaires ?
=> Nicole et Muriel  : Le théâtre-invisible, pourquoi n’est-il plus pratiqué et faut-il le pratiquer de nouveau ?
=> JF + Asmahane : formation à l’outil blog/forum
=> Marion + Fabienne : Temps de réflexion sur les formations, les stages et la transmission
=> Marina + Stéphane : Ordre du jour et gestion du déroulement du week-end
=> Jacqueline : Rencontres Nord-Sud du Potimarron
Géraldine : Proposition de ne pas mettre de règle de trois mais de dire que si on vient, c’est pour le week-end. Autre façon de limiter. Veut-on limiter ou pas ?
Clara : Risque de perdre des personnes qui ne sont pas là tout le temps. Attention pour garder des échanges intéressants, si on est nombreux de la même compagnie ça ne nourrit plus la dynamique.
JF : La règle de trois n’est pas votée ni rigide. Sur la question d’être là les deux jours, on aurait refusé des personnes, ça aurait été dommage…
Géraldine : Chaque groupe peut s’auto-gérer pour la participation.
Stéphane : Il faut tendre vers une vraie présence et pas à la carte. Pour une dynamique de groupe, une absence est problématique. Pas de règle absolue mais tendre vers une présence tout le week-end. Et pas de limitation de nombre.
Annonce :
Muriel : Rencontre internationale TO en novembre en Seine Saint Denis : Jana Sanskriti, groupe portugais, groupe réunionnais + FéminismeEnjeux. Soirée du 22 novembre avec les quatre groupes mais en version show incomplet. Puis plusieurs représentations dans plusieurs villes. Pas encore les lieux ni les horaires mais ce sera envoyé. Pour femmes du monde en Seine Saint Denis. Du 22 au 29. Recherche de quelqu’un pour traduire le Jana plusieurs fois pendant la semaine. Sera payé.
T’OP : Festival régional en mai : 27, 28, 29 à Lille.
Jeu final + rangement